Raymond Domenech avait choisi de reconduire l'équipe qui avait commencé la finale à l'exception du remplacement de Fabien Barthez (sans club) par Grégory Coupet et la substitution obligée de Zinédine Zidane par Frank Ribéry lui-même remplacé sur le côté droit par Sidney Govou. Le système de jeu reste le même (4-5-1) tandis que du côté italien, les absences de Marco Materazzi (suspendu) et surtout celle de Francesco Totti avaient poussé le nouveau coach Roberto Donadoni à évoluer plutôt en 4-4-2 avec Antonio Cassano épaulant en pointe ...

Raymond Domenech avait choisi de reconduire l'équipe qui avait commencé la finale à l'exception du remplacement de Fabien Barthez (sans club) par Grégory Coupet et la substitution obligée de Zinédine Zidane par Frank Ribéry lui-même remplacé sur le côté droit par Sidney Govou. Le système de jeu reste le même (4-5-1) tandis que du côté italien, les absences de Marco Materazzi (suspendu) et surtout celle de Francesco Totti avaient poussé le nouveau coach Roberto Donadoni à évoluer plutôt en 4-4-2 avec Antonio Cassano épaulant en pointe Alberto Gilardino (qui remplace Luca Toni titulaire en attaque au Mondial). Coupet a fait preuve d'une plus grande autorité que Gianluigi Buffon, qui, notamment sur le deuxième but de la France, a relâché le ballon sur la frappe de Florent Malouda. L'axe central de la défense a été performant des deux côtés à l'exception du but italien où aucun défenseur n'intervient sur le coup franc d' Andréa Pirlo, ce qui permet à Gilardino de marquer comme à l'entraînement. La défense italienne (où Fabio Cannavaro, associé à Barzagli, perd son duel avec Govou sur le troisième but français) a paru beaucoup plus statique que la paire Lilian Thuram- William Gallas. Sur les flancs, côté droit, le duo Willy Sagnol-Govou a supplanté son alter ego italien Gianluca Zambrotta-Franco Semioli. De l'autre côté, seul Fabio Grosso associé à Simone Perrotta a rivalisé face à la paire lyonnaise Eric Abidal-Malouda. Gennaro Gattuso a eu du mal à rivaliser tout seul face à ce qui se fait de mieux au monde à ce poste (le duo Claude Makelele- Patrick Vieira). Gattuso a perdu beaucoup plus de ballons que les deux Français réunis. Pirlo et Ribéry ont eu tous les deux de l'emprise sur le match dans un rôle différent. L'Italien est toujours disponible mais évolue beaucoup plus bas que le Marseillais et distribue très bien le jeu, principalement dans les transmissions longues. Ribéry a une énorme activité en soutien très proche de l'attaquant, et par ses dribbles et ses appels incessants, il déstabilise la défense adverse. Thierry Henry, sans être transcendant, a soutenu la comparaison avec le tandem Cassano-Gilardino. On note la grande facilité des Français à conserver le ballon et à changer de côté si l'autre flanc est fermé par l'adversaire. Le deuxième but illustré sur ce schéma est parti d'une circulation à 13 passes avant la passe tranchante vers Malouda. Le jeu se déroule d'abord sur tout le flanc gauche pour ensuite se retrouver à droite et enfin terminer plein centre. Le troisième but résulte également d'une grande séquence de passes d'abord sur le côté gauche avant un renversement de jeu vers Sagnol qui centre pour Govou qui marque son deuxième but de la soirée. Les Bleus ont dominé leur sujet dans la possession du ballon et ont fait preuve d'une maîtrise technique digne d'une équipe qui évolue déjà, aussi tôt dans la saison, à son meilleur niveau. La capacité à toujours chercher les intervalles a permis aux Coqs de souvent déstabiliser le bloc italien et de mettre le 4 arrière sous pression. Les appels dans le dos des milieux de terrain (venant principalement de Malouda, Ribéry et Govou + les décrochages de Henry) n'ont pas eu comme incidence de faire beaucoup bouger la défense d'Italiens particulièrement statiques. Le deuxième but des Français en est également la plus parfaite illustration. A la suite des 13 passes expliquées au schéma 1, Makelele trouve Malouda dans l'intervalle qui tire de 25 mètres. Il décoche une frappe puissante que Buffon ne peut maîtriser et Henry reprend et trompe le gardien de la Juve via Cannavaro. par etienne delangre