Sept points d'avance sur Lokeren à quatre journées de la fin du championnat et avec un programme nettement moins corsé (GBA, Lommel, La Louvière et Beveren contre Mons, Bruges, le Lierse et St-Trond pour les Waeslandiens): il faudrait un miracle, désormais pour qu'Anderlecht ne mette pas le grappin sur la deuxième place qualificative pour les préliminaires de la Ligue des Champions 2003-04.
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Sept points d'avance sur Lokeren à quatre journées de la fin du championnat et avec un programme nettement moins corsé (GBA, Lommel, La Louvière et Beveren contre Mons, Bruges, le Lierse et St-Trond pour les Waeslandiens): il faudrait un miracle, désormais pour qu'Anderlecht ne mette pas le grappin sur la deuxième place qualificative pour les préliminaires de la Ligue des Champions 2003-04.A Daknam, les Sportingmen, victorieux par 0-5, ont tout bonnement poursuivi sur leur lancée des dernières semaines en obtenant un cinglant huitième succès de rang, ce qui ne leur était plus arrivé depuis dix ans.Olivier Doll: Nous avons prouvé face à Lokeren que nous n'usurpions pas notre position. Compte tenu d'un calendrier plus favorable par rapport à notre adversaire, il serait franchement impardonnable de laisser filer notre acquit. Au contraire, nous devons essayer de maintenir notre invincibilité jusqu'au terme de la saison. Ce serait la plus belle manière de remettre les pendules à l'heure après les errances qui ont malheureusement jalonné notre parcours durant une grande partie de cette compétition. Le déclic, ce fut notre défaite à Mouscron. Ce soir-là, au Canonnier, nous étions manifestement tombés bien bas face à une formation qui nous avait toujours souri dans ses installations. Ce revers, qui faisait suite lui-même à une prestation des plus pâles au Panathinaïkos, nous poussa à une introspection salutaire. Il n'était vraiment plus possible de continuer de la sorte, sans quoi la pérennité européenne du club risquait tout bonnement d'être menacée la saison prochaine. Après ce double couac, l'équipe s'était d'abord rachetée face aux Grecs, livrant un formidable baroud d'honneur. Puis, elle a confirmé ces bonnes dispositions en championnat avec la suite heureuse que l'on sait.Après une brève apparition en fin de match contre l'Antwerp, à la mi-février, vous aviez été titularisé pour la toute première fois lors de la venue des Athéniens à Bruxelles. Depuis ce soir-là, Anderlecht n'a plus perdu.C'est un constat qui fait évidemment plaisir. Mais mon repêchage après une longue période de galère, pour cause de blessure, n'explique sûrement pas tout. Davantage que ma propre introduction au poste de latéral droit, d'autres facteurs ont contribué à ce nouvel élan. Je citerai en premier lieu le recours, immuable à partir de là, au 4-4-2, alors que le système avait changé à plus d'une reprise au gré des circonstances. D'autre part, je m'en voudrais de ne pas mettre en exergue aussi le punch retrouvé de nos attaquants: Nenad Jestrovic et, surtout, d'Aruna Dindane, très en verve ces dernières semaines.Le Sporting n'avait plus aligné une séquence de huit succès de rang depuis la campagne 1993-94, à l'époque où il disputait la Ligue des Champions sous la houlette de Johan Boskamp. Est-ce à dire que la génération actuelle peut à nouveau s'éveiller aux plus hautes ambitions?Une série n'est pas l'autre, à près d'une décennie d'intervalle, même si celle que nous venons de réussir ne manque pas d'attrait puisque le RSCA a quand même pris tour à tour la mesure de Charleroi, Genk, Mons, Bruges, le Lierse, le Standard et St-Trond et Lokeren Ce programme était d'autant plus corsé que nous avions dû négocier ces joutes après avoir pris connaissance du résultat forgé par Lokeren. Une seule fois les joueurs de Paul Put ont dû se produire après nous: la semaine dernière, au Mambourg. Et, comme par hasard, ils succombèrent à la pression cette fois-là. Ce détail en dit long sur la force morale du Sporting actuel. Quant à savoir si nous sommes plus performants aujourd'hui que par le passé, je laisserai cette appréciation à d'autres, tant il me paraît difficile de comparer à travers le temps.Avec Aimé Anthuenis, Anderlecht tirait sa force d'une bonne organisation d'ensemble sur laquelle se greffait la percussion du duo formé de Jan Koller et Tomasz Radzinski. Ne discerne-t-on pas les mêmes similitudes aujourd'hui?Si Aruna Dindane et Nenad Jestrovic avaient pu disputer tous les matches côte à côte, depuis le début de la saison, comme le Tchèque et le Canadien l'avaient fait il y a deux ans, c'est sûr qu'ils auraient occupé tous deux une position enviable au classement des buteurs et que Bruges n'aurait pas été assuré du titre à l'heure actuelle. Par rapport à nous, le Club a profité d'un fonds de jeu, rôdé depuis plusieurs années, pour faire la différence. Le style des Bleu et Noir a beau ne pas être toujours chatoyant, il n'en est pas moins très efficace. Dans un certain sens, nous nous en sommes d'ailleurs inspirés nous-mêmes, à dater de ce retour contre le Pana. Depuis ce moment, sans vraiment réaliser des matches d'anthologie, nous avons chaque fois pris le dessus en n'abandonnant que peu de chances à l'adversaire. La preuve: nous n'avons encaissé que trois petits buts au cours de nos huit derniers matches. Pas mal, on en conviendra, pour une défense qui a souvent été montrée du doigt cette saison et qui, finalement, fait montre d'une même solidité que celle de Bruges avec ses 29 buts encaissés."Je ne suis pas Cafu"Latéral, ce n'est peut-être pas ma place de prédilection, même si je l'ai déjà occupée pour pourvoir à un remplacement, tantôt à droite, tantôt à gauche. Loin de moi, toutefois, l'idée de faire la fine bouche. Je reviens de tellement loin que j'aurais tort de ne pas apprécier à sa juste mesure ce bonheur. Vous ne pouvez imaginer à quel point il est grisant de jouer en Première quand, comme moi, vous avez été privé de football durant tant de mois. Dès lors, la fonction, dans ce contexte, devient pour ainsi dire anecdotique. A la limite, j'avais encore moins à perdre dans un rôle qui n'est pas le mien que si j'avais retrouvé mes attributions habituelles au coeur de la défense. Je n'ai peut-être pas les réflexes d'un arrière droit typique. Mais je n'ai pas le sentiment non plus d'être passé à côté de mon sujet jusqu'à présent. D'un point de vue strictement défensif, je n'ai pas lâché grand-chose vis-à-vis de mon adversaire direct. Mais je suis conscient qu'en matière de contribution offensive, je puis encore conférer plus à l'équipe. Ceci dit, je ne suis pas et je ne serai jamais Cafu, c'est certain (il rit).A un moment donné, la défense anderlechtoise était articulée autour de quatre stoppeurs de formation: Glen De Boeck, Hannu Tihinen, Aleksandar Ilic et vous-même. Pas vraiment l'idéal, aux dires des puristes.Ce n'est peut-être pas une configuration de rêve, c'est exact. Mais, à choisir, je préfère quatre arrières centraux pour les quatre places à pourvoir plutôt qu'autant de backs. Davantage que les latéraux, qui sont bien souvent encore des ailiers reconvertis et, par là même, imprégnés d'une mission à dominante offensive, les marqueurs, pour leur part, valent surtout par leurs qualités défensives. Or, désolé, le propre d'un arrière reste, avant tout, de défendre. Peut-être certains esprits chagrins ne le conçoivent-ils pas de la sorte. Mais, pour moi, c'est bel et bien ainsi. D'ailleurs, il est symptomatique de constater que c'est depuis qu'Anderlecht a resserré sa garde, ces dernières semaines, qu'il a emmagasiné un maximum de points. Dès cet instant, nous n'avons jamais été aussi performants.En raison du roulement perceptible au back droit, ne redoutez-vous pas de n'être qu'un intermédiaire, vous aussi?Je ne fais pas office de certitude pour les années à venir, c'est certain. Mais j'ai appris à ne pas tirer de plans sur la comète. Je conjugue au présent, jamais au futur. Dans l'immédiat, ma seule préoccupation consiste donc à défendre chèrement ma peau au poste qui est le mien, et d'aider Anderlecht à terminer deuxième du championnat. Pour avoir connu tant de poisse dans ma carrière, je savoure sans doute beaucoup plus que d'autres ce que je vis maintenant. Aussi, je ne m'embrouille pas l'esprit en me demandant avec anxiété si cette place me sera toujours réservée demain. Aujourd'hui suffit à mon bonheur."Je n'ai jamais démérité"Seule la direction me paraît habilitée à répondre à cette question. Peut-elle désire-t-elle se prémunir simplement en prévision d'éventuels coups durs car je n'ai pas toujours été pleinement opérationnel depuis mon arrivée au Parc Astrid pendant l'été 1994. Depuis cette lointaine époque, je n'ai toutefois pas l'impression, non plus, d'avoir démérité. Auquel cas les dirigeants ne m'auraient pas invité à rempiler pour quatre ans en 2000. Il me reste donc une année de contrat, à la faveur de laquelle j'espère être délivré pour de bon de tout tourment afin de pouvoir ambitionner sereinement la suite de ma carrière, à Anderlecht ou ailleurs le cas échéant.Dans quelques mois, malgré vos 30 ans tout juste, vous ferez figure de doyen parmi les anciens, au stade Constant Vanden Stock, puisque deux figures emblématiques du club, Filip De Wilde et Bertrand Crasson auront quitté le RSCA entre-temps. Au même titre que d'autres, vraisemblablement, comme Gilles De Bilde, Ivica Mornar, Aleksandar Ilic voire Nenad Jestrovic, coupables tantôt d'un rendement insuffisant ou d'un comportement laissant à désirer. Vous, neuf ans après, vous êtes toujours là. Et vous n'êtes nullement la cible des critiques en haut lieu. Comment l'expliquez-vous?Peut-être parce que je me suis toujours donné à fond. Contrairement à d'autres, qui peuvent tabler sur leur talent, je suis tributaire de mon caractère sur le terrain. Sans mon tempérament, je serais mort depuis longtemps, comme footballeur s'entend. Cette attitude m'aura valu une belle carrière, que j'espère fermement prolonger pendant quelques années encore.Un autre ancien est sur le point de revenir: Pär Zetterberg, dont on connaît l'attachement au RSCA. Avez-vous développé vous-même, après toutes ces années, une fibre anderlechtoise semblable?Je suis d'autant plus attaché à la maison mauve que malgré mes origines liégeoises, je n'ai jamais flashé particulièrement, dans mon jeune âge, pour un club de la Cité Ardente, même si j'ai joué à Seraing. Quand j'accompagnais mon père au stade c'était pour voir Simon Tahamata, pour qui j'avais beaucoup d'admiration. Je ne me doutais pas encore un seul moment, à cette époque, que j'allais être un jour confronté à lui sur les terrains. C'était un fameux client, il n'y a pas à dire.Des artistes de sa trempe, on n'en dénombre plus vraiment sur nos terrains, non?J'en vois quand même un de cette dimension: Aruna Dindane, que j'ai la chance d'avoir comme partenaire et non comme adversaire. Franchement, c'est une aubaine de jouer dans le même couloir que lui. Il suffit de balancer un bon ballon par-dessus la ligne médiane et l'Ivoirien fait le reste, quel que soit le point de chute du cuir. Avec lui, je joue réellement comme dans un fauteuil. Aussi, je n'ai qu'un souhait: pourvu que ça dure (ilrit). Bruno Govers"Sans mon tempérament, je serais mort depuis longtemps"