Anecdote récente en P1, au surlendemain de Saint-Marin - Belgique. L'équipe visiteuse est punie d'un péno pour faute de main, équivoque comme souvent : c'est le ballon qui vient vers et sur le défenseur, lequel ne paraît pas avoir augmenté artificiellement sa surface corporelle à l'aide du bras. Mais l'arbitre, pourtant tout bon, accorde penalty. But, 2-0. Ça sent l'échec dans le camp visiteur, où le coach change un joueur dans la foulée.
...

Anecdote récente en P1, au surlendemain de Saint-Marin - Belgique. L'équipe visiteuse est punie d'un péno pour faute de main, équivoque comme souvent : c'est le ballon qui vient vers et sur le défenseur, lequel ne paraît pas avoir augmenté artificiellement sa surface corporelle à l'aide du bras. Mais l'arbitre, pourtant tout bon, accorde penalty. But, 2-0. Ça sent l'échec dans le camp visiteur, où le coach change un joueur dans la foulée. C'est ici que ça devient intéressant. Le joueur remplacé peste à voix haute sur l'arbitre. En gros, il vocifère que ce n'est pas le règlement : que depuis cette saison, les fautes de main accidentelles coupables ne concernent que les attaquants qui, grâce à cela, ont amené ou marqué un but. Le referee entend mais ne se démonte pas, il argumente même en souriant, à voix bien audible : " Fallait regarder les Diables à Saint-Marin l'autre soir, c'était la même phase, le même penalty ! " ... Ce fut sous mon nez confirmation de la merde dans laquelle on continue de baigner. Deux braves mecs sincères, deux avis antagonistes. Et l'amer constat que, ni ce VAR pour les pros ni la récente reformulation de la Loi 12 pour tout le monde, n'ont diminué les polémiques pour fautes de main ! Confirmation d'un virus pour lequel n'existe toujours nul vaccin, et que la télé répand du top aux tréfonds... Car d'une part, le joueur avait raison, ayant même le mérite d'être au courant des modifications IFAB claironnées dès mars, puis libellées en juin dans l'édition 2019/20 des Lois du Jeu ! Car d'autre part, l'arbitre n'avait pas tort, relevant la similitude avec le péno qui, à Saint-Marin, avait permis à Michy Batshuayi de soulager les Diables, cafouilleurs misérables depuis 43 minutes. Penalty à tout le moins généreux, et qui fit dire à un des consultants de notre direct télé que c'était peut-être dur à avaler pour nos braves adversaires, mais que c'était hélas désormais la règle ! Ah ? Selon qu'elle soulage ou qu'elle frustre, l'équivoque devient donc la règle ! Ou pas... Gageure : expliquer clairement qu'une règle pas claire vient d'être réécrite et n'est toujours pas claire ! Je m'y colle, sans me bercer d'illusions... Avant 2019, il y avait faute si la main était qualifiée de délibérée, un point c'est tout. L'équivoque et les pinaillages relevaient de l'interprétation : l'arbitre jugeait que le gars l'avait ou pas fait exprès, le camp sifflé pensait l'inverse... Voici 12 ans, l'IFAB a tenté d'aiguiller ses arbitres, pour qu'ils jaugent au mieux la préméditation, le délibéré : la position du bras n'était pas forcément synonyme d'infraction ; le bras touché était plus ou moins distant de la frappe, le choc en était plus ou moins attendu donc plus ou moins sifflable ; et il n'y avait pas faute si le ballon venait vers le bras plutôt que l'inverse. Cette triple précision n'a rien diminué du bordel interprétatif ...d'où sa suppression en juin dernier, et une reformulation de la faute de main. Que dit-elle ? Primo, qu'il y a toujours faute de main si le geste est délibéré, ce que doit donc toujours interpréter l'arbitre. Deuxio, que même si l'arbitre estime que bras ou main ont touché le ballon accidentellement, il y aura faute de main offensive si cet accident a permis d'amener ou marquer un but. Nacer Chadli en sait quelque chose depuis vendredi...même si l'introduction d'une différence entre le hands défensif (pour ne pas encaisser) et le hands offensif (pour marquer) est une grosse connerie ! Et ceci à bien retenir : rien, dans la nouvelle formulation, ne permet à un arbitre de siffler penalty pour une main défensive, dès le moment où il l'estime accidentelle ! Restait à l'IFAB à aider les arbitres à disséquer délibéré et accidentel. Et là, bienvenue au Royaume de l'Hypocrisie réécrite noir sur blanc : il y a " en général " faute délibérée si bras ou main sont au-dessus de l'épaule, ou si leur position, quoique sous l'épaule, augmente artificiellement la surface du corps. Et il n'y a " en général " pas faute dans le cas contraire... D'où deux questions : où commence vraiment l'artificialité d'un bras près du corps ? Et surtout, pourquoi ce " en général " sournois, sinon pour que l'arbitre ne soit jamais objectivement fautif quoiqu'il décide ? ! On n'est pas sorti de l'auberge, relisez-moi au prochain boxon. Il ne devrait pas tarder.