A Genk, ça roule pendant l'été 1999. Les Bleus viennent de remporter leur premier titre. Un triomphe inattendu qui a valu à Aimé Anthuenis un transfert à Anderlecht. Mais on ne s'inquiète pas dans le Limbourg : Jos Heyligen a le profil pour le remplacer efficacement en travaillant selon les mêmes méthodes. De plus toutes les stars sont restées. Dont le duo d'attaquants de choc, Branko Strupar et Souleymane Oulare (Footballeur pro de l'Année). Ainsi que Besnik Hasi, DomenicoOlivieri, Marc Hendrikx, Thordur Gudjonsson, Istvan Brockhauser, etc.
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A Genk, ça roule pendant l'été 1999. Les Bleus viennent de remporter leur premier titre. Un triomphe inattendu qui a valu à Aimé Anthuenis un transfert à Anderlecht. Mais on ne s'inquiète pas dans le Limbourg : Jos Heyligen a le profil pour le remplacer efficacement en travaillant selon les mêmes méthodes. De plus toutes les stars sont restées. Dont le duo d'attaquants de choc, Branko Strupar et Souleymane Oulare (Footballeur pro de l'Année). Ainsi que Besnik Hasi, DomenicoOlivieri, Marc Hendrikx, Thordur Gudjonsson, Istvan Brockhauser, etc. Il y a deux tours préliminaires à passer pour jouer les poules de la Ligue des Champions. Il suffira de croquer les Slovènes de Maribor puis d'éliminer Lyon qui n'est pas encore une toute grande puissance en France. Le président lâche : " Pour nos supporters, c'est un super tirage. On est vite à Lyon, en voiture ou en TGV. En plus, là-bas, les hôtels ne manquent pas. " Le manager confirme : " Et nous aurons la chance de disputer le match aller à Lyon. Un club sain, où il n'y a pas de hooligans. C'est chouette. " Jos Heyligen : " Nous aurons toutes les infos utiles sur cet adversaire, il ne sera pas difficile à scouter. "Une délégation de près de 70 personnes s'envole de Liège et atterrit à Maribor. Deux joueurs de Genk monopolisent l'intérêt des médias slovènes : les Croates Branko Strupar et Zoran Ban, tout juste transféré de Mouscron. La Slovénie et la Croatie se touchent, on y trouve les mêmes paysages, les mêmes mentalités. Douze ans après les faits, Ban a encore très mal quand il évoque ce déplacement. Parce que Genk va y encaisser une des plus sales dégelées de son histoire : 5-1, la victoire 3-0 au match retour (joué à Sclessin pour cause de rénovation du stade du Racing) ne sera qu'anecdotique, Maribor éliminera ensuite Lyon et jouera les poules de la Ligue des Champions. " Impossible de ne pas parler de Lyon quand on revient sur ce match en Slovénie ", dit Ban. " Dès que le tirage a été effectué, tout le monde à Genk a commencé à se focaliser sur les Français. C'était Lyon qu'il fallait battre pour jouer la Ligue des Champions, les gens parlaient à peine de Maribor. Plusieurs joueurs se demandaient comment leur famille allait s'habiller pour aller à Lyon : quel t-shirt, quelle casquette, quelle écharpe ? Je me suis tué à dire à tout le monde : -Faites gaffe ! Nous sommes plus forts mais il y a quand même des qualités dans cette équipe. J'avais l'impression de prêcher dans le désert. A la limite, on rigolait de moi. Et voilà comment on perd un match parce qu'on était trop sûr de le gagner. J'ai eu deux ou trois occasions en première mi-temps, je ne les ai pas mises au fond. Strupar a aussi eu des chances de but. Après trois quarts d'heure, c'était 1-1 : tout allait bien. " Le capitaine, Olivieri, confirme : " Il n'y avait pas photo. Genk était la seule équipe sur le terrain. " Mais en deuxième mi-temps, c'est la débandade. Dans la dernière demi-heure, Maribor marque quatre fois. " Aujourd'hui, je ne sais toujours pas ce qui nous est passé par la tête ", continue Olivieri. " Nous sommes devenus très enthousiastes, presque euphoriques. Et plus, personne ne respectait les consignes de l'entraîneur, plein de gars étaient hors position. Ce n'était plus un collectif sur le terrain mais onze types qui jouaient leur carte. Au niveau concentration, nous n'étions nulle part. Il y a sûrement un manque d'expérience qui a joué. Tout ça réuni t'amène à être balayé, ridiculisé dans un match où tu es nettement plus fort que l'adversaire. "" A partir du début de la deuxième mi-temps, chaque fois que Maribor entrait dans notre camp, il y avait une occasion de but ", lâche Ban. " On avait l'impression d'assister à un match entre une D1 et une D5. C'était terrible. Je ne me souviens pas d'avoir été écrasé comme ça dans un autre match. Maribor, c'est le pire souvenir de ma carrière. Tu peux accepter d'être ridiculisé par une équipe plus forte, mais pas par celle-là. Le 3-0 au match retour illustrait bien la différence de niveau. Ce soir-là, tout le monde s'est donné et la logique a été respectée. Si nous avions été sérieux à l'aller, nous nous serions qualifiés les doigts dans le nez et nous aurions eu de bonnes chances contre Lyon. "Zoran Ban garde aussi un sale souvenir de l'après-match : " Je ne vois qu'un mot pour qualifier notre état d'esprit dans le vestiaire : la honte. Plus personne ne faisait le malin. Les dirigeants étaient furieux. Dans l'avion, on aurait entendu une mouche voler. Le trajet a duré près de deux heures : ce fut horriblement long ! Après l'atterrissage à Liège, il fallait encore aller en car jusqu'à Genk pour y récupérer nos voitures. Nous n'avions pas envie de retourner à notre stade, il y avait comme un rejet, nous souhaitions tous rentrer le plus vite possible à la maison, nous isoler par rapport au club, aux supporters, aux médias, à notre direction. "Cette élimination a laissé des traces. Strupar (à Derby County) et Oulare (Fenerbahçe) sont partis en cours de saison. Le championnat a été bâclé (8e place) et Heyligen a été viré en février, pour être remplacé par Johan Boskamp qui a quand même remporté la Coupe. " Triste pour Heyligen, il ne méritait pas ça ", dit Ban. " Ce n'était pas lui qui avait fait le con à Maribor, il avait juste eu le tort de coacher une équipe qui avait été scandaleuse dans son match de l'année. " PAR PIERRE DANVOYE" Maribor-Genk, c'est le pire souvenir de ma carrière. "(Zoran Ban)