Formé à West Ham (dont il fut le capitaine à 21 ans), Joe Cole a joué à Chelsea de 2003 à 2010. Son transfert à Liverpool, en 2010, ne fut pas une réussite et voilà qu'à 30 ans il débarquait en prêt au LOSC qui venait de céder Gervinho à Arsenal.

Comment avez-vous vécu cette première saison en France ?

JoeCole : Très bien. J'ai apprécié ce championnat et j'ai beaucoup appris. C'est un autre style de football mais ça m'a ouvert l'esprit. Ma famille s'est très bien adaptée également. Il ne me déplairait pas de rester, mais on verra à quelle position terminera Lille et quelles seront les intentions de Liverpool.

Rester un an de plus impliquerait de votre part un important sacrifice financier ?

C'est un élément dont il faut tenir compte, mais l'argent n'est pas l'aspect prioritaire. L'aspect sportif doit aussi être étudié. Si Lille participe à la prochaine Ligue des Champions, cela peut aussi constituer un argument. Mais avant tout, je veux prendre du plaisir sur le terrain.

Que pouvez-vous encore apprendre en L1 ?

A parler le français ! ( Ilrit) J'ai ouvert de grands yeux en découvrant à quel point il y avait différentes manières de concevoir le football. Et j'ai davantage pris conscience de l'importance du collectif.

L'ambiance des stades britanniques ne vous a-t-elle pas manqué ?

Un peu, oui. Mais c'est vraiment la seule chose qui m'ait manqué. Le niveau de jeu est à peu près similaire des deux côtés de la Manche. Ce qui m'a frappé, c'est que les arbitres jouent un rôle beaucoup plus important en Ligue 1 qu'en Premier League. Et le public exerce une pression sur eux, ce qu'on constate rarement en Angleterre. Mais je ne me suis jamais ennuyé en France.

Vous avez été un moment relégué sur le banc des remplaçants. Comment avez-vous vécu cette période ?

Si vous me demandez des explications sur ma mise à l'écart, c'est plutôt à l'entraîneur qu'il faudrait poser la question. En ce qui me concerne, j'ai accepté la décision. La concurrence est rude. Eden Hazard est un grand joueur. Dimitri Payet est très bon aussi. Et puis, il y a les jeunes. Gianni Bruno, par exemple, qui commence à pointer le bout du nez. J'adore ce joueur et j'essaie de le guider. Lucas Digne, aussi. Il y a de la qualité. L'entraîneur est amené à faire des choix.

Vous avez retrouvé le chemin des filets face à Ajaccio, après une longue période de disette. C'est bon pour le moral ?

Ce n'est pas important. L'essentiel est la victoire de l'équipe. Le nom des buteurs est accessoire.

Lille peut-il encore décrocher le titre ?

Mathématiquement, oui. Pratiquement, il faut rester réaliste. Paris et Montpellier ont fait la course en tête. Nous n'avons plus notre sort en mains. Mais nous n'avons plus le droit à l'erreur. Nous risquons de payer très cher la défaite à Brest, un club engagé dans la lutte contre la relégation. Nous n'étions pas bien entrés dans le match et nous n'avons jamais réussi à remonter la pente.

Et la Ligue des Champions ?

L'expérience y joue un rôle primordial. Lille n'en avait pas beaucoup au moment de l'aborder. C'est encore une jeune équipe, qui s'est construite au cours des quatre ou cinq dernières années, et qui découvrait la Ligue des Champions. Je suis certain qu'elle saura corriger les erreurs commises et qu'elle reviendra plus forte si elle a la chance d'encore pouvoir y participer.

On s'attend à ce qu'Eden Hazard quitte le club. Avez-vous un conseil à lui donner sur sa future destination en Angleterre ?

Il est assez grand pour savoir... J'ai vu beaucoup de grands joueurs émerger au cours des 15 dernières années et Eden fait partie de cette race-là. Il a quelque chose de spécial : le talent. Il peut réussir partout. J'espère qu'il restera encore un petit temps à Lille, mais les chances sont minimes. Plus je le vois jouer, plus il m'impressionne.

Vous avez son ancien numéro : le 26...

Ce fut mon numéro au début de ma carrière. Eden a opté pour le n°10 et le n°26 s'est donc libéré. J'ai sauté sur l'occasion.

Champion avec Chelsea

Avez-vous suivi le duel entre Chelsea et le FC Barcelone en CL ?

Bien sûr. Une très belle victoire. Etonnante peut-être, mais elle ne me surprend pas tant que cela.

Que pensez-vous du duel entre Manchester United et Manchester City pour le titre de champion d'Angleterre ?

United finira par émerger. Il possède cette culture de la gagne qu'il entretient depuis de longues années. City est encore trop neuf dans la course au titre. Je pense qu'il faudra encore attendre un petit peu avant de voir les Citizens décrocher les écussons. La grande différence, c'est Sir Alex Ferguson. Il a une telle expérience. Il sait exactement quelle équipe il doit aligner à tel moment de la saison.

L'argent ne fait donc pas tout ?

L'argent ne suffit pas. Voilà quatre ou cinq ans que Manchester City dépense sans compter. Le club est arrivé à se positionner dans le top anglais, mais pour gagner des titres, c'est encore insuffisant. Si Chelsea a été champion, ce n'est pas parce qu'il avait dépensé énormément dans les transferts, mais parce qu'il possédait les bons joueurs au bon moment, qu'il a su trouver la bonne alchimie, et qu'il avait un grand entraîneur.

José Mourinho ?

Exactement. Il est fantastique. Il est en passe de conduire le Real Madrid vers un titre de champion que le club attendait depuis quatre ans. Et s'il ramenait, en plus, la Ligue des Champions dans la capitale espagnole, ce serait extraordinaire et cela démontrerait à quel point cet homme maîtrise l'art du management.

Avez-vous des nouvelles de la sélection anglaise par rapport à l'EURO 2012 ?

Pas encore. Il faut d'abord voir qui sera le nouveau sélectionneur. Et je serais très excité à l'idée d'affronter la France en juin. Mais pour l'instant, je ne peux faire qu'une seule chose : jouer le mieux possible avec Lille.

Nous sommes à un peu plus de deux mois de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Le c£ur de Londres commence-t-il à battre plus fort ?

Certainement. Je suis très enthousiaste de voir ma ville accueillir les meilleurs sportifs mondiaux. Je suis originaire de l'Est de Londres, où j'ai commencé à jouer à West Ham, et lorsque je rentre chez moi, j'essaie toujours de faire un détour par le village olympique. Cela va être fantastique. J'aimerais beaucoup y participer, mais cela, c'est une autre histoire. Assister à l'une ou l'autre compétition serait déjà très bien.

En dehors du foot, y a-t-il une discipline que vous suivrez particulièrement ?

J'adore la boxe. Et je suivrai tout particulièrement un poids lourd britannique, Anthony Joshua, sur qui je fonde beaucoup d'espoirs.

PAR DANIEL DEVOS

Formé à West Ham (dont il fut le capitaine à 21 ans), Joe Cole a joué à Chelsea de 2003 à 2010. Son transfert à Liverpool, en 2010, ne fut pas une réussite et voilà qu'à 30 ans il débarquait en prêt au LOSC qui venait de céder Gervinho à Arsenal. JoeCole : Très bien. J'ai apprécié ce championnat et j'ai beaucoup appris. C'est un autre style de football mais ça m'a ouvert l'esprit. Ma famille s'est très bien adaptée également. Il ne me déplairait pas de rester, mais on verra à quelle position terminera Lille et quelles seront les intentions de Liverpool. C'est un élément dont il faut tenir compte, mais l'argent n'est pas l'aspect prioritaire. L'aspect sportif doit aussi être étudié. Si Lille participe à la prochaine Ligue des Champions, cela peut aussi constituer un argument. Mais avant tout, je veux prendre du plaisir sur le terrain. A parler le français ! ( Ilrit) J'ai ouvert de grands yeux en découvrant à quel point il y avait différentes manières de concevoir le football. Et j'ai davantage pris conscience de l'importance du collectif. Un peu, oui. Mais c'est vraiment la seule chose qui m'ait manqué. Le niveau de jeu est à peu près similaire des deux côtés de la Manche. Ce qui m'a frappé, c'est que les arbitres jouent un rôle beaucoup plus important en Ligue 1 qu'en Premier League. Et le public exerce une pression sur eux, ce qu'on constate rarement en Angleterre. Mais je ne me suis jamais ennuyé en France. Si vous me demandez des explications sur ma mise à l'écart, c'est plutôt à l'entraîneur qu'il faudrait poser la question. En ce qui me concerne, j'ai accepté la décision. La concurrence est rude. Eden Hazard est un grand joueur. Dimitri Payet est très bon aussi. Et puis, il y a les jeunes. Gianni Bruno, par exemple, qui commence à pointer le bout du nez. J'adore ce joueur et j'essaie de le guider. Lucas Digne, aussi. Il y a de la qualité. L'entraîneur est amené à faire des choix. Ce n'est pas important. L'essentiel est la victoire de l'équipe. Le nom des buteurs est accessoire. Mathématiquement, oui. Pratiquement, il faut rester réaliste. Paris et Montpellier ont fait la course en tête. Nous n'avons plus notre sort en mains. Mais nous n'avons plus le droit à l'erreur. Nous risquons de payer très cher la défaite à Brest, un club engagé dans la lutte contre la relégation. Nous n'étions pas bien entrés dans le match et nous n'avons jamais réussi à remonter la pente. L'expérience y joue un rôle primordial. Lille n'en avait pas beaucoup au moment de l'aborder. C'est encore une jeune équipe, qui s'est construite au cours des quatre ou cinq dernières années, et qui découvrait la Ligue des Champions. Je suis certain qu'elle saura corriger les erreurs commises et qu'elle reviendra plus forte si elle a la chance d'encore pouvoir y participer. Il est assez grand pour savoir... J'ai vu beaucoup de grands joueurs émerger au cours des 15 dernières années et Eden fait partie de cette race-là. Il a quelque chose de spécial : le talent. Il peut réussir partout. J'espère qu'il restera encore un petit temps à Lille, mais les chances sont minimes. Plus je le vois jouer, plus il m'impressionne. Ce fut mon numéro au début de ma carrière. Eden a opté pour le n°10 et le n°26 s'est donc libéré. J'ai sauté sur l'occasion. Bien sûr. Une très belle victoire. Etonnante peut-être, mais elle ne me surprend pas tant que cela. United finira par émerger. Il possède cette culture de la gagne qu'il entretient depuis de longues années. City est encore trop neuf dans la course au titre. Je pense qu'il faudra encore attendre un petit peu avant de voir les Citizens décrocher les écussons. La grande différence, c'est Sir Alex Ferguson. Il a une telle expérience. Il sait exactement quelle équipe il doit aligner à tel moment de la saison. L'argent ne suffit pas. Voilà quatre ou cinq ans que Manchester City dépense sans compter. Le club est arrivé à se positionner dans le top anglais, mais pour gagner des titres, c'est encore insuffisant. Si Chelsea a été champion, ce n'est pas parce qu'il avait dépensé énormément dans les transferts, mais parce qu'il possédait les bons joueurs au bon moment, qu'il a su trouver la bonne alchimie, et qu'il avait un grand entraîneur. Exactement. Il est fantastique. Il est en passe de conduire le Real Madrid vers un titre de champion que le club attendait depuis quatre ans. Et s'il ramenait, en plus, la Ligue des Champions dans la capitale espagnole, ce serait extraordinaire et cela démontrerait à quel point cet homme maîtrise l'art du management. Pas encore. Il faut d'abord voir qui sera le nouveau sélectionneur. Et je serais très excité à l'idée d'affronter la France en juin. Mais pour l'instant, je ne peux faire qu'une seule chose : jouer le mieux possible avec Lille. Certainement. Je suis très enthousiaste de voir ma ville accueillir les meilleurs sportifs mondiaux. Je suis originaire de l'Est de Londres, où j'ai commencé à jouer à West Ham, et lorsque je rentre chez moi, j'essaie toujours de faire un détour par le village olympique. Cela va être fantastique. J'aimerais beaucoup y participer, mais cela, c'est une autre histoire. Assister à l'une ou l'autre compétition serait déjà très bien. J'adore la boxe. Et je suivrai tout particulièrement un poids lourd britannique, Anthony Joshua, sur qui je fonde beaucoup d'espoirs. PAR DANIEL DEVOS