Ce mercredi soir, à Thonon les Bains, Anderlecht affronte Lyon, le champion de France. Samedi, direction Londres pour un duel contre West Ham, pensionnaire de D2 anglaise. Ce seront là les dernières missions importantes des Bruxellois durant leur préparation à la prochaine saison, qu'ils entameront en championnat en se déplaçant à Mouscron. Suivront ensuite (déjà !) les duels du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, programmés les 10/11 août (aller) et 24/25 août (retour), dont Hugo Broos a fait l'un de ses principaux objectifs.

Anderlecht est paré pour entamer les hostilités. Les Mauves ont clôturé le dernier championnat avec 77 buts marqués contre 27 encaissés. Le club s'est renforcé pour faire au moins aussi bien. Non seulement les éléments essentiels du noyau ont été conservés, mais on y a ajouté du sang neuf, en la personne du gaucher français Fabrice Ehret et du Diable Rouge Mbo Mpenza. Ce dernier attise la concurrence en front de bandière, où Nenad Jestrovic est à présent complètement rétabli. Le Serbe n'avait inscrit que 6 buts et disputé à peine 11 rencontres. Sans oublier Aruna Dindane, l'Ivoirien, qui est lui aussi en pleine possession de ses moyens après quelques pépins physiques.

Aruna a collectionné toutes les récompenses individuelles la saison dernière : Soulier d'Or, Soulier d'Ebène et Footballeur Pro de l'Année. Il a faim de recommencer la saison : " Cette saison encore, Anderlecht doit obtenir le meilleur de moi-même. Je veux franchir le cap du premier tour en Ligue des Champions, chose que nous n'avons pas réussie l'an dernier, gagner la Coupe et faire mieux en championnat. Oui, vous lisez bien, je pense que nous avons davantage encore de possibilités, que nous pouvons jouer de manière plus variée et aligner chaque fois une équipe fraîche au coup d'envoi. La saison dernière, la fraîcheur n'était pas toujours présente, entre autres à cause des nombreux absents pour cause de blessure. Cela ne devrait plus arriver, parce qu'Anderlecht a livré du bon boulot cet été. Que la concurrence augmente, cela ne m'effraie absolument pas : la concurrence est la meilleure façon de progresser. Celui qui veut devenir meilleur ne demande pas mieux que l'arrivée de bons joueurs qui titillent sa place de titulaire. Bien sûr, la déception est au rendez-vous lorsque vous n'êtes pas repris, et c'est normal. Le tout est alors de conserver son calme ".

" Anderlecht n'est pas Dindane "

L'attaque anderlechtoise est composée de joueurs qui sont tous internationaux : Jestrovic, Mpenza, Aruna, le Coréen Ki-Hyeon Seol et éventuellement la solution suédoise de rechange Christian Wilhelmsson.

" Cela démontre quand même la qualité du groupe ", dit Aruna. " C'est comme ça dans les grandes équipes. Lorsqu'on examine notre noyau actuel, on doit se dire que le Sporting est devenu un grand club. Nous avons encore du chemin à parcourir, mais l'écart avec les grands d'Europe se résorbe. Les venues d'Ehret et de Mpenza sont une bonne chose, aussi bien pour le club que pour les joueurs. En effet, un club qui se porte bien fait plus facilement parler de lui et des individualités qui le composent. Un Anderlecht fort qui arrive loin, c'est bon pour tout le monde : le club, les joueurs, les spectateurs et la Belgique ".

Anderlecht a davantage de possibilités en attaque que l'an dernier. Aruna s'attend-il à une équipe plus offensive ? " Anderlecht disposait, avec Bruges, de la meilleure ligne d'attaque du pays. Je n'ai jamais compris les critiques disant que nous jouions de manière trop défensive ou attentiste. Je pense que nous adopterons le même schéma que la précédente saison, car l'entraîneur est resté le même. Nous jouerons donc comme il nous demandera de jouer ".

Aruna cite les récents succès de Porto en Ligue des Champions et de la Grèce à l'EURO : " Pour les supporters, ce ne sont peut-être pas les matches les plus passionnants, mais on ne peut ignorer le succès de ces équipes. Je crains que le football au sommet soit ainsi. Il en va de l'organisation et du rendement et à ce niveau les deux onze précités ont tous les mérites ".

Aruna ne prêche-t-il pas contre sa chapelle ? " Le joueur créatif souhaite en effet que le jeu faisant appel à la créativité soit récompensé. J'aimerais que les équipes qui offrent du beau football aillent le plus loin possible mais en réalité ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent. Mes propos peuvent paraître décevants, mais c'est comme ça. La saison dernière, nous évoluions toujours avec deux attaquants, mais Nenad revenait de blessure et Oleg Iachtchouk sortait d'un très long tunnel fait de nombreux pépins physiques. La pression offensive n'était dès lors pas constante et je pense que c'est ce qui a poussé les recruteurs du club à se tourner vers davantage de solutions en attaque. Les choses ne peuvent donc aller qu'en s'améliorant ".

Aruna se voit lui-même former un bon duo avec Mpenza : " Je le pense, en effet. Mais il y a plusieurs possibilités : Mbo-Aruna ou Mbo- Jestro. C'est important qu'il y ait des alternatives. La saison dernière, mon deuxième tour fut de moindre qualité parce que mon physique avait été trop éprouvé. J'avais beaucoup joué et ça m'avait cassé. On ne pouvait pas jouer l'alternance vu que Jestrovic était blessé. Cette fois, ce sera différent. Anderlecht n'est pas Aruna. La saison passée, d'ailleurs, l'équipe a gagné des matches importants en mon absence. Aucun footballeur ne conserve le même niveau durant une saison entière. Je trouve seulement dommage que peu de gens comprennent cela. Mon deuxième tour ne fut pas aussi catastrophique que ce que certains ont voulu faire croire. Au premier tour, tout nous réussissait, à moi comme à l'équipe. Après, cela a été moins bien et cela s'est tout de suite remarqué ".

Il attend surtout beaucoup de la Ligue des Champions : " Nous avons prouvé l'an dernier ce dont nous sommes capables à ce niveau. Il y avait un sentiment de profonde déception lors de notre élimination. J'avais l'impression que nous pouvions aller plus loin. En fait, nous avons été éliminés par deux penalties stupides en déplacement et un but dans les dernières minutes, à domicile contre le Bayern. Si nous parvenons à éviter ce genre de situation, tous les espoirs sont permis ".

" Le foot c'est mental "

Si Aruna semble pouvoir dormir sur ses deux oreilles en ce qui concerne sa place de titulaire, il en va autrement pour Jestrovic. Le Serbe n'a pas encore totalement répondu à l'attente à Bruxelles et, la saison passée, une blessure au genou le tint longtemps écarté des terrains. Ensuite, il inscrivit six roses en onze rencontres, faisant dire à Broos qu'il allait devoir prouver à nouveau sa valeur...

" Je me sens très bien ", prétend Jestrogol. " Beaucoup mieux qu'il y a quelques mois. On ne peut pas exiger d'un joueur qui a été blessé six mois de revenir directement au top. Je vais devoir affronter la concurrence car Mbo est un renfort de gros calibre. Sur papier, Anderlecht est plus costaud mais je pense qu'il est illusoire de se baser uniquement sur la théorie. Les résultats ne viennent pas automatiquement. La conclusion, c'est qu'en effet nous sommes trois bons attaquants pour deux places. A l'entraîneur de faire son choix ".

Estime-t-il qu'Anderlecht doit jouer de manière plus débridée ? " La saison qui s'est achevée, nous avons joué comme nous devions le faire. Peut-être plus défensivement que ce qu'on attendait, mais parfaitement en contre. L'entraîneur va devoir décider s'il adopte la même tactique. Je suis un joueur, je peux difficilement décider à sa place. Seulement, j'estime qu'il y a des leçons à tirer de l'EURO portugais. Anderlecht doit jouer au foot à la grecque. Dans le sens où, si nous nous battons pour chaque ballon, de manière disciplinée et groupée, en concrétisant nos occasions de but, nous irons très loin. Dans chaque compartiment du jeu, nous disposons des pions de haute qualité. Je dis que nous devons même regarder plus loin que le deuxième tour en Ligue des Champions. Le foot et les résultats sont dans la tête, jouer au foot au top est une question de mental. Cela dit, après les triomphes de la Grèce et de Porto, je suis curieux de voir si la tendance de jouer à trois à l'arrière avec un libero va se maintenir. Je ne pense pas que nous devions adopter cette tactique. Nous devons apporter un foot offensif, la Grèce a juste prouvé qu'on pouvait aller loin avec un bloc soudé... Anderlecht n'a rien à copier des Grecs en ce qui concerne l'occupation du terrain, mais bien en ce qui concerne la mentalité. Je le répète, celui qui est fort dans sa tête arrive loin ".

Les deux compères d'attaque du Sporting l'an dernier, Aruna Dindane et Nenad Jestrovic, ont connu un été chargé avec leur équipe nationale. Jestrovic se présenta bien à la reprise des entraînements du club, mais pour repartir tout de suite, direction le Japon et la Kirin Cup avec la Serbie & Monténégro. Les Serbes figurent d'ailleurs parmi les adversaires des Diables dans le groupe éliminatoire en vue de la Coupe du Monde 2006. Quant à Aruna, il a disputé avec la Côte d'Ivoire des rencontres qualificatives pour la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) et pour la Coupe du Monde 2006.

Jestrovic : " Nous avons gagné 2-0 contre la Slovaquie, dont un but personnel, et perdu 1-0 face au Japon. Nous avons manqué de chance, ratant de réelles occasions. C'était un bon tournoi mais je trouve que nous devions trop voyager. L'avion pendant douze heures jusqu'à l'Archipel, puis jouer à midi à Fukuoka, ensuite voler vers Yokohama, y jouer tard et rentrer en Europe. C'était une semaine éprouvante, aussi à cause de la chaleur et de l'humidité ".

Dindane : " J'ai joué trois matches en un mois. Nous avons vaincu la Libye et l'Egypte mais perdu contre le Cameroun. Pour la CAN, les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés, ce qui devrait être normalement acquis pour nous. Pour la Coupe du Monde 2006, ce sera une autre paire de manches, car seuls les gagnants des groupes sont qualifiés. En ce moment, nous comptons un point de retard par rapport au Cameroun. Nous devrons donc remporter notre rencontre à domicile face aux Lions Indomptables. Après toutes ces rencontres, Hugo Broos m'a accordé une semaine et demie de congé supplémentaire. C'est pour ça que j'ai repris plus tard que les autres ".

Malgré l'intérêt affirmé de nombreux clubs, Aruna Dindane et NenadJestrovic sont toujours à Bruxelles. Aruna : " Un journaliste français m'a appelé. Il voulait vérifier si l'intérêt de Nantes à mon égard était réel. Aucune idée, je n'ai rien entendu des Canaris. L'intérêt de Portsmouth serait plus concret, mais je ne peux pas partir. J'essaie de ne pas avoir ça en tête et de me concentrer sur Anderlecht. Je me sens très bien ici, j'ai beaucoup d'amis, je jouerai peut-être à nouveau la Ligue des Champions. Donc, au plan sportif je ne veux pas partir absolument. Mais si un club me veut vraiment, je suis ouvert. Beaucoup me posent la question de savoir ce que je fais encore à Bruxelles. Footballeur Pro, Soulier d'Or, Soulier d'Ebène, ce sont des distinctions individuelles mais moi je veux gagner des trophées avec l'équipe. Je pense que pour Anderlecht c'est maintenant ou jamais. Vincent Kompany a gagné un an, moi-même je n'ai que 23 ans. Bref, le noyau doit être prêt ".

Jestrovic : " Tout était presque réglé avec Besiktas, jusqu'au départ, vers le 20 mai, de l'entraîneur Mircea Lucescu au Shakhtar Donetsk. Le nouvel entraîneur du club stambouliote hésita à m'acheter. Lucescu est lui aussi revenu à la charge pour son nouveau club mais une aventure ukrainienne ne me tente pas. La vie est meilleure ici. Je n'ai d'ailleurs jamais dit que je voulais absolument partir, même si les choses peuvent aller très vite. J'ai disputé de bonnes rencontres avec mon équipe nationale au Japon, peut-être qu'un club nippon va m'appeler ! "

Peter T'Kint

" Cette saison, NOUS POUVONS ALIGNER une équipe fraîche à chaque match " (Aruna)

" Anderlecht doit JOUER AU FOOT à la grecque " (Jestrogol)

Ce mercredi soir, à Thonon les Bains, Anderlecht affronte Lyon, le champion de France. Samedi, direction Londres pour un duel contre West Ham, pensionnaire de D2 anglaise. Ce seront là les dernières missions importantes des Bruxellois durant leur préparation à la prochaine saison, qu'ils entameront en championnat en se déplaçant à Mouscron. Suivront ensuite (déjà !) les duels du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, programmés les 10/11 août (aller) et 24/25 août (retour), dont Hugo Broos a fait l'un de ses principaux objectifs. Anderlecht est paré pour entamer les hostilités. Les Mauves ont clôturé le dernier championnat avec 77 buts marqués contre 27 encaissés. Le club s'est renforcé pour faire au moins aussi bien. Non seulement les éléments essentiels du noyau ont été conservés, mais on y a ajouté du sang neuf, en la personne du gaucher français Fabrice Ehret et du Diable Rouge Mbo Mpenza. Ce dernier attise la concurrence en front de bandière, où Nenad Jestrovic est à présent complètement rétabli. Le Serbe n'avait inscrit que 6 buts et disputé à peine 11 rencontres. Sans oublier Aruna Dindane, l'Ivoirien, qui est lui aussi en pleine possession de ses moyens après quelques pépins physiques. Aruna a collectionné toutes les récompenses individuelles la saison dernière : Soulier d'Or, Soulier d'Ebène et Footballeur Pro de l'Année. Il a faim de recommencer la saison : " Cette saison encore, Anderlecht doit obtenir le meilleur de moi-même. Je veux franchir le cap du premier tour en Ligue des Champions, chose que nous n'avons pas réussie l'an dernier, gagner la Coupe et faire mieux en championnat. Oui, vous lisez bien, je pense que nous avons davantage encore de possibilités, que nous pouvons jouer de manière plus variée et aligner chaque fois une équipe fraîche au coup d'envoi. La saison dernière, la fraîcheur n'était pas toujours présente, entre autres à cause des nombreux absents pour cause de blessure. Cela ne devrait plus arriver, parce qu'Anderlecht a livré du bon boulot cet été. Que la concurrence augmente, cela ne m'effraie absolument pas : la concurrence est la meilleure façon de progresser. Celui qui veut devenir meilleur ne demande pas mieux que l'arrivée de bons joueurs qui titillent sa place de titulaire. Bien sûr, la déception est au rendez-vous lorsque vous n'êtes pas repris, et c'est normal. Le tout est alors de conserver son calme ". L'attaque anderlechtoise est composée de joueurs qui sont tous internationaux : Jestrovic, Mpenza, Aruna, le Coréen Ki-Hyeon Seol et éventuellement la solution suédoise de rechange Christian Wilhelmsson. " Cela démontre quand même la qualité du groupe ", dit Aruna. " C'est comme ça dans les grandes équipes. Lorsqu'on examine notre noyau actuel, on doit se dire que le Sporting est devenu un grand club. Nous avons encore du chemin à parcourir, mais l'écart avec les grands d'Europe se résorbe. Les venues d'Ehret et de Mpenza sont une bonne chose, aussi bien pour le club que pour les joueurs. En effet, un club qui se porte bien fait plus facilement parler de lui et des individualités qui le composent. Un Anderlecht fort qui arrive loin, c'est bon pour tout le monde : le club, les joueurs, les spectateurs et la Belgique ". Anderlecht a davantage de possibilités en attaque que l'an dernier. Aruna s'attend-il à une équipe plus offensive ? " Anderlecht disposait, avec Bruges, de la meilleure ligne d'attaque du pays. Je n'ai jamais compris les critiques disant que nous jouions de manière trop défensive ou attentiste. Je pense que nous adopterons le même schéma que la précédente saison, car l'entraîneur est resté le même. Nous jouerons donc comme il nous demandera de jouer ". Aruna cite les récents succès de Porto en Ligue des Champions et de la Grèce à l'EURO : " Pour les supporters, ce ne sont peut-être pas les matches les plus passionnants, mais on ne peut ignorer le succès de ces équipes. Je crains que le football au sommet soit ainsi. Il en va de l'organisation et du rendement et à ce niveau les deux onze précités ont tous les mérites ". Aruna ne prêche-t-il pas contre sa chapelle ? " Le joueur créatif souhaite en effet que le jeu faisant appel à la créativité soit récompensé. J'aimerais que les équipes qui offrent du beau football aillent le plus loin possible mais en réalité ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent. Mes propos peuvent paraître décevants, mais c'est comme ça. La saison dernière, nous évoluions toujours avec deux attaquants, mais Nenad revenait de blessure et Oleg Iachtchouk sortait d'un très long tunnel fait de nombreux pépins physiques. La pression offensive n'était dès lors pas constante et je pense que c'est ce qui a poussé les recruteurs du club à se tourner vers davantage de solutions en attaque. Les choses ne peuvent donc aller qu'en s'améliorant ". Aruna se voit lui-même former un bon duo avec Mpenza : " Je le pense, en effet. Mais il y a plusieurs possibilités : Mbo-Aruna ou Mbo- Jestro. C'est important qu'il y ait des alternatives. La saison dernière, mon deuxième tour fut de moindre qualité parce que mon physique avait été trop éprouvé. J'avais beaucoup joué et ça m'avait cassé. On ne pouvait pas jouer l'alternance vu que Jestrovic était blessé. Cette fois, ce sera différent. Anderlecht n'est pas Aruna. La saison passée, d'ailleurs, l'équipe a gagné des matches importants en mon absence. Aucun footballeur ne conserve le même niveau durant une saison entière. Je trouve seulement dommage que peu de gens comprennent cela. Mon deuxième tour ne fut pas aussi catastrophique que ce que certains ont voulu faire croire. Au premier tour, tout nous réussissait, à moi comme à l'équipe. Après, cela a été moins bien et cela s'est tout de suite remarqué ". Il attend surtout beaucoup de la Ligue des Champions : " Nous avons prouvé l'an dernier ce dont nous sommes capables à ce niveau. Il y avait un sentiment de profonde déception lors de notre élimination. J'avais l'impression que nous pouvions aller plus loin. En fait, nous avons été éliminés par deux penalties stupides en déplacement et un but dans les dernières minutes, à domicile contre le Bayern. Si nous parvenons à éviter ce genre de situation, tous les espoirs sont permis ". Si Aruna semble pouvoir dormir sur ses deux oreilles en ce qui concerne sa place de titulaire, il en va autrement pour Jestrovic. Le Serbe n'a pas encore totalement répondu à l'attente à Bruxelles et, la saison passée, une blessure au genou le tint longtemps écarté des terrains. Ensuite, il inscrivit six roses en onze rencontres, faisant dire à Broos qu'il allait devoir prouver à nouveau sa valeur... " Je me sens très bien ", prétend Jestrogol. " Beaucoup mieux qu'il y a quelques mois. On ne peut pas exiger d'un joueur qui a été blessé six mois de revenir directement au top. Je vais devoir affronter la concurrence car Mbo est un renfort de gros calibre. Sur papier, Anderlecht est plus costaud mais je pense qu'il est illusoire de se baser uniquement sur la théorie. Les résultats ne viennent pas automatiquement. La conclusion, c'est qu'en effet nous sommes trois bons attaquants pour deux places. A l'entraîneur de faire son choix ". Estime-t-il qu'Anderlecht doit jouer de manière plus débridée ? " La saison qui s'est achevée, nous avons joué comme nous devions le faire. Peut-être plus défensivement que ce qu'on attendait, mais parfaitement en contre. L'entraîneur va devoir décider s'il adopte la même tactique. Je suis un joueur, je peux difficilement décider à sa place. Seulement, j'estime qu'il y a des leçons à tirer de l'EURO portugais. Anderlecht doit jouer au foot à la grecque. Dans le sens où, si nous nous battons pour chaque ballon, de manière disciplinée et groupée, en concrétisant nos occasions de but, nous irons très loin. Dans chaque compartiment du jeu, nous disposons des pions de haute qualité. Je dis que nous devons même regarder plus loin que le deuxième tour en Ligue des Champions. Le foot et les résultats sont dans la tête, jouer au foot au top est une question de mental. Cela dit, après les triomphes de la Grèce et de Porto, je suis curieux de voir si la tendance de jouer à trois à l'arrière avec un libero va se maintenir. Je ne pense pas que nous devions adopter cette tactique. Nous devons apporter un foot offensif, la Grèce a juste prouvé qu'on pouvait aller loin avec un bloc soudé... Anderlecht n'a rien à copier des Grecs en ce qui concerne l'occupation du terrain, mais bien en ce qui concerne la mentalité. Je le répète, celui qui est fort dans sa tête arrive loin ". Les deux compères d'attaque du Sporting l'an dernier, Aruna Dindane et Nenad Jestrovic, ont connu un été chargé avec leur équipe nationale. Jestrovic se présenta bien à la reprise des entraînements du club, mais pour repartir tout de suite, direction le Japon et la Kirin Cup avec la Serbie & Monténégro. Les Serbes figurent d'ailleurs parmi les adversaires des Diables dans le groupe éliminatoire en vue de la Coupe du Monde 2006. Quant à Aruna, il a disputé avec la Côte d'Ivoire des rencontres qualificatives pour la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) et pour la Coupe du Monde 2006. Jestrovic : " Nous avons gagné 2-0 contre la Slovaquie, dont un but personnel, et perdu 1-0 face au Japon. Nous avons manqué de chance, ratant de réelles occasions. C'était un bon tournoi mais je trouve que nous devions trop voyager. L'avion pendant douze heures jusqu'à l'Archipel, puis jouer à midi à Fukuoka, ensuite voler vers Yokohama, y jouer tard et rentrer en Europe. C'était une semaine éprouvante, aussi à cause de la chaleur et de l'humidité ". Dindane : " J'ai joué trois matches en un mois. Nous avons vaincu la Libye et l'Egypte mais perdu contre le Cameroun. Pour la CAN, les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés, ce qui devrait être normalement acquis pour nous. Pour la Coupe du Monde 2006, ce sera une autre paire de manches, car seuls les gagnants des groupes sont qualifiés. En ce moment, nous comptons un point de retard par rapport au Cameroun. Nous devrons donc remporter notre rencontre à domicile face aux Lions Indomptables. Après toutes ces rencontres, Hugo Broos m'a accordé une semaine et demie de congé supplémentaire. C'est pour ça que j'ai repris plus tard que les autres ". Malgré l'intérêt affirmé de nombreux clubs, Aruna Dindane et NenadJestrovic sont toujours à Bruxelles. Aruna : " Un journaliste français m'a appelé. Il voulait vérifier si l'intérêt de Nantes à mon égard était réel. Aucune idée, je n'ai rien entendu des Canaris. L'intérêt de Portsmouth serait plus concret, mais je ne peux pas partir. J'essaie de ne pas avoir ça en tête et de me concentrer sur Anderlecht. Je me sens très bien ici, j'ai beaucoup d'amis, je jouerai peut-être à nouveau la Ligue des Champions. Donc, au plan sportif je ne veux pas partir absolument. Mais si un club me veut vraiment, je suis ouvert. Beaucoup me posent la question de savoir ce que je fais encore à Bruxelles. Footballeur Pro, Soulier d'Or, Soulier d'Ebène, ce sont des distinctions individuelles mais moi je veux gagner des trophées avec l'équipe. Je pense que pour Anderlecht c'est maintenant ou jamais. Vincent Kompany a gagné un an, moi-même je n'ai que 23 ans. Bref, le noyau doit être prêt ". Jestrovic : " Tout était presque réglé avec Besiktas, jusqu'au départ, vers le 20 mai, de l'entraîneur Mircea Lucescu au Shakhtar Donetsk. Le nouvel entraîneur du club stambouliote hésita à m'acheter. Lucescu est lui aussi revenu à la charge pour son nouveau club mais une aventure ukrainienne ne me tente pas. La vie est meilleure ici. Je n'ai d'ailleurs jamais dit que je voulais absolument partir, même si les choses peuvent aller très vite. J'ai disputé de bonnes rencontres avec mon équipe nationale au Japon, peut-être qu'un club nippon va m'appeler ! " Peter T'Kint" Cette saison, NOUS POUVONS ALIGNER une équipe fraîche à chaque match " (Aruna) " Anderlecht doit JOUER AU FOOT à la grecque " (Jestrogol)