Après avoir accédé au tour final la saison dernière, Tubize éprouve des difficultés à retrouver un niveau acceptable. Résultat : son entraîneur, Patrick Wachel, a été licencié. Enzo Scifo, directeur technique, l'a remplacé et recouvre donc une fonction qu'il n'avait plus exercée depuis son expérience à Charleroi.
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Après avoir accédé au tour final la saison dernière, Tubize éprouve des difficultés à retrouver un niveau acceptable. Résultat : son entraîneur, Patrick Wachel, a été licencié. Enzo Scifo, directeur technique, l'a remplacé et recouvre donc une fonction qu'il n'avait plus exercée depuis son expérience à Charleroi. " J'aime ce métier et le fait de reprendre les rênes d'une équipe ne constitue pour moi que du positif ", dit-il. " Malgré le fait que ce n'était pas prévu. Le terrain m'a toujours apporté satisfaction. Dorénavant, je suis plus proche de mes joueurs. Il est vrai que je suis stressé mais c'est du bon stress. C'est la tension de la compétition. Elle est indispensable quand il s'agit d'aller jouer une rencontre. Entraîner a toujours été un de mes objectifs. Concernant mon avenir dans ce métier, je ne me pose pas de questions pour l'instant. Le plus important est de résoudre les problèmes qui affectent Tubize ". Enzo Scifo : Plusieurs paramètres ont été pris en considération. On ne peut pas seulement se fixer sur les résultats. Quand ceux-ci ne suivent pas mais que les joueurs sont derrière le coach, on ne peut pas vraiment envisager un tel choix. Mais à Tubize, depuis un mois déjà, on a pu déceler un problème dans l'équipe. Nonobstant, on a gardé notre calme en espérant un changement. Ce dernier n'est pas apparu. Il n'y a pas eu d'évolution en fait. Trancher pareil cas n'est pas chose aisée. De plus, Wachel est un entraîneur consciencieux dans tout ce qu'il entreprend. Mais visiblement, ses relations avec certains joueurs n'étaient pas bonnes. Sur le terrain, Tubize n'avait pas de répondant. Pourtant, le noyau qui a réalisé des exploits l'an dernier est resté inchangé. C'est exactement le même groupe qui a atteint le tour final ! Mais dans celui-ci, l'enthousiasme n'est plus présent. C'est difficile de comprendre pourquoi tout ne fonctionne plus correctement. Les responsabilités sont aussi partagées. Il est évident que la saison suivante est toujours ardue à man£uvrer. On savait qu'on ne serait pas aussi compétitifs. Mais en début de saison, on a clairement enlevé cette pression. Au fil des rencontres, on s'est rendu compte qu'il manquait quelque chose. La motivation, comme je l'ai déjà exposé. Le comité sportif est finalement parvenu à mettre le doigt sur ce problème. Il était donc impossible d'espérer un bon niveau de jeu. Attention, mes propos ne constituent pas un jugement qui doit être justifié et expliqué mais bien un constat. Le comité sportif s'est réuni le lendemain de la défaite à Courtrai (2-1). Je ne m'y attendais pas vraiment. Le président Raymond Langendries est venu me voir et m'a fait la proposition. C'était quand même une petite surprise. J'avais opté pour Wachel et il n'était absolument pas dans mes ambitions de le remplacer. Oui, en très bons termes. Pour l'instant, j'essaye de ne pas me poser ces questions. Mais ça me trotte dans la tête de plus en plus. On verra quelle sera la meilleure solution pour le club et moi. Il est de toute façon trop tôt pour le savoir. C'est un des meilleurs du championnat. Si on retrouve l'enthousiasme, on peut faire des résultats. On se doit d'abord de rééquilibrer toutes les forces, les utiliser à bon escient et optimiser notre potentiel. Dès lors, on pourra peut-être renouer avec la victoire. Nous n'avons pas les moyens financiers de réaliser un mercato très actif. Peut-être que l'un ou l'autre joueur signera chez nous. A la condition que l'équipe y soit réceptive. Patrick Wachel : Mon état d'esprit est tout simplement celui d'un entraîneur qui vient de se faire limoger. J'estime mon licenciement un peu injuste. Je suis le bouc émissaire. C'est le premier terme qui me vient à l'esprit. Avant de limoger, je pense qu'il faut d'abord tout remettre en question. L'argument principal qui a été invoqué était le fait que j'étais trop professionnel. C'est assez étonnant, non ? J'ai été engagé par un club qui, à la base, souhaitait se structurer au niveau sportif. J'ai donc voulu instaurer le professionnalisme. Mais apparemment, certains voulaient finalement maintenir un aspect bon enfant. J'ai effectué quelques changements. On s'entraînait le samedi matin quand on jouait le dimanche. Ce n'est quand même pas anormal ! Même des équipes de D3 le font. Certains joueurs ont rechigné à faire de la musculation. On m'affirmé que ce devait être l'année de transition et de stabilisation. Financièrement, on n'avait pas non plus les moyens des autres équipes de D2. En faisant une évaluation du groupe, je me suis rendu compte que Tubize a joué au-dessus de ses moyens réels l'an passé. Yves Buelinckx marquait aussi comme il respirait. Les objectifs ont donc été implicitement revus à la hausse en cours de route. La D2 est pourtant une série très cyclique. A part Zulte-Waregem et l'Antwrep, toutes les équipes se valent. 26 buts, ce n'est pas mal mais on en a inscrit 13 sur trois matches ! Il me manquait donc un buteur. Cela aurait pu être Freddy Bula, qui se distinguait en Réserves. Mais le club n'a pas réussi à solutionner rapidement son problème au niveau administratif. Trois semaines auraient été amplement suffisantes pour le faire ; 15, c'est beaucoup trop ! On avait donc peur d'encaisser car on marquait difficilement. J'ai aussi observé une bipolarisation de mon noyau. Certains joueurs sont jeunes et ambitieux et rêvent d'accéder à la D1. D'autres étaient contents de leur sort et éprouvaient des difficultés à s'adapter aux contraintes du professionnalisme. Je suis très étonné qu'il ait déclaré qu'il manquait d'enthousiasme dans le groupe. Il y avait un magnifique engouement aux entraînements. Enzo l'a même affirmé devant le comité. Il m'a défendu. En fait, je n'en veux à personne. Par contre, une chose est sûre : quelques joueurs ont créé une mauvaise ambiance. Ceux qui ont été dérangés dans leur confort. La saison passée, ils avaient beaucoup de liberté. Par exemple, j'avais décidé qu'en déplacement, il n'y aurait pas lieu d'aller à la buvette. Une demi-heure pour la douche, puis rendez-vous dans le car pour le retour. Ils n'ont pas apprécié et quelques supporters non plus. Le professionnalisme constitue ma ligne de conduite. Mais attention, je vise une petite partie de mon noyau. Les autres étaient ambitieux. Suite à mon licenciement, j'ai été contacté par 11 de mes anciens joueurs. Ils m'ont tous affirmé qu'ils me soutenaient. Certains problèmes ont aussi bousculé les jeunes. Ce que je regrette plus particulièrement, c'est de ne pas avoir coupé quand j'ai eu l'occasion de le faire. C'est-à-dire que j'aurais dû me séparer d'un joueur. Il se reconnaîtra... J'ai énormément de respect pour Enzo Scifo. Et je ne veux pas croire ce que racontent les mauvaises langues. Je suis peut-être naïf mais je n'ose pas penser qu'il aurait calculé son coup. Une dizaine de personnes m'ont dit que c'était gros comme un camion. Mais quand l'explication d'un événement paraît si facile, il faut souvent chercher plus loin. En général, l'être humain ne réagit pas de manière binaire. Il est constamment en proie à des sentiments et à des appréciations. Tim Baete