1 Tu viens de refuser un contrat à Mouscron pour aller à l'Antwerp. La D1, ça se refuse quand on a 33 ans ?

Ce n'est pas non plus comme si je n'avais jamais goûté à la D1. OK, je pouvais la retrouver si je signais à Mouscron, mais je ne le sentais pas. Quand on était en contact, l'équipe n'était pas construite, on ne savait pas qui allait entraîner, il y avait toujours des doutes sur la licence. Tout ça me semblait fort aléatoire. J'ai préféré signer pour un club mythique qui me proposait un contrat de deux ans alors que je ne recevais qu'une seule saison à Mouscron. Je ne suis pas à Heist ou à Dessel, je suis à l'Antwerp !
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Ce n'est pas non plus comme si je n'avais jamais goûté à la D1. OK, je pouvais la retrouver si je signais à Mouscron, mais je ne le sentais pas. Quand on était en contact, l'équipe n'était pas construite, on ne savait pas qui allait entraîner, il y avait toujours des doutes sur la licence. Tout ça me semblait fort aléatoire. J'ai préféré signer pour un club mythique qui me proposait un contrat de deux ans alors que je ne recevais qu'une seule saison à Mouscron. Je ne suis pas à Heist ou à Dessel, je suis à l'Antwerp ! Je sais que ça fait un paquet d'années. Mais il y a aujourd'hui un vrai projet sportif là-bas avec Patrick Decuyper. J'ai analysé son CV avant de signer. C'est quand même l'homme qui a failli transformer Zulte Waregem en champion de Belgique ! Il construit une toute grosse équipe pour enfin remonter à la fin de cette saison ou un an plus tard. Ce challenge, je le sens, à fond ! J'ai joué devant les meilleurs supporters de Wallonie quand j'étais au Standard, j'ai connu les meilleurs de Flandre quand j'étais à Bruges, maintenant je vais côtoyer les meilleurs de D2. Si on réussit notre départ, on peut déplacer 10.000 ou 12.000 personnes à chaque match chez nous. Je préfère jouer la montée devant une grosse foule avec l'Antwerp que le maintien dans un stade vide avec Mouscron. Ça reste un rêve, je ne le cache pas. Finir où j'ai commencé, ce serait chouette. Mais je dois garder les pieds sur terre. Avec l'équipe que Charleroi a construite, je pense qu'on n'a plus trop besoin de moi là-bas. Ceux qui y sont aujourd'hui sont probablement plus forts que moi. Et ça ne sert à rien de donner un contrat à un gars de 33 ans qui serait 18e ou 19e joueur. Peut-être que je retournerai un jour dans ce club, dans une autre fonction ? 7 sur 10, je pense que c'est une cote qui correspond à mon parcours. Ça ne s'est pas bien terminé à Caen parce qu'on est descendus mais j'ai joué 21 matches sur 38 en Ligue 1 et j'aurais fait encore mieux si je n'avais pas été blessé. Avec Bruges, j'ai affronté le Bayern et la Juventus en Ligue des Champions, par exemple. J'avais la confiance de Jan Ceulemans mais je n'entrais pas dans les plans d'Emilio Ferrera. Et au Standard, mon année avec Michel Preud'homme a été très bonne. En étant arrivé après quatre matches de championnat et en ayant été blessé pour les quatre derniers, j'en ai disputé une grosse vingtaine et j'ai donc bien participé au titre, en ayant comme équipiers quelques joueurs exceptionnels. Après, Laszlo Bölöni est arrivé et il ne comptait pas sur moi, c'est le foot. Mais au final, je ne peux vraiment pas me plaindre de ce que j'ai fait. Grégory Dufer (33 ans) vient de signer un contrat à l'Antwerp. Il a joué pour Charleroi, Caen, Bruges, Lokeren, le Standard, Tubize, Saint-Trond et Seraing United. 5 sélections chez les Diables en 2004. PAR PIERRE DANVOYEGrégory Dufer " Je préfère jouer la montée devant une grosse foule avec l'Antwerp que le maintien dans un stade vide avec Mouscron. "