Ostende ou Charleroi? En fin de saison dernière, Michael Huger avait l'embarras du choix. Ses copains Roger Huggins et Louis Rowe signèrent à Charleroi, il tomba sous le charme d'Ostende. Pendant trois semaines, il s'entraîna avec sa nouvelle équipe puis tout s'écroula. Des tests permirent de déceler une anomalie cardiaque -Huger était au courant- et le staff médical d'Ostende s'affola. Tout profit pour Liège, qui cherchait encore un distributeur et n'hésita pas. Et soulagement pour Michael Huger (31 ans) même si, au lieu de jouer pour le titre et l'Euroligue, il se battra pour une place dans le Top 6 et disputera la Coupe Korac.
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Ostende ou Charleroi? En fin de saison dernière, Michael Huger avait l'embarras du choix. Ses copains Roger Huggins et Louis Rowe signèrent à Charleroi, il tomba sous le charme d'Ostende. Pendant trois semaines, il s'entraîna avec sa nouvelle équipe puis tout s'écroula. Des tests permirent de déceler une anomalie cardiaque -Huger était au courant- et le staff médical d'Ostende s'affola. Tout profit pour Liège, qui cherchait encore un distributeur et n'hésita pas. Et soulagement pour Michael Huger (31 ans) même si, au lieu de jouer pour le titre et l'Euroligue, il se battra pour une place dans le Top 6 et disputera la Coupe Korac. Cela fait déjà cinq ans que vous jouez en Belgique et voilà seulement qu'on vous déclare inapte sur le plan médical.Michael Huger: Je n'y comprends rien. J'ai passé les mêmes tests dans chaque club et on a chaque fois décelé le même problème. Depuis la naissance, j'ai un muscle cardiaque trop gros et mon coeur bat plus vite. Si votre pouls est de 60 au repos, le mien est de 80. Et en plein effort, votre coeur bat à 160 tandis que le mien monte à 180. Mais je ne mets pas plus de temps que vous à récupérer. Donc, je peux jouer sans problème au basket. Seulement, Ostende n'avait jamais connu cela et ce qui est nouveau fait toujours peur. C'est pourquoi les médecins n'ont pas voulu signer mon certificat. Pour moi, pas de problème: ils ont fait leur boulot. Je suis allé voir un deuxième cardiologue à Ostende et il m'a dit que tout était OK. A Liège, je n'ai pas eu de problème non plus. J'aurais donc pu contester la décision d'Ostende mais cela aurait été insensé et le club aurait trouvé une autre raison pour me renvoyer. Quand avez-vous eu l'impression qu'Ostende voulait se débarrasser de vous?Très vite. Je ne veux pas entrer dans les détails mais on m'a posé certaines questions étranges. Et ce qui est bizarre, c'est qu'on m'avait déjà contacté en fin de saison dernière alors que le club discutait encore d'une éventuelle prolongation de contrat avec JR Holden. Comment expliquez-vous cela? Si on ne voulait pas de moi, on n'avait qu'à me le dire immédiatement et je serais allé à Charleroi...Je ne regrette pas d'avoir choisi Ostende plutôt que Charleroi. A ce moment-là, c'était la meilleure option à mes yeux. J'aurais pu avoir d'autres problèmes à Charleroi et regretter de ne pas avoir opté pour Ostende. On ne sait jamais de quoi l'avenir est fait et il ne sert donc à rien de revenir sur le passé. Intégré en 3 semaines à OstendeAviez-vous le sentiment d'être bien intégré à Ostende?Tout à fait. C'est d'ailleurs ce qui fut le plus difficile à digérer. Je connaissais les autres joueurs en tant qu'adversaires mais ils m'avaient accepté d'emblée, comme si nous jouions ensemble depuis toujours. Je ne crois pas qu'un seul joueur puisse dire du mal de moi. Je travaillais dur, j'essayais d'aider tout le monde. Les joueurs étaient très déçus de mon renvoi et j'ai reçu de nombreux coups de téléphone. On m'a conseillé de contester cette décision, c'était très spécial. Je n'étais là que depuis trois semaines et j'avais déjà gagné leur amitié. Mais je ne crois pas que le club soit plus fort que l'an dernier. On a voulu se débarrasser de JR Holden mais c'est maintenant qu'on va voir ce qu'il apportait à l'équipe.Johan Vande Lanotte a obtenu gain de cause. Car tout le monde sait que c'est surtout Rudolf Vanmoerkerke qui était partisan de votre arrivée à Ostende.Ce n'est pas neuf mais je ne veux pas m'étendre là-dessus. Je ne suis déçu ni par Monsieur Vande Lanotte ni par personne. Cette aventure me rend plus fort en tant qu'homme et en tant que joueur. Je sais ce que je dois faire pour encore progresser et on n'a aucun contrôle sur ce genre de situation. Si les médecins avaient donné le feu vert, on aurait trouvé autre chose. Ma situation n'aurait jamais été idéale.Mais comment pouvez-vous ne pas être déçu ou fâché? Vous manquez tout de même une belle opportunité de jouer pour le titre et d'évoluer en Euroligue avec les possibilités de contrat que cela implique.C'est vrai mais je suis surtout très heureux d'avoir retrouvé une place dans un autre club. Ostende a fait tellement de bruit autour de mon cas que je pensais que plus personne ne voudrait de moi. Le club avait même réussi à me faire peur. Je suis habitué à ces tests, je les refais chaque année et le problème ressurgit à chaque fois mais quand Ostende a dit que je n'étais pas bon pour le service, je me suis dit que la situation avait empiré. J'étais très nerveux, je ne savais pas quoi faire. J'ai donc passé d'autres tests qui ont donné les mêmes résultats que d'habitude. A Anvers, à Ypres, tout le monde savait que je présentais une anomalie cardiaque mais personne ne m'a jamais renvoyé. A Ostende, la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. Je me suis dit que tout le monde avait peur que je tombe mort sur le terrain et je me suis mis à penser que je n'étais plus capable de jouer en D1, alors que j'entame tout de même ma sixième saison. Cela fait peur. Mais j'ai été surpris par le nombre de clubs qui m'ont téléphoné.Très heureux d'être à LiègeFut-il difficile de passer d'Ostende à Liège?Au début, oui. J'étais parti en vacances à New York et je m'étais préparé mentalement et physiquement à jouer pour Ostende et à disputer l'Euroligue. J'ai donc dû m'adapter à plus d'entraînement et moins de matches, ce qui ne fut pas simple. Mais le pire, ce fut sans doute de déménager d'un côté à l'autre du pays. J'habite maintenant à Tongres et je joue en Wallonie. L'ambiance et l'art de vivre sont différents. Je dois m'adapter à un nouveau club, de nouveaux équipiers, un nouveau coach. Mais tout cela va plus vite que prévu. Je dois aussi m'habituer à jouer pour une place dans le Top 6 alors que j'ai toujours lutté pour le titre. Mais Liège est un club jeune et je veux l'aider à grandir, comme je l'ai fait à Anvers. Nous ne sommes pas encore tous sur la même longueur d'ondes mais cela viendra. Je ne considère en tout cas pas cette saison comme perdue. Je veux aider Liège et je voulais absolument rester en Belgique car ma procédure de naturalisation est en cours.La première journée de championnat opposait Liège à Ostende. Avec quels sentiments êtes-vous monté sur le terrain?Honnêtement, ce fut un match comme un autre. Tout le monde estime que je dois en vouloir à Ostende, mais non. Je joue pour gagner, c'est tout. Pendant les trois semaines passées là-bas, je me suis fait des amis et j'espère que ce club livrera une bonne saison, tant en championnat qu'en Euroligue. C'est bon pour le basket belge.Après le malaise à Ypres et ce transfert raté à Ostende, cette saison n'est donc pas celle de la revanche?Revanche de quoi? A Ypres, il n'y avait pas d'argent, c'est tout. Nous formions une équipe soudée et avons connu une saison fantastique malgré les problèmes financiers, notamment en coupe Korac. Nous nous battions les uns pour les autres dans des conditions difficiles et c'est assez rare pour être souligné. Et ce qui s'est passé à Ostende n'est rien d'autre qu'une regrettable affaire. La revanche n'est pas une bonne source de motivation. Lorsqu'on veut faire payer quelque chose à quelqu'un, on joue souvent mal et on échoue. La colère est mauvaise conseillère, elle rend agressif et fait faire des fautes. Lorsqu'on entreprend quelque chose, il faut savoir se contrôler. Moi, j'essaye de jouer sans trop de hauts ni de bas mais d'être efficace. Et rassurez-vous: je ne vais pas mourir sur le terrain. Je vivrai encore au moins une saison (il rit). dia 1dia 2Inge Van Meensel