Après avoir ébranlé Bruges en championnat et étonné Benfica en Coupe de l'UEFA, les Loups ont remis le couvert, cette fois sur la nappe du Standard. A Sclessin, les Louviérois ont fait preuve de leurs qualités habituelles : esprit de groupe, soin à la récupération via un bon pressing dans la ligne médiane, reconversion offensive soignée, profondeur et vitesse.
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Après avoir ébranlé Bruges en championnat et étonné Benfica en Coupe de l'UEFA, les Loups ont remis le couvert, cette fois sur la nappe du Standard. A Sclessin, les Louviérois ont fait preuve de leurs qualités habituelles : esprit de groupe, soin à la récupération via un bon pressing dans la ligne médiane, reconversion offensive soignée, profondeur et vitesse. Ariel Jacobs procède toujours de la même façon : défense en ligne très expérimentée, deux aspirateurs, deux ailiers très rapides, un attaquant en décrochage, une pointe. Quand le noyau tourne, on ne change pas pour autant le système mis en place. A Sclessin, Daniel Camus, par exemple, n'était pas là pour cause de blessure, comme ce fut le cas face à Benfica : George Arts a avancé d'un cran tandis qu' Onyewu faisait son apparition au centre de la défense. Ce n'est pas dû au hasard et cela s'explique par un gros travail au quotidien depuis des mois. Cette sérénité tactique, qui ne fut troublée qu'une fois, face à Mouscron, a tranché par rapport à la nouvelle recherche des équilibres du côté liégeois. En encaissant sa troisième défaite de rang, le Standard ne peut plus parler de malaise, mais bien de crise. Cette situation s'explique en grande partie par les nombreux mouvements qui viennent de survenir au sein du noyau des Rouches. Avant le début de la saison, Dominique D'Onofrio avait créé un état d'esprit et instauré une ligne de conduite tactique. Tout cela a pris du temps mais le résultat valait le coup d'£il. Il y avait encore des imperfections. Sambegou Bangoura et AlexandrosKaklamanos se marchaient parfois sur les pieds. Almani Moreira avait tendance à s'écarter vers l'aile gauche au lieu de s'exprimer dans l'axe. La patience aurait pu régler ces petits problèmes. Au lieu de cela, le Standard est redevenu un centre de transit avec l'arrivée de plusieurs joueurs alors que le championnat avait déjà recommencé : Roberto Bisconti, Emile Mpenza, Miljenko Mumlek, Gonzalo Sorondo. Tous ont des lettres de noblesse. Leur présence est utile car il y a des risques de blessures, des soucis de méformes, des participations à la phase finale de la CAN, etc. Mais cette réflexion de Luciano D'Onofrio et Michel Preud'homme, certainement partagée par Dominique D'Onofrio, est trop tardive. Elle aurait dû se faire en été alors que Dominique D'Onofrio coulait fort adroitement la dalle de béton de la nouvelle maison liégeoise. Il se retrouve dans la peau du maçon qui a travaillé avec de bonnes briques rouges et qui, pour continuer, en reçoit d'aussi belles mais des jaunes cette fois. A lui de trouver la meilleure combinaison. Cela prend du temps et du travail. N'est-ce pas quelque part une forme de hara-kiri ? Ou du moins l'expression d'un manque de confiance dans la vision globale de la haute direction ? Après deux défaites, on change presque tout. Tout sauf un gardien de but qui n'a pas souvent fait la différence pour son équipe. Il a été à la base de la défaite au Cercle Bruges et a manqué de présence vocale lors de l'erreur de GonzagueVan Dooren qui amena le but de Peter Odemwingie. Fabian Carini est-il excessivement protégé ? Les écartés ont le moral dans les godasses et il en va de même pour leurs remplaçants après la défaite contre La Louvière. La plupart des équipes de D1 trouvent leur rythme de croisière après cinq journées de championnat. Au Standard, c'est le contraire : la défense a été recomposée, la ligne médiane est différente, l'attaque a changé de look. Tout s'est écroulé après cinq matches. Quatre des joueurs alignés face aux Loups n'étaient pas là lors de la préparation d'été : Gonzalo Sorondo, Aliyu Datti, Miljenko Mumlek, Emile Mpenza. Cela fait quasiment la moitié de l'équipe. Deux d'entre eux n'ont pas beaucoup joué ces derniers temps : Gonzalo Sorondo et Emile Mpenza. Ce dernier est à la recherche de ses sensations. Les nouveaux venus ont besoin de temps. Le Standard n'en a déjà plus s'il veut être. européen en fin de saison. A la décharge des Liégeois, il convient de préciser qu'Emile Mpenza et Alexandros Kaklamanos ont gaspillé des cartouches. En cas de réussite, le ton aurait pu changer. Il y a quelques semaines, Dominique D'Onofrio a déclaré qu'il ne changerait pas son système pour les nouveaux venus. Le coach liégeois a procédé à une variante offensive avec Sambegou Bangoura en pointe, soutenu de très près par Emile Mpenza et Datti. Ils n'ont pas trouvé d'espaces. Le Standard oublia la construction et abusa de ballons longs bien cueillis par la défense des Loups. Michaël Murcy a été plus dangereux à lui tout seul que toute l'attaque du Standard. Emile Mpenza estimait que le Standard devait désormais serrer la garde, tenir le zéro au marquoir, profiter des contres, etc. Mais c'est une nouvelle philosophie de jeu. Avec qui en pointe ? Emile Mpenza ? Alexandros Kaklamanos ? Sambegou Bangoura ? Aliyu Datti ? Onder Turaci retrouvera-t-il sa place en défense ? Fabien Carini cèdera-t-il sa place à Dimitri Habran ou un autre gardien de but débarquera-t-il à Sclessin ? Et quelle sera l'occupation du terrain au niveau de la ligne médiane ? Dominique D'Onofrio résistera-t-il à la cascade de mauvais résultats ? Tout est à refaire au Standard.