" La CAN est une épreuve où les Egyptiens gagnent toujours à la fin. " Voici la version remasterisée de la célèbre phrase de Gary Lineker sur la suprématie allemande après la Coupe du Monde 90. Avec sept titres de champion d'Afrique, dont trois obtenus lors des trois dernières compétitions, l'Egypte est la nation phare du continent, loin devant les quatre succès du Cameroun et du Ghana.
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" La CAN est une épreuve où les Egyptiens gagnent toujours à la fin. " Voici la version remasterisée de la célèbre phrase de Gary Lineker sur la suprématie allemande après la Coupe du Monde 90. Avec sept titres de champion d'Afrique, dont trois obtenus lors des trois dernières compétitions, l'Egypte est la nation phare du continent, loin devant les quatre succès du Cameroun et du Ghana. Comment expliquer cette triplette fantastique (2006, 2008, 2010), qu'aucune sélection africaine n'avait encore réalisée ? Avançons d'abord la présence de 19 des 23 joueurs sélectionnés qui évoluent au pays. Seul Mohamed Zidan, parmi le onze de base, évolue en Europe. Au Borussia Dortmund... où il est pris en grippe par le public ! Les joueurs se connaissent parfaitement et, malgré la chaude rivalité entre les clubs du Caire, le respect est mutuel. Le groupe n'a jamais cédé à la panique, même en finale où il fut souvent bousculé, grâce à une foi (et dans ce cas précis on peut parler d'euphémisme) inébranlable en ses moyens. Deux petits mois après la claque de Khartoum qui prive l'Egypte de Mondial, cette force de caractère incroyable doit être soulignée. Cette consécration est celle de personnalités charismatiques, qui ont gravé leur nom dans l'histoire du foot égyptien. Le coach, Hassan Shehata, en tête. Le Lionel Ritchie de Kafr el-Dawar, arrivé en 2005 pour redonner de l'éclat au foot égyptien, a réussi sa mission au-delà des espérances. Le bonhomme (tout juste 60 ans) peut avancer un parcours exemplaire. Tout d'abord en se faisant les dents dans les séries inférieures du foot égyptien, puis en 2002, en prenant en charge les -20 ans avec qui il gagna la CAN 2003 avec une équipe qui constitue aujourd'hui l'ossature de son onze de base ( Hany Saïd, Emad Meteb ou Ahmed Fathi). Le 18 novembre 2009, Shehata connaît son seul véritable échec lors de la victoire à Khartoum de l'Algérie en barrage. C'est le président Mohammed HosniMoubarak qui dut le convaincre de rester. La Fédé réitéra, elle, sa confiance avant Noël avec un nouveau contrat portant jusqu'en en janvier 2012. Le gardien, Essam El Hadary a définitivement récupéré son statut de héros perdu suite à sa fuite vers la Suisse (FC Sion) après la CAN 2008. Ce départ fut jugé par les supporters de son club de toujours, Al Ahly, comme la trahison suprême. Celui qui pourrait tenir un rôle dans la version égyptienne de Santa Barbara, est aujourd'hui le gardien de la décennie du foot africain grâce à son excellent placement et une forte présence dans les sorties. Pour la troisième fois de suite, il a fêté le succès égyptien perché sur sa barre, rejoint par Zidan, un gimmick de la CAN. Et puis Ahmed Hassan, meilleur joueur du tournoi pour la deuxième fois après 2006. En voyant évoluer le virtuose égyptien, on se dit qu'on en a pas assez profité en Belgique. A 34 ans bien tapés, l'ex-Anderlechois continue de crever l'écran. Ne parlez pas de SamuelEto'o ou de DidierDrogba aux journalistes africains, le meilleur joueur des dix dernières années du contient porte le numéro 17 des Pharaons. Lors de cette CAN, Hassan est aussi entré dans l'histoire doublement : en devenant le joueur le plus capé du foot africain (172 sélections !) et le seul joueur de champ à avoir remporté quatre Coupes d'Afrique (El Hadary en compte autant mais n'était pas titulaire lors du sacre au Burkina-Faso en 1998). Chapeau bas. Enfin plusieurs individualités ont marqué les esprits comme l'arrière droit El Mohamady ou Zidan. Mais c'est Nagy Mohamed qui remporte tous les suffrages. Mieux connu sous le nom de Gedo, l'attaquant d'Elethead en Egypte, a terminé meilleur buteur du tournoi en inscrivant cinq buts lors de cinq montées au jeu (dont le pion décisif en finale). Un exploit unique dans le foot mondial. Inconnu avant l'épreuve, Supersub Gedo est aujourd'hui annoncé dans plusieurs clubs de Premier League. Mais pourquoi une nation aussi dominatrice et talentueuse n'a plus disputé de Mondial depuis Italia 1990 ?