Il fait tourner les têtes des recruteurs des plus grands clubs européens. Et pourtant, Hernanes est un quasi inconnu dans nos contrées. Plus pour très longtemps ? C'est fort possible puisque la Juventus aimerait attirer le milieu de terrain du FC Sao Paulo et serait prête à déposer sur la table 15 des 80 millions d'euros budgétisés pour son futur mercato. Rafa Benitez, dont le flirt avec les Bianconeri devrait se finaliser par un contrat, est sous le charme d'Hernanes depuis un petit temps. L'entraîneur espagnol voul...

Il fait tourner les têtes des recruteurs des plus grands clubs européens. Et pourtant, Hernanes est un quasi inconnu dans nos contrées. Plus pour très longtemps ? C'est fort possible puisque la Juventus aimerait attirer le milieu de terrain du FC Sao Paulo et serait prête à déposer sur la table 15 des 80 millions d'euros budgétisés pour son futur mercato. Rafa Benitez, dont le flirt avec les Bianconeri devrait se finaliser par un contrat, est sous le charme d'Hernanes depuis un petit temps. L'entraîneur espagnol voulait déjà lui faire traverser l'Atlantique l'été dernier mais ce fut finalement Alberto Aquilani qui fut choisi pour (tenter de) redonner de la vie et de la créativité au jeu des Reds. Si l'approche des Turinois semble plutôt concrète, d'autres cadors européens comme l'AC Milan ou le Barça suivent avec attention la version brésilienne d' Andrea Pirlo. Pour l'intéressé, il est temps de faire le grand saut. Hernanes n'est pas dans la lignée de ces jeunes Brésiliens type Robinho ou Pato que l'on s'arrache avant même la majorité. Ce joueur issu de Recife fêtera - déjà - ses 25 ans le 29 mai prochain. Derrière lui, ce sont plus de 100 matches en championnat et deux Placar (titre désignant le meilleur joueur du championnat brésilien) en 2007 et 2008. Cette reconnaissance intra-muros ne charme pas pour autant Dunga. Hernanes ne compte qu'une sélection avec la Seleçao, c'était le 26 mars 2008 à Londres face à la Suède. Depuis, le coach national l'ignore et il est très peu probable qu'on le retrouve dans la sélection pour l'Afrique du Sud. Voilà un facteur supplémentaire qui devrait l'inciter à quitter le pays pour un grand club européen susceptible de lui conférer le statut d'international. Hernanes avec le maillot auriverde, c'est malheureusement le souvenir de la débandade face à l'Argentine (3-0) lors des derniers Jeux Olympiques où, par ailleurs, il avait inscrit un but face à la Belgique (1-0) en poule. On pourrait donc le décrire comme à la traîne par rapport au cursus qui mène à l'élite mondiale. Lui ne s'en formalise pas. Hernanes est plutôt cool, un gars qui se rend à l'entraînement dans sa petite Fiat et laisse à Ronaldo ou Adriano le soin de remplir les pages frasques en tous genres. Ce qui est certain, c'est que ce numéro 10 moderne, aussi bon à la récupération que dans le dernier geste, a de l'or dans les pieds. Droitier, mais très habile du gauche, ses panards, il les a façonnés au futsal avant de se mettre au foot en prairie au club d'Unibol, près de Recife, à l'âge de 14 ans. Deux ans plus tard, le FC Sao Paulo flaire la graine de champion et l'intègre dans son centre de formation. En janvier 2009, le Times l'élit numéro un de son top 50 des jeunes joueurs à suivre devant Karim Benzema, alors à Lyon. Reste maintenant à ne pas contredire le quotidien britannique et à s'imposer sur le sol européen. THOMAS BRICMONT