" En regardant Allemagne-Belgique, j'ai songé à un joueur venu du pays de la Mannschaft qui joua sous mes ordres à l'Union Saint-Gilloise (1975-76) et à Courtrai où il passa un an, en 1976-77 : Harald Nickel. Cet excellent attaquant de pointe a vécu un parcours sportif étonnant. Né en 1953, Harald fut un grand espoir de sa région natale (Espelkamp en Rhénanie-Westphalie) et joua au FC Lubbeck avant de se retrouver à Arminia Bielefeld et de débuter en Bundesliga à... 16 ans. Il était le plus jeune joueur de ce pres...

" En regardant Allemagne-Belgique, j'ai songé à un joueur venu du pays de la Mannschaft qui joua sous mes ordres à l'Union Saint-Gilloise (1975-76) et à Courtrai où il passa un an, en 1976-77 : Harald Nickel. Cet excellent attaquant de pointe a vécu un parcours sportif étonnant. Né en 1953, Harald fut un grand espoir de sa région natale (Espelkamp en Rhénanie-Westphalie) et joua au FC Lubbeck avant de se retrouver à Arminia Bielefeld et de débuter en Bundesliga à... 16 ans. Il était le plus jeune joueur de ce prestigieux championnat. Trois ans plus tard, en 1972, Nickel se retrouvait à Turnhout. Il n'était pas parvenu à se faire une place sous le soleil allemand et je suppose que personne n'imaginait que ce talent perdu puisse un jour rentrer chez lui par la grande porte. Un agent de joueurs, Louis De Vries, me parla de cet élément que j'avais déjà vu à l'£uvre. Je l'ai suivi avec Jean Plaskie. Nickel n'était pas pour rien le meilleur buteur de D2 (20 buts) et nous avons retenu sa vitesse, sa technique, son engagement, sa frappe. Il était étonnant qu'aucun grand club belge ne songe à lui. L'Union chuta en D3 mais Harald était intéressé par le projet de Ghislain Bayet qui voulait revenir au plus vite parmi l'élite et Bruxelles constituait une plus belle vitrine que Turnhout. En 1975, après une défaite lors de notre premier match à Merchtem, l'Union survola le championnat. Harald marchait comme un avion. A l'entraînement, il était toujours en tête, surtout durant les footings au Parc Duden. Et sur le terrain, notre Gerd Müller jaune et bleu était bien servi par Jan Verheyen, André Denul et notre armée de bons techniciens. Un an plus tard, le rêve de Bayet se transforma en mirage. L'Union était revenue en D2 mais les caisses étaient vides et il a fallu vendre les bijoux de la couronne pour payer les joueurs. Courtrai a acquis quatre Unionistes ( Francis Pomini, Louis De Weerdt, Ghislain Vergote et Nickel) que j'ai rejoints plus tard. Harald resta un an au stade des Eperons d'or et RogerPetit, un expert, l'engagea au Standard. Notre homme cassa la baraque (meilleur buteur de D1 en 1977-78 : 22 goals) et le grand manitou de Sclessin le revendit avec un bon bénéfice à l'Eintracht Braunschweig. Son come-back en Allemagne ne s'arrêta pas là. Nickel fut repris à l'une ou l'autre reprise en équipe nationale de son pays et joua au Borussia Mönchengladbach de 1979 à 81. En 1980, son club disputa même la finale de la Coupe de l'UEFA contre l'Eintracht Francfort (3-2, 1-0 en déplacement) et un certain Lothar Matthäus évoluait dans son équipe. C'est fou, non, de la D3 avec l'Union au haut niveau européen : Harald ne s'est jamais découragé et a été récompensé. " PIERRE BILIC