Reconstruire sur les ruines laissées par Raymond Domenech est loin d'être une sinécure. Laurent Blanc en sait quelque chose. L'ex-élégant arrière central de l'équipe de France, aujourd'hui sélectionneur, s'attelle à redonner du jeu à des Bleus fragilisés par le mélodrame sud-africain. Un an après sa prise de fonction, l'optimisme semble enfin de mise : l'équipe de France trône en tête du groupe D - certes pas des plus terrifiants - pour l'Euro 2012 avec plusieurs nouvelles têtes qui ont donné un indispensable coup de frais à l'ensemble. Parmi elles : Loïc Rémy.
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Reconstruire sur les ruines laissées par Raymond Domenech est loin d'être une sinécure. Laurent Blanc en sait quelque chose. L'ex-élégant arrière central de l'équipe de France, aujourd'hui sélectionneur, s'attelle à redonner du jeu à des Bleus fragilisés par le mélodrame sud-africain. Un an après sa prise de fonction, l'optimisme semble enfin de mise : l'équipe de France trône en tête du groupe D - certes pas des plus terrifiants - pour l'Euro 2012 avec plusieurs nouvelles têtes qui ont donné un indispensable coup de frais à l'ensemble. Parmi elles : Loïc Rémy. A 24 ans, l'attaquant de l'Olympique de Marseille est en passe de squatter pour un petit bout de temps les avant-postes aux côtés d'un Karim Benzema, revigoré et surtout délesté de 7 kilos (dixit la légende). L'unique but tricolore face au Chili, le 11 août dernier, a parfaitement illustré la complémentarité du duo : bel exercice de style du Madrilène et centre dans la boîte pour la tête plongeante de Rémy, qui inscrivait à Montpellier son deuxième en bleu. En octobre, pour sa quatrième sélection, l'attaquant d'origine martiniquaise avait débloqué son compteur en sélection face à la Roumanie (victoire 2-0) à la suite d'une belle course côté droit conclue d'une frappe croisée au second poteau. Le déboulé n'avait fait que renforcer les comparaisons avec son illustre prédécesseur, ThierryHenry. Similitudes dans la gestuelle, morphologie semblable, et une manière de fêter les buts plagiée - à la différence près que les zygomatiques fonctionnent davantage chez l'attaquant marseillais. Cette filiation, Rémy s'en accommode parfaitement. Depuis son adolescence, il ne jure que par la légende des Gunners. Tout un symbole, donc quand Rémy, alors Lyonnais, dispute son premier match en Ligue des Champions, en septembre 2007, face à son idole arrivée quelques mois plus tôt en Catalogne. L'analogie a toutefois quelques ratés. A 24 ans, Titi s'affichait déjà avec le maillot d'un grand club étranger (Arsenal) et avait surtout un titre de champion du monde dans l'escarcelle. La carrière de Rémy a, elle, mis davantage de temps à démarrer. Né en banlieue lyonnaise, à Rillieux-la-Pape, Rémy intègre le centre de formation de l'OL vers l'âge de 12 ans. Il est de la promo 87, celle des deux surdoués, Benzema et Hatem Ben-Arfa. Mais les " Ben et Ben " lui font rapidement faux bond. Dès leur majorité footballistique (16 ans), la paire intègre l'équipe première. Rémy a beau multiplier les perfs sur le côté droit ou en pointe chez les jeunes, il patiente encore deux ans dans l'ombre. Malgré un poids plume handicapant, il finit par rejoindre le groupe pro dès l'entame de la saison 2006-2007. En octobre, lors du derby face à Saint-Etienne, il dispute ses premières minutes en L1. Au terme du championnat, l'OL empoche un sixième titre de suite lors duquel Rémy totalise 12 apparitions. L'effectif pléthorique de l'ogre lyonnais ne désemplit pas et six mois plus tard, le Gone part faire ses dents à Lens. Pour ses débuts en Sang et Or, Rémy inscrit son premier but en L1. Mais l'expérience nordiste se termine en eau de boudin : le club de Gervais Martel culbute en L2 et perd la finale de la Coupe de la Ligue - devenue célèbre pour la banderole anti-ch'tis - face au PSG. Eté 2008 : Rémy n'est qu'en transit sur les bords du Rhône. Nice casse sa tirelire et fait du Lyonnais le plus gros transfert de son histoire (8 millions). Au sein de ce club middle-class, The new Thierry Henry va prendre son pied deux saisons durant. Au bout d'un premier exercice conclu par onze buts, Lyon, qui n'a pas peur du ridicule, est prêt à déposer 16 millions pour le rapatrier. Rémy reste finalement une saison de plus chez les Aiglons et augmente son capital buts (14 en 2009-2010). Viennent alors les écuries anglaises : Arsenal, et surtout Liverpool. Mais c'est l'OM qui croit faire la bonne affaire en échange de 15,5 millions d'euros. Le jour de sa présentation officielle aux médias, la direction olympienne, l'ex-président Jean-Claude Dassier en tête, est dans ses petits souliers. La veille, les médecins du club décèlent une anomalie cardiaque chez le joueur. Mais le contrat de cinq ans à 200.000 euros bruts mensuels (!) est paraphé. D'après plusieurs quotidiens français, les dirigeants olympiens entreprennent des contacts en sous-main auprès de la Ligue pour annuler le transfert. Alors qu'on se prépare à un conflit juridique entre Nice et Marseille, le corps médical autorise finalement Rémy à poursuivre sa carrière. Malgré des débuts chahutés, un Vélodrome impatient, Rémy réalise un deuxième tour de feu à la pointe de l'attaque après avoir longtemps arpenté le couloir droit. " Il a une qualité importante dans le football, c'est la vitesse. Et cette aptitude à répéter les efforts dans un même match ", témoigne Didier Deschamps, généralement avare en compliments. Depuis le début de saison, malgré le jeu poussif de l'OM, Rémy poursuit sur sa lancée et empile les buts. Le grand attaquant tant supplié par la Desch ne semble plus une priorité. Reste désormais à convaincre sur la durée et voir la passation de pouvoir avec King Henry s'officialiser. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTO: REPORTERS" Il a une qualité importante, c'est la vitesse. Et cette aptitude à répéter les efforts dans un même match. "(Didier Deschamps)