Après Sunday et Azubike, on découvre un troisième Oliseh dans le championnat de Belgique : Egutu (24 ans) a signé cet été à La Louvière. " Des premiers pas un peu difficiles ", confesse-t-il. " Les résultats ne sont pas à la hauteur, mais sur le plan offensif, le bât blesse. Le point positif, c'est que l'équipe commence à mieux se connaître. Ce n'était pas évident, au départ, avec autant de nouveaux joueurs. Personnellement, je commence à m'adapter. L'entourage du club m'a grandement facilité la tâche. Mais je ne pourrai m'estimer pleinement satisfait que lorsque l'équipe commencera à gagner ".
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Après Sunday et Azubike, on découvre un troisième Oliseh dans le championnat de Belgique : Egutu (24 ans) a signé cet été à La Louvière. " Des premiers pas un peu difficiles ", confesse-t-il. " Les résultats ne sont pas à la hauteur, mais sur le plan offensif, le bât blesse. Le point positif, c'est que l'équipe commence à mieux se connaître. Ce n'était pas évident, au départ, avec autant de nouveaux joueurs. Personnellement, je commence à m'adapter. L'entourage du club m'a grandement facilité la tâche. Mais je ne pourrai m'estimer pleinement satisfait que lorsque l'équipe commencera à gagner ". Il y a dix jours, Egutu a contracté une petite blessure après une demi-heure de jeu contre le Cercle de Bruges : " Je suis mal tombé et je me suis fait mal à la hanche. Heureusement, cela ne semble pas trop grave ". Le jeune milieu de terrain nigérian avait bon espoir d'être déjà rétabli pour s'aligner dimanche soir au Germinal Beerschot, mais surtout ce soir face au RC Genk où évolue... son frère Sunday. " Je ne le nie pas : ce sera un match plus que spécial, puisque jamais encore dans la famille, deux frères n'avaient été opposés sur un terrain de football. Sunday et Azubike avaient un jour évolué ensemble lors d'un match amical avec l'équipe nationale, mais jamais l'un contre l'autre. Le match de ce mercredi sera historique de ce point de vue, mais avant tout, ce sera un match de football que La Louvière devra remporter. Je souhaite à mon frère de livrer une très bonne prestation, mais j'espère que nous l'emporterons 2-1 ". Il y a six enfants dans la famille Oliseh : cinq garçons et une fille. Trois des cinq garçons jouent au football : Sunday, 31 ans, est l'aîné d'entre eux, et Egutu, 24 ans, le cadet : " Sunday a toujours été le modèle à suivre. Il m'a fait comprendre, par exemple, que le talent seul ne suffisait pas et qu'il fallait beaucoup travailler pour réussir. J'ai essayé d'appliquer ses conseils, même si je ne le voyais pas très souvent : je n'avais que 9 ans lorsqu'il a quitté le cocon familial pour aller tenter sa chance à Liège. La famille était heureuse de savoir qu'il pouvait repartir, car cela signifiait qu'il avait un contrat et qu'il continuerait à gagner sa vie en Europe. C'était un soulagement, car on savait qu'en contrepartie, il apporterait une aide matérielle bienvenue. Il a fait parler de lui dans tout le Nigeria. Ce n'est pas par hasard s'il a été champion avec la Juventus et avec Dortmund, et s'il a réalisé le doublé avec l'Ajax. Il a aussi réussi une superbe Coupe du Monde en 1994. Il a même inscrit un but. A 19 ans, il a affronté Diego Maradona. Puis, en 1996, il a été champion olympique à Atlanta. J'ai vécu tout cela à la télévision et ce furent des moments formidables pour toute la famille. Ce qu'il a réalisé, ce n'est pas rien ". Egutu a longtemps évolué en France, la plupart du temps en Ligue 2. Il commença au centre de formation de Nancy en 1998, intégra ensuite l'équipe Première, puis fut prêté en janvier 2001 à Louhans-Cuiseaux pour six mois, joua une saison à Beauvais, revint à Nancy en 2002 et partit pour deux saisons à Grenoble en 2003 avant d'opter pour La Louvière. " J'avais 16 ans et demi lorsque j'ai débarqué en France ", se souvient-il. " J'étais arrivé au début du printemps et je n'ai découvert les rigueurs de l'hiver qu'un peu plus tard. Lorsque j'ai quitté le Nigeria, je ne parlais pas un mot de français, mais Nancy a directement mis un professeur à ma disposition. Aujourd'hui, je m'exprime sans aucune difficulté dans cette langue. J'ai signé mon premier contrat professionnel lorsque Nancy jouait en Ligue 1. L'entraîneur était LaszloBölöni et son adjoint, ChristopheDessy. J'ai joué une petite dizaine de matches en Ligue 1. Puis, le club est descendu et Bölöni a été viré. Mes deux meilleurs périodes, je les ai cependant vécues à Beauvais et la saison dernière à Grenoble. A Beauvais, j'avais figuré parmi les quatre meilleurs joueurs de Ligue 2. A Grenoble, où j'ai eu le bonheur de côtoyer l'ancien attaquant de Charleroi Sergio Rojas, j'étais aussi très satisfait de mes prestations. Mais je n'avais pas envie de jouer éternellement en Ligue 2. Je voulais connaître l'élite. Je connaissais La Louvière de nom, mais sans plus. En France, on ne s'intéresse pas trop à ce qui se passe en Belgique mais sa D1 est plus forte que la L2, contrairement à ce qu'en pensent certaines personnes. Les contre-attaques, par exemple, sont amorcées plus rapidement qu'en France. Les duels sont aussi beaucoup plus rudes. On joue beaucoup sur le physique. Heureusement, je suis solide. C'est indispensable pour évoluer à mon poste. Certains affirment aussi que la Ligue 2 française est plus technique, mais je ne suis pas de cet avis : les joueurs du championnat de Belgique sont d'un niveau très acceptable, eux aussi. Et je ne vous parle pas de la tactique. J'ai la chance d'évoluer sous la direction d'un entraîneur comme Emilio Ferrera, qui est un maître. J'espère que l'équipe parviendra bientôt à appliquer ses consignes car jusqu'à présent, cela n'a pas encore été trop le cas. Le jour où cela fonctionnera, j'ai l'impression qu'on pourra faire très mal ". Egutu Oliseh avait déjà eu un petit aperçu de la Belgique précédemment, puisqu'il effectua un stage au Standard : " Sunday m'avait mis en contact avec le manager DanielEvrard. Il m'a présenté au Standard, où j'ai passé un test. J'étais très jeune et j'ai été hébergé dans une famille d'accueil. Mais le club de Sclessin ne m'a pas gardé et je suis parti à Nancy. C'est là que j'ai tout appris sur le plan footballistique. Car, croyez-le ou non, je n'avais jamais été affilié dans un club avant de venir en Europe. Au Nigeria, je me contentais de m'entraîner avec l'équipe de mes copains. Je jouais lorsqu'ils organisaient des petites matches entre eux, mais jamais en compétition officielle ". Sans le petit coup de pouce de Sunday, Egutu ne serait peut-être jamais devenu footballeur professionnel : " C'est possible. C'est mon frère qui, grâce aux gens qu'il a rencontrés à Liège, m'a mis en contact avec certaines personnes. Au Nigeria, mon père insistait beaucoup sur les études, et l'un de mes frères est d'ailleurs devenu avocat, mais j'avais le football dans le sang. J'étais déjà content lorsque je pouvais jouer au ballon gratuitement, avec les copains. Alors, savoir que je pouvais gagner ma vie grâce à ma passion, c'était le rêve ". Comme Sunday, Egutu joue au milieu défensif. " Ce que mon frère a en plus que moi ? Le palmarès, déjà. Lorsque je regarde son CV, il est vraiment bien rempli. Alors que le mien est encore vierge de tout trophée. Et puis, sa qualité de frappe et de passe. Sunday est très fort sur les coups francs. Mes propres qualités ? J'estime jouer assez bien l'anticipation et je suis solide sur mes jambes. Pour le reste, je préfère être jugé par mes partenaires et mes entraîneurs. Caractériellement, Sunday et moi sommes assez semblables. Sunday a sept ans de plus et est donc plus mûr et plus expérimenté. Personnellement, je suis assez jovial. J'aime bien chambrer mes copains. Mais je sais aussi être sérieux lorsqu'il le faut ". Daniel Devos" Ceux qui trouvent LA L2 PLUS FORTE que la D1 belge se trompent "