"Je ne tiens pas en place. Tout a toujours tourné autour du sport et je ne puis compter mes chutes à vélo. Comme j'étais toujours très actif, il m'arrivait de m'endormir à l'école. J'en faisais trop : football, tennis, karting, snowboard... et je ne supporte pas la défaite. C'est parfois un défaut, parfois un atout pour un sportif de haut niveau. Que je joue au poker ou à la Playstation contre mon frère, une défaite est un drame. Ceci dit, je préfère perdre que gagner en trichant. Mon frère et moi avons toujours cherché le duel, nous ...

"Je ne tiens pas en place. Tout a toujours tourné autour du sport et je ne puis compter mes chutes à vélo. Comme j'étais toujours très actif, il m'arrivait de m'endormir à l'école. J'en faisais trop : football, tennis, karting, snowboard... et je ne supporte pas la défaite. C'est parfois un défaut, parfois un atout pour un sportif de haut niveau. Que je joue au poker ou à la Playstation contre mon frère, une défaite est un drame. Ceci dit, je préfère perdre que gagner en trichant. Mon frère et moi avons toujours cherché le duel, nous étions rivaux et j'ai parfois été trop dur avec lui. A Anderlecht, j'ai perdu l'habitude de passer ma frustration sur les autres. Quand je perds, je garde ma colère pour moi et j'ai appris à ne pas baisser les bras quand ça va moins bien. Avant, après une action ratée, je restais invisible pendant un quart d'heure. Marc Grosjean, mon entraîneur à Eupen, a eu un impact énorme sur mon changement de mentalité. Il me tenait de près. Ma nonchalance l'exaspérait. Parfois, tout était trop facile et je ne me donnais pas à fond. Je ne puis me permettre ça à Anderlecht ! J'ai besoin de défis. Jusqu'à présent, je ne suis pas resté plus d'un an et demi dans le même club : Visé, Eupen, Gand... Je joue au Sporting depuis janvier 2008. Donc... Je dois sans cesse relever la latte sous peine de retomber dans ma nonchalance. Je suis satisfait de mon parcours : de Visé à Anderlecht, ce n'est pas rien. Cela démontre qu'on peut émerger en débutant dans une division inférieure. Je suis fier de constituer un exemple pour les footballeurs de ces divisions. Je ne sais pas pourquoi j'opère toujours le bon choix. Ma mère répète sans arrêt que c'est une question de chance. L'année dernière, j'aurais pu gagner une fortune en allant jouer en Russie. J'ai dormi une nuit dessus, j'ai rêvé de ce que je pourrais faire avec cette manne mais au réveil, je savais que je devais signer à Anderlecht. C'est le club le plus prestigieux de Belgique, j'ai suivi mon c£ur et je n'ai jamais regretté cette décision. Récemment, à une terrasse à Knokke, des enfants m'ont demandé un autographe. Même là, on me reconnaît ! Cela m'a touché. Mon image ne m'intéresse pas. Je suis d'un naturel ouvert et spontané, partiellement grâce à mon éducation. Mes parents m'ont toujours laissé libre de mes choix et m'ont soutenu en toutes circonstances. Le jour du match, il faut me laisser tranquille : pas de visite ni de coup de fil. Je ne comprends pas ceux qui sortent après une défaite mais quand nous avons gagné, je fête ça avec mes amis. " l par matthias stockmans" A Anderlecht, j'ai perdu l'habitude de passer ma frustration sur les autres. "" Je n'ai jamais regretté l'argent russe. "