Une scène typique : après son debriefing avec les ingénieurs, Lewis Hamilton est arrivé en souriant dans la salle de presse. Il venait de dominer le GP d'Austin, Texas, enlevant sa neuvième course sur 17, et il tenait un havane en main avec ostentation. " Une année de succès. " Il s'est interrompu pour humer une nouvelle bouffée de son cigare. Puis il a rigolé. Le Britannique avait de quoi : Mercedes venait de remporter son quatrième titre consécutif en constructeurs et Hamilton était quasi certain de gagner un nouveau titre individuel. Son quatrième aussi, ce qui lui permet de se ...

Une scène typique : après son debriefing avec les ingénieurs, Lewis Hamilton est arrivé en souriant dans la salle de presse. Il venait de dominer le GP d'Austin, Texas, enlevant sa neuvième course sur 17, et il tenait un havane en main avec ostentation. " Une année de succès. " Il s'est interrompu pour humer une nouvelle bouffée de son cigare. Puis il a rigolé. Le Britannique avait de quoi : Mercedes venait de remporter son quatrième titre consécutif en constructeurs et Hamilton était quasi certain de gagner un nouveau titre individuel. Son quatrième aussi, ce qui lui permet de se hisser à la hauteur des légendaires Alain Prost et Sebastian Vettel, l'Allemand qui a été le seul à le faire douter cette saison. " Nous travaillons ensemble depuis cinq ans et il n'a jamais été aussi bon, même pas en 2015, quand il avait gagné dix GP ", a déclaré Toto Wolff, le patron de Mercedes. " La vitesse pure, des manoeuvres spectaculaires et une osmose totale entre l'homme, la machine et les pneus ", a raconté l'Autrichien à BBC Sport. " Physiquement et mentalement, je suis à un niveau supérieur à l'année passée ", a expliqué Hamilton. Traduction libre : il se sent libéré depuis que Nico Rosberg a pris sa retraite. La saison dernière, à Abu Dhabi, il avait tenté de priver son coéquipier allemand du titre par une manoeuvre risquée et il avait boudé à maintes reprises les ordres de l'écurie. Le lendemain, les journaux anglais avaient titré que Mercedes envisageait de rompre le contrat de 30 millions d'Hamilton. " Ce fut un moment difficile. Quelques jours plus tard, nous avons eu un sérieux entretien. Je nous revois assis à ma table de cuisine. Lewis s'est libéré de toutes ses frustrations et en partant, il était un autre homme ", raconte Wolff, qui a trop longtemps tenté d'ignorer la rivalité néfaste qui opposait ses deux pilotes. " Notre dynamique n'était pas bonne, ce qui m'a empêché de rouler à mon meilleur niveau. Cette saison, j'ai roulé avec mon coéquipier, Valtteri Bottas, pas contre lui. Tout jeter sur la table comme nous l'avons fait ce soir-là était la meilleure chose à faire. " Hamilton a volé. Il est parti de la pole position pour la 69e fois à Monza, améliorant le record de Michael Schumacher. Il en est maintenant à 72. Nul n'a fait mieux. " Lewis est le plus fort sur un tour. La manière dont il parvient à retirer le maximum de lui-même et de la voiture en 90 secondes est inimaginable ", a commenté James Allison, le directeur technique de Mercedes, qui a travaillé l'année passée chez Ferrari, avec Sebastian Vettel, quadruple champion du monde de 2010 à 2013, et chez Renault avec Fernando Alonso, champion en 2005 et 2006. " Ils sont tous des pilotes exceptionnels mais en qualifications, Lewis est le plus rapide de tous les temps, ça ne fait aucun doute. " A 40 reprises, sa pole position s'est traduite par une victoire. Seul Schumacher, septuple champion du monde, a fait mieux. CHRIS TETAERT