Hamoir : gros village de 3.000 habitants. L'Ourthe qui traverse le village est un atout touristique. On y fait du kayak et la verte région prête aux randonnées. Désormais, il faudra également compter sur le club de foot qui vient de décrocher son sésame pour la D3. Le terrain est très proche du centre. De la buvette, on perçoit les antennes paraboliques des caravanes du camping qui le jouxte. Une petite tribune peut accueillir à peine quelques dizaines de spectateurs. Bref, des installations de Provinciales qui témoignent de la vitesse à laquelle le club a grandi.
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Hamoir : gros village de 3.000 habitants. L'Ourthe qui traverse le village est un atout touristique. On y fait du kayak et la verte région prête aux randonnées. Désormais, il faudra également compter sur le club de foot qui vient de décrocher son sésame pour la D3. Le terrain est très proche du centre. De la buvette, on perçoit les antennes paraboliques des caravanes du camping qui le jouxte. Une petite tribune peut accueillir à peine quelques dizaines de spectateurs. Bref, des installations de Provinciales qui témoignent de la vitesse à laquelle le club a grandi. Comment une formation que la tranquillité des lieux destine aux séries inférieures a-t-elle atteint la D3 ? Grâce à la ténacité d'un président : Nicola Finocchio, qui détient sa fortune de son entreprise florissante de chauffage et d'air conditionné. Depuis qu'il a quitté le tennis de table pour le football, Hamoir est passé de l'anonymat de la P2 à la D3. En cinq ans. " A partir du moment où le président se lance dans quelque chose, il le fait à 300 % ", affirme l'entraîneur Stéphane Huet, " Il ne cadre pas avec le milieu du football. Il est atypique. Il a une façon de se détacher. Il a l'air distant mais quand on le connaît, ce n'est pas le cas. Il ne veut simplement pas se découvrir et n'a pas investi dans le foot pour avoir sa photo dans le journal. Il veut rendre du plaisir à son village. Il ne cache pas que quand il s'est lancé dans le foot, il ne connaissait pas grand-chose. Il dit lui-même qu'il apprend. Il est présent, par exemple, à toutes les théories. Il ne participe pas. Il ne dit jamais rien, que l'on gagne ou que l'on perde mais il est présent ! Cependant, il est conscient qu'Hamoir arrive à un tournant. Il est parvenu à son objectif (la D3) et sait que la D2 n'est pas réalisable. Mais, il tient à ce que le club fasse bonne figure et se maintienne en D3. De plus, ce qui ne gâche rien, c'est que l'on disputera pas mal de derbies ". Jusqu'en 2005, jamais Hamoir, pourtant fondé en 1932, n'avait évolué en Nationales. Après une saison en Promotion (terminée à la huitième place avec une participation au Tour final), le club avait misé en début de campagne sur Huet, l'ancien coach de La Calamine (qu'il avait promu en D3) et d'Amay. " Le club était arrivé au bout d'un cycle. Tous les joueurs qui avaient poussé le club en Promotion atteignaient 35 ans et plus. Le président avait besoin d'un entraîneur qui connaissait bien les jeunes et il a pensé à moi. J'avais envie de conserver certains éléments suivant certains critères comme l'identité régionale, la mentalité... Il y eut cependant 11 départs pour autant d'arrivées. Tous des jeunes sauf Raphaël Miceli (ex-Seraing et Strasbourg). J'ai puisé dans les équipes réserves du Standard, de Liège, de Visé et d'Eupen. Principalement ces clubs-là car ce sont de bonnes écoles de jeunes. On tombe sur des éléments qui sont à l'écoute et disciplinés ". Et cela a fonctionné. Avec une politique salariale pourtant très basse, malgré le mécénat du président. " Les joueurs n'ont pratiquement pas de salaire fixe ", nous confie un proche du club, " Que des frais de déplacement. Par contre, cela fonctionne à la très grosse prime. 500 euros la victoire. Or, comme les joueurs n'ont connu que trois défaites. Cela leur a fait de très bons mois ! ". A ce petit jeu-là, ceux qui ne jouent pas ne touchent rien. Ce qui explique que l'entraîneur préfère garder un noyau de seulement 18 personnes. Et un staff de trois personnes dont l'adjoint, Jean-François Lecomte. L'ancien gardien de Liège et de Charleroi travaille en duo avec Huet depuis trois ans. " C'était une condition à ma venue ici ", continue Huet. " Que je puisse emmener Lecomte avec moi. J'ai besoin de cet aspect relationnel pour travailler. Et d'un cadre apaisant. C'est aussi pour cette raison que je ne me plaisais pas à Amay. Là, ce sont les usines et la Meuse. Ici, c'est la verdure et l'Ourthe... " L'année prochaine, le petit stade d'Hamoir vivra au rythme de la D3. " Il n'y a pas de tribunes assises mais je ne crois pas qu'il y aura des aménagements ", explique Huet, " Le président préfère avoir une bonne équipe que de belles infrastructures ". Un seul changement interviendra au niveau des jeunes. Comme il n'y avait pas assez d'équipes pour les championnats nationaux, Hamoir a imaginé une synergie avec Chaudfontaine qui alignera ses propres équipes sous le nom d'Hamoir. par stéphane vande velde