Malines, jeudi dernier. Christian Benteke (19 ans) quitte le stade après son tout premier entraînement en rouge et jaune. Benteke au KaVé : ce n'était pas dans les intentions d'un attaquant qui s'était juré de percer cette saison au Standard. Mais la direction de Sclessin a décidé pour lui, dans les dernières heures du mercato : Aloys Nong quittait Malines pour le Standard et Benteke avait juste le droit de se recaser en Flandre et de la fermer. Il n'a découvert son nouvel environnement que dix jours après son transfert, vu sa présence dans le noyau des Diables. Benteke international : au moins une raison, pour lui, de rigoler...
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Malines, jeudi dernier. Christian Benteke (19 ans) quitte le stade après son tout premier entraînement en rouge et jaune. Benteke au KaVé : ce n'était pas dans les intentions d'un attaquant qui s'était juré de percer cette saison au Standard. Mais la direction de Sclessin a décidé pour lui, dans les dernières heures du mercato : Aloys Nong quittait Malines pour le Standard et Benteke avait juste le droit de se recaser en Flandre et de la fermer. Il n'a découvert son nouvel environnement que dix jours après son transfert, vu sa présence dans le noyau des Diables. Benteke international : au moins une raison, pour lui, de rigoler... Christian Benteke : Non, je ne me prends pas la tête. Je compte deux heures pour mettre toutes ces formalités en ordre, puis je considérerai que je serai installé dans ce club et je pourrai oublier l'extra-sportif. Oui, je suis content de faire maintenant partie d'un club qui a sa place dans le top 6 belge. A mes yeux, ça a toujours été un club sympa, une famille où il fait bon vivre. Je vois beaucoup de points communs avec Courtrai. Sauf que le public est plus nombreux et plus chaud ici. J'ai déjà joué sur cette pelouse avec le Standard et Courtrai : ce n'était jamais très cool. Je pense aussi qu'il y aura plus de pression qu'à Courtrai, où on jouait surtout pour se faire plaisir, où une défaite n'était pas une vraie catastrophe. Je ne connais pas son parcours par c£ur mais je sais que c'est un ami de Georges Leekens et un ancien policier... Il a clairement de l'autorité, il sait se faire entendre. Je n'ai pas peur. Et puis, Malines joue la tête du classement, ça veut donc dire que la méthode Brys est bonne. La leçon de Bölöni, je l'ai bien comprise. Je l'ai prouvé la saison passée à Courtrai : Leekens est peut-être assez cool mais il ne prend que des bosseurs. Il n'alignera jamais un fainéant, pour reprendre le terme de Bölöni. Je n'étais peut-être pas le plus grand travailleur du noyau du Standard, mais en me traitant comme ça, Bölöni avait exagéré. Sur ce plan-là, mon déménagement à Courtrai m'a fait beaucoup de bien. Je me suis retrouvé tout seul et je me suis focalisé à fond sur le foot. Ce n'était pas nécessairement le cas à Liège, ma ville, un endroit où il y a quand même pas mal de tentations. Comme dans tous les clubs. Je suis à Bruxelles avec les Diables. Le matin, mon agent, Kismet Eris, m'appelle pour me dire que le Standard veut me prêter à Malines dans le cadre du transfert de Nong. Je suis fort perturbé par les intentions du Standard et le fait que le club ne prenne même pas la peine de me contacter. La moindre des choses aurait été que le message me soit donné par un dirigeant ou par l'entraîneur. Je trouvais ça très bizarre. C'est non ! Je me sens toujours Standardman à fond et il faut au moins qu'on me donne un petit peu de temps pour réfléchir. J'en parle à Leekens avant l'entraînement et il me dit que ce prêt peut être une très bonne chose pour ma carrière. Il me fait remarquer que c'est mieux d'être titulaire à Malines que cinquième attaquant du Standard. Bien sûr. Si le Standard prend le même jour Mbaye Leye, Aloys Nong et Mémé Tchité, ce n'est pas pour les laisser sur le banc ou dans la tribune. J'allais changer de statut et j'ai décidé d'accepter. Je n'avais pas le choix. Si je refusais, le transfert de Nong capotait et ça serait retombé sur moi à Liège. Non. Et je n'ai eu personne au téléphone depuis. C'est décevant parce qu'on est tous des hommes. En fait, je ne m'attendais même pas à être appelé par quelqu'un du club. Quand on m'avait viré dans le noyau B il y a un peu plus d'un an, j'avais appris la décision par le team manager. Et on ne m'avait pas plus parlé quand on m'avait casé à Courtrai. Jamais. Le club voulait me prêter, ça signifiait clairement qu'il ne croyait pas en moi. Et en faisant échouer le transfert de Nong, j'aurais réglé mon sort définitivement. Je serais peut-être dans le noyau B aujourd'hui avec Koen Daerden et Grégory Dufer. Malheureusement, c'est ça, le foot pro. Voilà... Du business. Pur et dur. La première fois, je l'avais décidé moi-même, je voulais partir à Genk. La deuxième, on m'a expédié dans le noyau B et j'ai accepté d'aller à Courtrai. Et maintenant, c'est encore la même chose. Oui. Fameusement. Tu dois te relever, même si c'est dur. Mais depuis ma saison à Courtrai, il en faut beaucoup pour vraiment me démoraliser. J'ai appris à m'assumer à 18 ans et j'ai pris confiance en faisant une bonne saison. Oui. Dominique D'Onofrio me l'avait dit. Mais bon, je ne suis pas tout à fait sûr qu'il le pensait. Pour moi, ça sonnait un peu faux, c'était seulement destiné à me mettre en confiance, ça ne ressemblait pas du tout au discours de Brys, qui m'a convaincu qu'il croyait à fond en moi. Je ne veux pas faire le Calimero mais j'ai l'impression d'avoir été jugé plus durement que d'autres au Standard. Et je méritais plus de crédit après avoir mis 14 buts et donné huit assists avec Courtrai. On m'a jugé en quatre matches au début de ce championnat. Je les terminais rarement : j'ai commencé à penser que je ne faisais plus partie des plans. Mon gros problème, c'est que je n'ai pas marqué un seul but. Il fallait une cible : c'était moi. Aucun. C'est inimaginable. Pas terrible, même si je me créais des occasions. Malheureusement, je ne mettais pas les ballons au fond. Si j'avais marqué l'un ou l'autre but, on n'en serait jamais arrivé là. Oui. Les entraîneurs et aussi quelques joueurs. L'ambiance était devenue difficile dans le vestiaire, il y avait beaucoup de pression et de frustration. C'était aussi très tendu quand le Standard jouait le titre parce qu'il y avait un paquet de joueurs de caractère dans le noyau : Mohamed Sarr, Milan Jovanovic, Dieumerci Mbokani, Steven Defour, Wilfried Dalmat. Toutes des personnalités. En plus de Bölöni. Je n'aurai pas les cartes en mains en fin de saison puisque je serai encore sous contrat là-bas. C'est clair qu'au moment même, je n'envisageais plus un retour. Etre écarté deux fois, c'était bien suffisant. Mais si je fais une bonne saison avec Malines, un autre club pourrait m'acheter. Ce serait bien. Je ne pense pas que tous les joueurs avaient confiance en moi. Parfois, on évitait de me donner des ballons sur des phases dangereuses, sans doute parce que je n'avais pas encore su marquer. (Il rigole).C'était déjà le cas l'année passée : Courtrai a fini devant le Standard et l'a éliminé en Coupe... Le Standard reste un grand club et c'est là qu'un footballeur liégeois a envie de s'imposer, mais mon prêt à Malines n'est pas un pas en arrière. Ce n'est pas non plus comme si je devais quitter le Real Madrid pour signer à Malines. Et quoi qu'il arrive, je n'ai que 19 ans. Il y a une chose dont les gens ne se rendent pas compte : on aurait voulu que je remplace à moi seul les trois à la fois ! A 19 ans, hein ! On m'a expédié à Malines pour transférer trois nouveaux attaquants... Non. Ce n'est pas en trois ou en six mois qu'on égale un trio aussi magique. Ce n'est écrit nulle part. Moi, je voudrais être sur le terrain. Pape Abdou Camara est prêté par le Standard à Saint-Trond mais a joué contre nous en début de saison. Pourquoi je n'aurais pas droit au même traitement ? Le titre 2009, auquel j'ai contribué en jouant pendant quelques mois et en marquant des buts. J'avoue que c'est, jusqu'ici, le seul truc positif que j'ai vécu là-bas. Ma contribution dans le titre en 2009, c'est le seul truc positif que j'ai vécu au Standard.