" On aurait tort de croire que l'arrivée des footballeurs français est récente. La Louvière, Mons et Charleroi ont eu raison de puiser de l'autre côté de la frontière, en L2 ou en National principalement. Le Standard, Gand ou Zulte Waregem, entre autres, ont suivi le mouvement en dénichant des joueurs bien rodés dans les centres de formation mais n'ayant pas encore de véritables débouchés en L1. Il y a bien longtemps, au c£ur des années 60, nos grandes maisons recrutaient dans l'Hexagone. Pierre Sinibaldi, un Corse, est le plus grand entraîneur de l'histoire...

" On aurait tort de croire que l'arrivée des footballeurs français est récente. La Louvière, Mons et Charleroi ont eu raison de puiser de l'autre côté de la frontière, en L2 ou en National principalement. Le Standard, Gand ou Zulte Waregem, entre autres, ont suivi le mouvement en dénichant des joueurs bien rodés dans les centres de formation mais n'ayant pas encore de véritables débouchés en L1. Il y a bien longtemps, au c£ur des années 60, nos grandes maisons recrutaient dans l'Hexagone. Pierre Sinibaldi, un Corse, est le plus grand entraîneur de l'histoire d'Anderlecht et Réné Hauss, un Alsacien, celui du Standard : ce n'est pas un hasard. En 1964 déjà, le Daring frappa un coup intéressant en recrutant deux excellents joueurs à Sedan : Pierre Michelin et Mohammed Salem. International, Michelin se distinguait par son touché de ballon. En 1969, Liège embrigada un ailier droit doué et spécial : Jean-Claude Bras, qui joua sept fois avec les Bleus. Communiste convaincu, ce brillant attaquant devint plus tard président du Red Star de Paris. A cette époque, l'Union Saint-Gilloise recruta un tout bon manieur de ballons toujours à Sedan : Maryan Synakowski ( ndlr : connu seulement sous son prénom à l'Union). Mais, moi, je me souviens plus particulièrement d'un pare-chocs qu'Anderlecht repéra dans le même club. C'était en 1968-69 et le Sporting avait besoin de corser le jeu de sa ligne médiane. Yves Herbet devait être le gars de la situation. Il fallait passer du 4-2-4 (ou 4-2-1-3) à autre chose avec plus de monde et de hargne à la récupération derrière Paul Van Himst. Ce qu'on appelait le " 2 " avait de la classe à revendre à Anderlecht avec Jef Jurion et Pierre Hanon. Des esthètes et Poep Hanon, magnifique médian, n'aimait pas salir son short. Herbet n'était pas plus grand que moi mais il taclait, chassait, récupérait, ne lâchait pas le porteur du ballon adverse. Je m'entendais bien avec lui et il glissait intelligemment sur le côté droit quand je mettais le nez à la fenêtre. Pour moi le médian français assumait un rôle important. Herbet a quand même pris part à 23 des 30 matches de D1. Ce n'était pas un transfert raté même si cet Ardennais ne resta qu'une saison. Le courant ne passait pas bien avec le public et Herbet qui n'était pas totalement heureux. Les supporters mauves préféraient le jeu bien léché. Herbet était en avance sur son temps. Arrivé à la même époque, le Suédois Tom Nordhal, attaquant reconverti en médian, collait mieux à la culture mauve. Herbet est parti au Red Star, Reims, Nancy, entre autres, et fut 16 fois international français avant de devenir un bon entraîneur. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC