Pour la troisième fois de suite, l'entraîneur du RSCA, FrankieVercauteren, avait reconduit, face au FC Brussels, exactement la même équipe. Et, pour la troisième fois, les Mauves se sont imposés. Qui plus est, sur base d'un même système. Car les diverses moutures essayées tout au long des 20 premiers matches ont cédé la place à un 4-3-3 qui se mue tantôt en 5-4-1, tantôt encore en 4-5-1 en phase de récupération. Et même davantage, car l'élément le plus avancé sur le terrain, Nicolas Frutos, ne lésine pas à apporter son écot dans la reconquête du cuir. Tout comme il n'hésite pas, non plus, à se replier dans son camp, au besoin, pour quémander un ballon. (v. schémas).
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Pour la troisième fois de suite, l'entraîneur du RSCA, FrankieVercauteren, avait reconduit, face au FC Brussels, exactement la même équipe. Et, pour la troisième fois, les Mauves se sont imposés. Qui plus est, sur base d'un même système. Car les diverses moutures essayées tout au long des 20 premiers matches ont cédé la place à un 4-3-3 qui se mue tantôt en 5-4-1, tantôt encore en 4-5-1 en phase de récupération. Et même davantage, car l'élément le plus avancé sur le terrain, Nicolas Frutos, ne lésine pas à apporter son écot dans la reconquête du cuir. Tout comme il n'hésite pas, non plus, à se replier dans son camp, au besoin, pour quémander un ballon. (v. schémas). Avec quatre buts en cinq matches, l'Argentin n'a en tout cas pas loupé ses débuts anderlechtois. Toute la panoplie y est passée : puissant envoi du gauche devant le Cercle Bruges, reprise de la tête contre les Genkois, pichenette face aux Hurlus et tir sec du droit dans le plafond du but de Patrick Nys. Encore heureux qu'il ait loupé une reprise de volée sur un service de Serhat Akin, sans quoi c'eût été la totale. Au fil des matches, il s'impose comme l'attaquant providentiel. Non seulement il est à la conclusion des offensives, mais il contribue à bonifier également le rendement de ceux qui jouent autour de lui : Serhat Akin, qui donne enfin la pleine mesure de son talent et Christian Wilhelmsson, qui profite au maximum des espaces qu'il crée en fixant un, voire deux défenseurs. De fait, on se croirait revenu à l'époque où le tandem constitué de Jan Koller et Tomasz Radzinski faisait fureur, épaulé par moments par Elos Ekakia. Le Congolais, à l'instar du Suédois, avait de ces accélérations géniales, par moments. La vitesse du Canadien, quant à elle, n'était pas sans rappeler celle du Turc. Pour ce qui est de Jantje, les similitudes avec Frutos sont évidentes aussi. Et si, dans des registres divers, des garçons comme Ki-Hyeon Seol, Nenad Jestrovic ou Mbo Mpenza ont eu leur part de mérite en matière de relève, personne n'était parvenu à faire oublier le géant tchèque. Commencée en Norvège, à Lilleström plus précisément, avec l'Australien Clayton Zane, poursuivie au FC Nantes avec le Français Grégory Pujol, la quête d'un nouveau Koller devrait être logiquement plus fructueuse maintenant. Grâce à un scouting beaucoup plus élaboré. " Frutos n'a pas éclaté directement en Argentine ", dit Martin Vogd, journaliste à LaRazon Au début, on le remarquait surtout pour sa taille : c'était un géant qui savait jouer au football. Il avait la malchance de jouer à l'Union Santa Fe qui faisait la navette entre la D1 et la D2. Il a été transféré dans un club plus important lorsqu'il est passé à San Lorenzo, mais il n'a pas explosé d'emblée. Il marquait peu de buts. Après des passages dans plusieurs autres clubs, dont un en D2 espagnole à Las Palmas qui n'a pas été une réussite, il a commencé à marquer plus souvent à Independiente. Il marquait souvent sur penalty, mais malgré tout, il marquait sur des phases de jeu aussi. C'est Luis Cesar Menotti qui l'a fait venir mais c'est surtout lors de sa deuxième saison qu'il a explosé, sous la houlette de Julio Falcioni, qui affectionne le jeu aérien. Il a alors marqué beaucoup de la tête. En Argentine, Frutos est considéré comme un joueur assez mobile pour sa grande taille et qui a beaucoup de caractère. Il a sans doute le niveau pour jouer en équipe nationale, mais il y a profusion d'attaquants dans la sélection... " " L'idée d'engager un pivot de la trempe de l'Argentin émane de l'entraîneur ", observe le manager anderlechtois Herman Van Holsbeeck. " A l'occasion d'une réunion en février 2005, il avait plaidé en faveur du recrutement d'un élément de ce type, conscient qu'il s'agissait là du seul chaînon manquant. Pour chaque poste, nous disposions à peu de choses près d'une alternative valable mais depuis le retrait de Zane, pour cause de blessure, le Sporting n'avait plus de bélier. Or, la nécessité d'un target man s'impose si l'on ne parvient pas à imposer ses vues à l'adversaire par des moyens plus classiques. En qualité d'adjoint, depuis 1998, Frankie avait évidemment vécu de près l'importance de Koller. Après cette fameuse entrevue, je me souviens avoir sondé les possibilités de recrutement d'un tel clone auprès de divers managers. L'un d'entre eux, bien connu pour avoir encore £uvré au Parc Astrid, Paul Courant, m'avisa qu'en Argentine le RSCA était susceptible de trouver un footballeur de ce calibre, à un prix somme toute raisonnable. Dans un premier temps, le chef de la cellule scouting, Werner Deraeve a été dépêché sur place. D'emblée, il en était revenu avec un rapport très élogieux concernant notre future recrue. Selon ses dires, il s'agissait d'un footballeur pesant de tout son poids sur une défense et doué d'un joli sens du but. Dans la foulée, j'ai pris moi-même l'avion à destination de Buenos-Aires, où j'ai vu l'intéressé à l'£uvre dans un derby à River Plate. Il avait été aligné seul en pointe et bien que l'axe central de l'arrière-garde adversaire lui avait mené la vie très dure, il s'était quand même signalé par une activité inlassable en dépit des coups reçus. Le match s'était finalement soldé par une victoire 2 à 0 des locaux, et même si son club, Independiente, n'avait pas marqué, il s'était rendu utile. Par la suite, je l'ai encore visionné lors d'un match à domicile, cette fois, contre Velez Sarsfield. Son entraîneur l'avait associé à un autre attaquant en pointe, le jeune SergioAguero et j'avais l'impression de voir devant moi la paire Koller-Radzinski. Sans savoir, à ce moment-là, qu'un joueur du même type que le Canadien, lisez Akin, débarquerait un jour chez nous, je m'étais déjà fait la réflexion que, couplé à un Wilhelmsson ou à un Mpenza, Frutos était capable de faire des dégâts ". " Depuis ce moment-là, l'attaquant sud-américain a fait l'objet d'une étude approfondie. En dernier ressort, le secrétaire général du club, Philippe Collin, s'est rendu dans la capitale argentine lui aussi pour se rendre compte de visu des aptitudes du joueur. Et lui aussi fut directement conquis. Nous pensions pouvoir finaliser le dossier l'été passé mais Independiente désirait à tout prix le conserver jusqu'en novembre. Nous sommes extrêmement contents de ses services. Même s'il est capable de faire mieux encore : Nico n'est qu'à 60 % de ses possibilités à peine. Il n'empêche que ses buts, tous différents, en disent long sur son potentiel. A son contact, chacun aura remarqué aussi que les autres avants ont évolué de manière bénéfique aussi. Dans ces conditions, il n'étonnera personne que dans notre quête de renforts, nous lorgnons à nouveau un footeux possédant les mêmes caractéristiques que l'Argentin. Car si nous devions nous passer de lui, nous n'aurions personne, pour le remplacer. Les pistes sont réactivées hors frontières. En Argentine, notamment, même s'il n'est pas interdit de penser que nous nous focaliserons d'abord là-bas sur l'engagement d'un ou deux joueurs pour d'autres secteurs. Je ne cache pas que Salou Ibrahim, révélation du championnat, aurait pu faire l'affaire lui aussi. Mais il vaut déjà plus que les 2,5 millions d'euros que nous avons payés pour Nico. Nous devons donc nous rabattre sur quelqu'un d'autre ". BRUNO GOVERS