Le jeune StevenDefour effectuera-t-il, à 17 ans, son apparition parmi les Diables Rouges ? Il s'est mis à y rêver depuis qu'il a reçu une pré-convocation de l'Union Belge (qui concerne, il est vrai, beaucoup de joueurs).
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Le jeune StevenDefour effectuera-t-il, à 17 ans, son apparition parmi les Diables Rouges ? Il s'est mis à y rêver depuis qu'il a reçu une pré-convocation de l'Union Belge (qui concerne, il est vrai, beaucoup de joueurs). " Parallèlement, j'ai aussi reçu une pré-convocation pour les Espoirs. J'ai été un peu surpris. Après tout, je n'ai encore qu'une vingtaine de matches de D1 à mon actif. D'un autre côté, je suis devenu un titulaire à Genk, un club du Top 4, et RenéVandereycken me connaît : c'est lui qui m'a intégré au noyau A. Même si je n'ai joué que deux matches sous sa direction, contre Saint-Trond et le Cercle Bruges, il a suivi mon évolution. A l'époque, il m'avait signalé que c'était un premier pas et que je devais utiliser ces six premiers mois dans le noyau A afin d'ouvrir tout grands mes yeux, et apprendre, avant de mettre la leçon en pratique la saison suivante. Pour l'instant, ces prédictions sont en train de se réaliser. Ces six premiers mois dans le noyau A m'ont effectivement été utiles. Dans les catégories d'âge, on forme une bande de copains et tout le monde parle le néerlandais. En équipe Première, on fait partie d'une tour de Babel, multilingue et multiculturelle, et l'objectif n'est plus de s'amuser mais de gagner sa vie. Au niveau de la vitesse d'exécution, je n'ai pas rencontré trop de problèmes. Chez les jeunes, j'étais souvent le plus petit de l'équipe. Face à des joueurs beaucoup plus grands et beaucoup plus costauds, j'ai dû développer d'autres aspects de mon jeu, comme la technique, la rapidité et le caractère. Ce qui était, à l'époque, un inconvénient est aujourd'hui devenu un avantage. Physiquement, je dois encore m'endurcir, mais je ne fais pas énormément de musculation. Je suis un programme à long terme pour gagner progressivement de la puissance ". En Belgique, un jeune joueur intègre souvent l'équipe Première suite à la blessure d'un titulaire. Defour n'échappe pas à la règle, même si beaucoup de spécialistes estiment qu'avec son talent, il se serait imposé tôt ou tard. Cette saison, il a fait une apparition remarquée face aux Bulgares du Litex Lovech, lors d'un premier tour de Coupe de l'UEFA de funeste mémoire pour le club limbourgeois. Mais sa véritable éclosion, il la doit à la blessure de HansCornelis, paradoxalement un arrière droit, après dix minutes de jeu face au Cercle Bruges, le 24 septembre. " JusticeWamfor a alors glissé à l'arrière droit et j'ai pris place dans l'entrejeu aux côtés de SundayOliseh ", se souvient-il " Avant cela, j'étais déjà l'un des jeunes qui prenaient régulièrement place sur le banc et je me montrais souvent à mon avantage lors des matches de Réserve. Lorsque HugoBroos m'a annoncé que je ne devrais plus aller jouer en Réserve, cela m'a mis la puce à l'oreille : cela signifiait qu'il comptait m'utiliser ". Ensuite, c'est KoenDaerden qui s'est blessé pour une longue durée et ce fut l'envol définitif du jeune Steven, qui occupe un rôle similaire à celui du fils de Jos, coach au G. Beerschot. Il a inscrit son premier but contre Roulers, le 5 novembre. Defour : " Cela a encore décuplé ma confiance. Tout comme le fait de recevoir le soutien d' OrlandoEngelaar à mes côtés. Lorsque le Néerlandais est revenu de blessure, j'ai craint pour ma place, mais à tort. Au contraire, ce fut une chance : on peut apprendre énormément en évoluant aux côtés d'un joueur de ce calibre ". Broos, qui a l'étiquette d'un entraîneur réticent à l'idée de lancer des jeunes, a démontré le contraire ces dernières années, tant à Anderlecht qu'à Genk. Même si, à chaque fois, les blessures de titulaires ont un peu guidé ses choix. Defour : " Broos est disposé à accorder une chance aux jeunes... lorsqu'ils sont prêts. Beaucoup de jeunes se plaignent de la frilosité de leur entraîneur, mais rares sont ceux qui se demandent s'ils sont armés pour les durs combats de D1. D'abord, il faut faire ses preuves en Réserve. Et lorsqu'on a l'occasion de monter au jeu avec l'équipe Première, il faut la saisir. C'est trop facile de passer à côté de son match, puis d'accuser l'entraîneur de ne pas avoir été assez patient. C'est au joueur qu'il appartient de plaider sa cause. Pour ma part, j'ai ressenti dès le début que Broos était prêt à me faire confiance. Certes, au moment de me lancer, il se demandait si j'allais être à la hauteur dans un match où les trois points étaient importants. Mais c'est logique, car il prenait un risque : avec un jeune, on n'est jamais sûr de son coup. Le fait que le pari a réussi avec moi a constitué un stimulant pour les autres jeunes du club : ils devaient, simplement, attendre qu'une occasion se présente ". Les JordanRemacle, SébastienPoccognoli, KevinVanGoethem, SvenVerdonck et MarvinOgunjimi ont, effectivement, reçu une chance qu'ils ont, pour la plupart, saisie même s'ils ne peuvent pas encore se considérer comme des titulaires indiscutables. De quoi mettre en évidence la qualité de la formation dispensée à Genk ? " Depuis trois ans, et l'arrivée de RonnyVangeneugden, l'accent est davantage mis sur la technique et la possession de ballon ", constate Defour. " Aujourd'hui, j'invite quiconque à assister à un match de Réserve de Genk : on y voit du très beau football. Cette prise de conscience était nécessaire, car d'une manière générale, on peut regretter un manque de capacités techniques chez la plupart des footballeurs belges. C'est frappant lorsqu'on rencontre des formations néerlandaises : tous ces jeunes dominent les paramètres techniques depuis la base. En Belgique, trop de joueurs doivent encore se reposer sur leur engagement. A cause de ce manque de technique, on éprouve des difficultés à accélérer le jeu. Le championnat de Belgique est, en fait, une version ralentie de tous les autres championnats européens. A Genk, on essaie de se rapprocher de la formation dispensée aux Pays-Bas. La différence qui existe encore, c'est qu'outre-Moerdijk, chaque équipe peut s'appuyer sur une stratégie bien définie. Les clubs ont une plus longue tradition du travail avec les jeunes, alors qu'en Belgique, on commence seulement à jeter les bases d'un plan de formation depuis quelques années ". Si Defour a étonné beaucoup d'observateurs par ses capacités footballistiques, il imposa aussi son caractère : " Un footballeur de haut niveau doit toujours avoir la rage de vaincre. Lorsqu'on est dans un moins bon jour, il faut au moins afficher une mentalité de battant. Malheureusement, ce n'est pas le cas de tout le monde et c'est peut-être pour cela aussi que certains jeunes échouent. De mon côté, j'essaie de ne me laisser intimider par personne. Jusqu'à présent, les provocations ne sont pas bien méchantes. On me traite de... petit. Après tout, c'est la vérité. Mais j'ai d'autres arguments ". Bientôt, Koen Daerden frappera de nouveau à la porte de l'équipe Première, mais cela n'effraie plus Defour : " Koen est une valeur sûre à Genk, il est normal qu'il retrouve sa place. Mais, si je devais retourner sur le banc, je serais moins déçu qu'autrefois : j'ai déjà eu le temps de démontrer certaines choses ". Alors qu'il n'a encore que 17 ans, le jeune meneur de jeu de Genk possède déjà un site internet à son nom (www.stevendefour.be) : " C'est l'un de mes amis qui a eu cette idée. Au départ, j'étais un peu réticent, car j'estimais que je n'avais pas encore acquis une notoriété suffisante. Je ne voyais pas l'utilité. Mais il a insisté, et finalement, je suis assez satisfait du résultat ". On peut, notamment, y trouver un journal du stage effectué en Turquie pendant la trêve hivernale : entraînements, repas, siestes et... parties de Playstation. " A quoi voulez-vous occuper vos soirées, pendant les stages ? Mes jeux préférés, concernent le football et le tennis. Je choisis toujours le Real Madrid comme équipe. Je gagne assez régulièrement, sauf lorsque j'affronte Kevin Vandenbergh. A ce jeu-là, il est plus fort que moi. Le Real est mon club préféré. Je me souviens encore du match que les Madrilènes étaient venus disputer au stade Fenix, il y a quelques années. C'était 1-1. Ce soir-là, je n'étais cependant pas au stade, mais... devant la télévision ". Jacques, le père de Steven, joua au Crossing Schaerbeek. Il a dû se contenter... d'un match et demi en D1 puisqu'il se déchira les ligaments croisés du genou et dut mettre un terme à sa carrière au plus haut niveau : " Je n'étais pas encore né, mais cette mésaventure donne à réfléchir : une carrière prometteuse peut parfois prendre fin brutalement ". D'où la volonté, malgré tout, de terminer ses études. Steven se rend... de moins en moins souvent au St. Jan Berchmans College : " Les lundis et mardis, on a deux entraînements, c'est donc impossible. En principe, je vais à l'école une demi-journée les mercredis, jeudis et vendredis. Ma copine, qui est dans la même classe que moi pour certains cours, essaie de m'aider du mieux qu'elle peut. J'étudie les langues modernes : le français, l'allemand, l'anglais... Cela peut toujours être utile. C'est ma dernière année et je pense que je vais en rester là. Avec l'intensité des entraînements, la combinaison des études et du sport devient de plus en plus difficile. Sans compter qu'à la fin d'une longue saison, il faut encore se concentrer sur les examens alors que tous les coéquipiers partent en vacances ". Defour a décidé de quitter la famille d'accueil qui l'hébergeait pour emménager seul dans un appartement : " Je serai toujours reconnaissant à ma famille d'accueil, mais on était à sept dans la maison et je ne pouvais pas toujours trouver le repos nécessaire. C'est la seule raison de mon déménagement. Cela peut paraître bizarre pour un garçon de 17 ans, mais je suis devenu adulte plus rapidement que d'autres. Je vis déjà seul, je joue au football avec des joueurs de 25 ou 30 ans et je ne peux plus me permettre de mener la vie d'un adolescent de mon âge. Mais cela ne m'empêche pas d'encore m'amuser ". DANIEL DEVOS