" Un Clasico reste un moment spécial. Certains estiment parfois que les affiches les plus importantes opposent Anderlecht au Club Bruges. Le club de la Venise du Nord occupe évidemment une place en vue dans l'histoire de la D1, personne ne peut le nier. Mais le Clasico, c'est d'abord une vieille histoire. Les Mauves n'ont pas quitté l'élite depuis 1935 et le Standard y est présent sans interruption depuis 1921. Personne ne fait mieux que les Liégeois et les Bruxellois. Les rendez-vous entre Anderlecht et le Standard font donc partie du pat...

" Un Clasico reste un moment spécial. Certains estiment parfois que les affiches les plus importantes opposent Anderlecht au Club Bruges. Le club de la Venise du Nord occupe évidemment une place en vue dans l'histoire de la D1, personne ne peut le nier. Mais le Clasico, c'est d'abord une vieille histoire. Les Mauves n'ont pas quitté l'élite depuis 1935 et le Standard y est présent sans interruption depuis 1921. Personne ne fait mieux que les Liégeois et les Bruxellois. Les rendez-vous entre Anderlecht et le Standard font donc partie du patrimoine de notre football. Le Standard a connu des périodes fastes mais aussi des creux, ce qui fut moins le cas d'Anderlecht. Il y a souvent eu une opposition de styles, surtout durant les années 60. Le jeu était plus léché au Parc Astrid, très engagé à Sclessin. Enervé, Roger Petit, secrétaire général des Liégeois déclara un jour qu'Anderlecht " pratiquait un football de tuberculeux ". Même si le football a changé, je constate une similitude entre les golden sixties et l'époque actuelle. Que ce soit dans un 4-2-4 hier ou un 4-4-2, voire un 4-2-3-1, de nos jours le duo placé devant la défense assume un rôle essentiel. A l'époque des yéyés, Anderlecht disposait d'un " deux " exceptionnel, comme on disait alors, avec Jef Jurion, box to box avant la lettre, et Pierre Hanon (né en 1936, 47 fois international, 8 titres de champion), remarquable technicien, véritable numéro 8, qui lisait bien le jeu, me couvrait à la perfection quand je montais sur la droite et trouvait aisément notre numéro 10, Paul Van Himst. Ancien de Sport Foot Magazine, Henry Guldemont lui a rendu hommage dans un de ses livres (Anderlecht Unique, Roularta Books) : " Dans le jeu court et précis préconisé par l'entraîneur corse, Pierre Sinibaldi, il changeait parfois complètement l'allure du mouvement offensif par une passe à 40 m. Son tir à distance était bien calibré. Poep, son surnom à Anderlecht, savait fignoler son coup franc. En Coupe d'Europe, contre CDNA Sofia, il loba si bien le mur sofiote que Jurion n'eut plus qu'à déposer le ballon dans le but. Et comme libero au Cercle de Bruges. à la fin de sa carrière, il transforma la plus belle série de coups francs des championnats 71 et 72. " Devenu entraîneur, après son passage au Cercle, il propulsa Mons pour la 1re fois de son histoire en D2. Puis, il s'occupa des jeunes d'Anderlecht, surtout les Juniors UEFA avant d'être éloigné suite à un différend avec Aad de Mos. Poep ne méritait pas cela et se retira sous sa tente. Il adorait les Clasicos et je me souviens d'un Anderlecht-Standard (4-0) en 1967-68 que Poep marqua de sa classe. Pierre était à la page : il le serait encore actuellement. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC