Depuis un demi-siècle, Jean-Paul Colonval, 62 ans, tourne avec passion dans notre foot. Comme joueur (White-Star, Racing-White, Tilleur, Standard et Daring), entraîneur (Racing Jet Bruxelles, Charleroi et Viking -r Reykjavik), collaborateur du Sportif 7O, de Sport Magazine, et de la RTBF-radio, et, depuis 89, comme consultant d'André Remy, sur Canal+. Il a aussi initié, le foot-études (cours normaux le matin, et après-midi de foot) en Belgique, à l'athénée Jules Bordet et depuis peu au Collège N.-D. de Bonne Espérance à Vellereille-les-Brayeux, près de Binche. "Raconter mes histoires d'ancien combattant, ne m'intéresse pas. Je préfère que l'on évoque aussi les gosses et le foot-études".
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Depuis un demi-siècle, Jean-Paul Colonval, 62 ans, tourne avec passion dans notre foot. Comme joueur (White-Star, Racing-White, Tilleur, Standard et Daring), entraîneur (Racing Jet Bruxelles, Charleroi et Viking -r Reykjavik), collaborateur du Sportif 7O, de Sport Magazine, et de la RTBF-radio, et, depuis 89, comme consultant d'André Remy, sur Canal+. Il a aussi initié, le foot-études (cours normaux le matin, et après-midi de foot) en Belgique, à l'athénée Jules Bordet et depuis peu au Collège N.-D. de Bonne Espérance à Vellereille-les-Brayeux, près de Binche. "Raconter mes histoires d'ancien combattant, ne m'intéresse pas. Je préfère que l'on évoque aussi les gosses et le foot-études". En 77, l'Athénée Royal de Bruxelles, devenu Jules Bordet, fêtait un bicentenaire morose: il fallait une cinquantaine délèves de plus pour qu'il puisse survivre. Le préfet sollicita le chorégraphe Maurice Bé,jart, alors à La Monnaie, pour organiser un cours de danse. Ce fut un succès puisque 60 nouveaux enfants s'inscrivirent. Pourquoi pas un cours de foot? Colonval fut sollicité en 86, avec à la clé un pari gagné avec plus de 100 nouveaux jeunes. "Sous le nouveau préfet, le climat se détériora de plus en plus", raconte Colonval. "Et en 99, après un incident assez grave, devant l'entrée, le bourgmestre François-Xavier de Donnéa nomma un autre préfet, mais sa tâche était insurmontable. L'inévitable renvoi de 50 élèves rompit à nouveau l'équilibre du nombre, et, finalement, le ministre Hazette décida de fermer l'établissement et de le mettre en vente. Je peux franchement dire que durant 15 ans, l'athénée a subsisté grâce à moi, et, aujourd'hui, je suis, évidemment, navré pour le préfet et les professeurs qui firent ce qu'ils purent. L'internat Jules Bordet,à Anderlecht-Scheut, reste toutefois ouvert, mais Colonval et son équipe d'entraîneurs ne se serviront plus du complexe sportif, et rallient le Hainaut. Comme à Scheut, c'est à l'anglaise que l'écolage foot y sera enseigné, Logique, Jean-Paul, inconditionnel du foot britannique, a suivi les cours de la Football Association. Il en a retenu plusieurs concepts pour établir son propre programme et souligne que les clubs du top anglais puisent beaucoup dans leur vivier de jeunes. Mais M.U., Arsenal et Liverpool, entre autres, transfèrent aussi à prix d'or de grosses pointures, notamment françaises. "Ces centres français on n'arrête pas d'en parler, mais, je sais que leur rendement qualité,-prix n'est pas du tout à la hauteur des gigantesques investissements consentis, et que pour un Zidane combien d'autres gamins disparaissent de la circulation? Tout ça n'est jamais évoqué. Le centre de formation à la française?, un miroir aux alouettes". Le discours de Jo PannayeGamin, Jean-Paul habitait avenue Parmentier, à Woluwe-St-Lambert, à 100 mètres du terrain de l'ex-White-Star. A l'insu de sa mère, il joua deux mois en Cadets, jusqu'à ce qu'elle l'apprit. "J'ai été, placé, au collège, et sur le plan foot, j'ai donc raté six ans d'écolage. Au moment de l'Expo 58, à White-Courtrai, un but d'un de mes anciens partenaires en Cadets, Jean-Paul Husdens, m'avait titillé, lui en Première, et moi au collège! J'ai écrit au club, où personne ne se souvenait, évidemment, plus de ce grand dadais. Aligné en Juniors j'avais parié que je serais en équipe Première avant le 1er novembre. Pari perdu car j'y ai été, retenu le jour même de la Toussaint avec le baron Van Moekerke, Braeckman, Husdens, et Cabiche Straetmans, entre autres. Quel talent Cabiche, il est devenu international en D2. Rik Coppens l'estimait et venait le chercher en voiture au café du père Straetmans. Peintre en bâtiment, Cabiche est tombé d'un échafaudage, et ce fut la fin de sa carrière internationale. Après la fusion du White et du Racing, en 63, j'ai eu quelques démêles avec Emile Michiels, le patron du Racing-White qui préférait le talent étranger. J'ai été jeté après une saison, et Tilleur s'est intéressé à moi, heureusement, car, à 24 ans, j'estimais que c'était ma dernière chance de jouer en D1. J'y suis devenu meilleur buteur du championnat en 65. Pas assez bon pour la D2, mais marqueur numéro un en D1! Deux coups de chance m'ont bien servi: après sept matches, Lucien Pezetti se blesse et comme remplaçant, à Diest, je touche deux ballons, deux buts. Puis le Lierse est battu 4-0, les 4 buts à mon actif. Au total avec 25 buts en 23 matches, j'étais le meilleur buteur du championnat. Jo Pannaye nous entraînait, et c'est de loin le plus efficace que j'ai eu. Son discours serait encore d'actualité, aujourd'hui, théorie sur les angles de jeu, analyse et synthèse, c'était clair, chacun connaissait exactement son rôle, tout était tactiquement balisé". Van Moer le plus grandAprès deux saisons, J-P. quitta Tilleur; le président Dumont voulait récupérer ses billes malgré une moyenne très valable de 8.000 spectateurs à Bureaufosse. "J'ai été engagé, par le Daring de Bruxelles dont le président Marcel Fluche m'avait contacté durant mes vacances en Corse. Au téléphone, j'ai d'abord cru à une blague de copains. Puis, j'ai marqué mon accord à Fluche, en insistant pour qu'il garde Salem et Michelin, deux Français. J'ai débarqué au Midi à 22h. pour signer juste avant minuit. Le duo français avait été vendu et on a terminé huitième en D2". En 67, Roger Petit le sollicita: "Le patron du Standard me lança : -Toi, tu peux remplacer Claessen. Alors je lui ai répondu :- On ne remplace pas Claessen, M. Petit,mais qui n'a pas envie de jouer au Standard ? J'ai signé un transfert en blanc, sans me préoccuper de la finance. Roger est, évidemment, resté, et Petit lui a simplement mis de la concurrence dans les pattes". Pavic entraînait, et au premier match, devant 30.000 spectateurs, il aligna le trio Claessen-Colonval- Galic. "Roger ailier droit! Après huit matches, il est redevenu avant-centre et moi ailier gauche. Avec 20 buts, Roger a été meilleur buteur à égalité, avec Van Himst, et moi j'en ai planté une douzaine en 20 matches. Victime d'un arrachement osseux cette saison-là j'ai dû beaucoup patienter, mais après trois matches en Réserve, je ne tenais plus en place. L'année suivante, Claessen est parti et René Hauss est arrivé,. Devant nous étions six pour trois postes: Semmeling et Nagy sur les flancs, et deux duos interchangeables, Kostedde- Depireux et Colonval-Galic. De cette époque, je garde le souvenir du plus grand joueur belge, Wilfried Van Moer". Stop à 30 ansEstimant que l'avenir appartenait à Kostedde, J-P. quitta le Standard à 29 ans, et répondit à l'appel du Daring Molenbeek en D2. "Avec Jean Nicolay notamment. En début de saison, j'ai reçu un coup sur la cuisse, et le médecin, dont je tairai le nom par charité,, m'a très mal soigné,. N'ayant pas remarqué, une déchirure sous l'hématome, il m'a mis un poids au pied, et le mal s'est aggravé,. Après quelques profondes infiltrations Hofling a insisté, et je me suis senti obligé de m'aligner contre l'Antwerp. Trop court, j'ai loupé trois buts. Troisièmes en championnat, nous avons éliminé Anderlecht en quarts de finale de la Coupe. Et puis, bêtise de la direction, l'homogénéité de l'équipe a été brisée par l'arrivée impromptue de deux Allemands, Hörnig et R -hl. On est passé, du 4-3-3 au 4-2-4, et Bruges nous a écrasés 6-1 en finale. J'ai marqué, 19 buts, et j'en aurais sans doute inscrit une demi-douzaine de plus, si j'avais été soigné comme il faut. A 30 ans, atteint de mononucléose, j'ai stoppé les frais, je n'avais plus le coup de reins".Début d'une singulière carrière d'entraîneur avec, entre autres, trois passages au Racing Jet Bruxelles. Il y resta d'abord quatre saisons, une en Promotion, trois en D3. A 35 ans, il signa ensuite pour Charleroi, en D1, comme successeur de Pol Anoul"Là, j'ai voulu aller trop vite, révolutionner le club, et je me suis heurté aux dirigeants. Il n'y a pas si longtemps, Bobby Böhmer m'a dit, que je fus son meilleur entraîneur; il avait atteint une intensité dans l'effort dont personne ne le croyait capable. RogerHenrotay, lui, a voulu faire la grève quand je me suis disputé avec la direction". Retour au Racing Jet, en D3 et D2 et, enfin, une ultime saison au RJ Bruxelles en D1.Henry Guldemont