Depuis sept ans, la société Deloitte établit le classement des clubs sportifs les plus riches de la planète. Et, depuis sept ans, c'est Manchester United qui remporte la palme. Cela veut-il dire que le cercle anglais est celui qui détient la meilleure santé financière ? C'est probable, mais pas automatique. Deloitte ne retient en effet qu'un seul critère pour composer son classement : les rentrées. Et sur ce plan-là, Manchester n'a aucune concurrence, où que ce soit dans le monde. Ce club a encaissé 251 millions d'euros en 2003. Soit 7 millions de plus que les New York Yankees, le club de base-ball qui est considéré comme le plus riche de tous les cercles sportifs aux Etats-Uni...

Depuis sept ans, la société Deloitte établit le classement des clubs sportifs les plus riches de la planète. Et, depuis sept ans, c'est Manchester United qui remporte la palme. Cela veut-il dire que le cercle anglais est celui qui détient la meilleure santé financière ? C'est probable, mais pas automatique. Deloitte ne retient en effet qu'un seul critère pour composer son classement : les rentrées. Et sur ce plan-là, Manchester n'a aucune concurrence, où que ce soit dans le monde. Ce club a encaissé 251 millions d'euros en 2003. Soit 7 millions de plus que les New York Yankees, le club de base-ball qui est considéré comme le plus riche de tous les cercles sportifs aux Etats-Unis. Au classement européen des équipes de foot, Manchester United devance la Juventus (218 millions d'euros), l'AC Milan (200), le Real Madrid (192), le Bayern Munich et l'Inter Milan (162), Arsenal et Liverpool (149), Newcastle (138), Chelsea (133), l'AS Rome (132), Dortmund (124), Barcelone (123), Schalke 04 (118), Tottenham (95), Leeds (92), la Lazio (88), le Celtic Glasgow (87), Lyon (84) et Valence (80). L'Angleterre et l'Italie monopolisent donc 12 places de ce Top 20. Et cela a évidemment quelque chose de paradoxal quand on sait que les clubs de Série A accumulent un déficit proche du milliard d'euros. Autre paradoxe : Leeds, également dans le Top 20, doit faire face à une dette de 150 millions d'euros. Conclusion de Deloitte : si ces clubs vont mal, ils en sont les seuls responsables car leurs recettes devraient largement leur permettre d'être en bonne santé. A Manchester, par exemple, la direction tient à ce que le poste salaires de joueurs ne dépasse jamais 50 % du budget total (41 % actuellement). Le hit-parade des clubs les plus riches fait apparaître d'autres éléments intéressants. Ainsi, les sources de revenus sont différentes, d'un championnat à l'autre. En Angleterre, les clubs ont l'art de rentabiliser leurs matches : en abonnements, tickets d'entrée et formules business. A Manchester, ces rentrées représentent près de 40 % du chiffre d'affaires total. C'est ce qui explique le fossé séparant, au classement de Deloitte, Man. U. de ces autres géants que sont Arsenal et Liverpool : alors que les Mancunians déplacent 68.000 personnes lors de chacun de leurs matches à domicile, Arsenal ne peut en accueillir que 38.000, pour 45.000 à Liverpool. D'où la décision de ces deux clubs de jouer le plus vite possible dans une enceinte beaucoup plus grande. Cette façon de rentabiliser les matches explique aussi la présence de Schalke 04 dans le Top 20 : depuis que ce club s'est installé dans son nouveau stade de 62.000 places, c'est banco lors de chaque rencontre à domicile. En Italie et en Espagne, les principales rentrées ne proviennent pas de la même source. En Série A, ce sont les revenus télévisés qui viennent en tête de liste : aucun club européen ne touche autant d'argent des télés que la Juventus et l'AC Milan. Mais il y a moins de monde aux matches de ces équipes qu'à ceux de Manchester. En Espagne, le problème réside dans les prix réclamés aux spectateurs : ils sont de loin inférieurs à ce qu'ils sont en Angleterre. Cela explique que les Reds ont tiré 101 millions d'euros de recettes de leurs matches à domicile en 2003, alors que le Real a dû se contenter de 58 millions. Et cette façon qu'ont les patrons du club anglais de bien gérer leurs recettes explique aussi l'excellente santé de l'action boursière de Manchester : depuis son introduction en 1991, sa valeur a été multipliée par 10. Pierre Danvoye