Ce n'était pas une surprise. Quelqu'un avait-il vraiment parié, en début de saison, sur les chances de Nico Rosberg, le coéquipier Mercedes de Lewis Hamilton ? Voilà donc une saison prévisible dans un sport prévisible, bien que la direction de Mercedes le nie farouchement. " Nico a eu énormément de malchance cette saison mais il s'est battu jusqu'au bout ", a déclaré Toto Wolff à Austin. Rosberg s'était déjà résigné à la domination du Britannique. " Dans les quatre derniers GP de la saison, je veu...

Ce n'était pas une surprise. Quelqu'un avait-il vraiment parié, en début de saison, sur les chances de Nico Rosberg, le coéquipier Mercedes de Lewis Hamilton ? Voilà donc une saison prévisible dans un sport prévisible, bien que la direction de Mercedes le nie farouchement. " Nico a eu énormément de malchance cette saison mais il s'est battu jusqu'au bout ", a déclaré Toto Wolff à Austin. Rosberg s'était déjà résigné à la domination du Britannique. " Dans les quatre derniers GP de la saison, je veux surtout profiter de notre magnifique bolide. " Cette année, c'est Hamilton qui a profité de la Mercedes F1 W06 Hybride. De la première course en Australie jusqu'au quinzième GP, celui de Russie, l'Anglais de trente ans a occupé la pole à onze reprises, contre trois pour Rosberg. Il a gagné neuf fois, trois de plus que son coéquipier. Avant même le départ du GP des Etats-Unis, le classement était scellé : Hamilton, 302 points, Rosberg 229. L'Allemand, troisième du classement, n'a pu concurrencer son coéquipier, qui a surtout roulé contre lui-même. Le deuxième du classement, Sebastian Vettel (236 points) n'a pris qu'une pole position et a gagné trois GP : Malaisie, Hongrie et Singapour. Il y a eu un regain de suspense quand Vettel, quadruple champion du monde, a perdu dix places sur la grille de départ de Travis County, pace qu'on avait équipé sa Ferrari d'un nouveau moteur. Il s'est battu pour revenir à la troisième place, juste derrière son compatriote Rosberg, qui avait démarré en pole et n'avait dû céder la première place à Hamilton que dans les ultimes tours, à cause d'une erreur de pilotage. Le gouffre entre Ferrari et Mercedes s'est-il amoindri ? Non. Hamilton a survolé le championnat. Il a mis les gaz, sans plus jeter un coup d'oeil en arrière. Est-ce le début d'une nouvelle série de records ? Hamilton peut-il rêver du record absolu de sept sacres, détenu par Michael Schumacher ? Peut-il rouler dans le sillage de Juan Manuel Fangio (cinq)? Va-t-il se hisser, dans un an, à la hauteur d'Alain Prost ou de Vettel (quatre) ? Peut-être mais un changement de règlement risque de faire perdre à Mercedes son avantage technique. En 2016, les constructeurs auront plus de latitude pour développer leurs moteurs turbo V6 et Ferrari pourra refaire son retard de CV sur Mercedes. Le département conception de Maranello a déjà entamé sa manoeuvre de remontée. Surtout, Vettel est d'un autre calibre que Rosberg. La Formule 1 en 2016 promet du suspense. PAR MICHAEL WITTERSHAGEN ET CHRIS TETAERT