Le joueur de la finale a été le jeune attaquant belge de Genk Marvin Ogunjimi, 21 ans, auteur des deux buts, mais qui restait très sobre : " Comment voulez-vous être complètement heureux après avoir battu un club qui a été le mien pendant cinq ans ?" Il joua aussi au Racing Malines en jeunes, mais quand il signa à Genk en 2003, il venait en droite ligne du KV ! Il n'était pas le seul du Racing à fêter la victoire avec un peu de retenue, comme si, après une saison atroce, ce trophée était bien la moindre des choses à ramener à la maison.
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Le joueur de la finale a été le jeune attaquant belge de Genk Marvin Ogunjimi, 21 ans, auteur des deux buts, mais qui restait très sobre : " Comment voulez-vous être complètement heureux après avoir battu un club qui a été le mien pendant cinq ans ?" Il joua aussi au Racing Malines en jeunes, mais quand il signa à Genk en 2003, il venait en droite ligne du KV ! Il n'était pas le seul du Racing à fêter la victoire avec un peu de retenue, comme si, après une saison atroce, ce trophée était bien la moindre des choses à ramener à la maison. Genk a terminé huitième cette saison malgré un budget de 19 millions d'euros, le troisième de Belgique derrière Anderlecht (35), le Standard (20) et le Club Bruges (18). Depuis sa période dorée du début des années 2000 (deux titres en 1999 et 2002 et deux Coupes en 98 et 2000), il n'avait plus rien engrangé et avait même terminé neuvième du championnat l'an passé ! Exemple flagrant de cette modération : Pierre Denier, l'entraîneur adjoint qui avait effectué un nouveau dépannage cette année. 14 matches avant la fin, il remplaçait Ronny Van Geneugden et après la finale, il n'avait pas la pêche. Seul un petit sourire gêné flottait sur ses lèvres : " Ma conclusion est simple : on avait la chance de tout réparer et on l'a saisie, mais je ne vous cache pas que c'était très dur. " Denier est un cas. Il est pro à Genk depuis 35 ans, d'abord comme joueur puis dans le staff technique mais n'a jamais eu l'ambition d'être T1. Pour lui, c'est même un cauchemar qu'il vit comme une obligation vis-à-vis du club : " Mon épouse et mes deux enfants adultes savent de quoi je parle, je ramène tous mes problèmes à la maison... Et j'avais d'autant plus de mal qu'on était quatrième quand j'ai remplacé Ronny et on a continué la descente ! "Avant la finale, les choses n'étaient pas brillantes non plus : trois défaites de rang. Le médian David Hubert a même avoué que les derniers matches de championnat n'avaient servi que de prépa à l'examen du Heysel. Même contre Anderlecht à la 34e journée ? Ce serait pousser le bouchon beaucoup, beaucoup, beaucoup trop loin... " L'avantage quand on perd est de voir ce qui ne va vraiment pas et de pouvoir bien construire l'équipe en fonction de l'adversaire en espérant que ça marche ", dit Denier. " J'avais mon 3-4-3 en tête depuis le début de la semaine et mon premier but était de mettre la pression sur Nana Asare, il ne pouvait monter à aucun prix. " C'est pour cela que Dimitri Daeseleire fut placé sur le flanc droit (à la place du capitaine habituel et back droit Hans Cornelis), plus en définitive comme défenseur, ce qui contre balança la formation en 4-3-3. Si Denier parle de 3-4-3, c'est que l'influence de Hein Vanhaezebrouck, le coach de Courtrai qui a signé pour Genk il y a deux mois et dont cette tactique est la marque de fabrique, devait déjà être forte. " Pas spécialement pour la finale ", hésite à peine Denier. " Mais c'est vrai qu'on a eu quelques discussions depuis qu'il a signé son contra ici. Avec Sef Vergoossen, le nouveau DT, aussi. " Ben voyons... Denier était finalement principalement ravi de l'exécution des directives données et il allait plus loin : " Si tous les joueurs avaient eu la même discipline de jeu pendant toute la saison, on n'en serait pas arrivé là. " C'est clair, ça va être la grande lessive en été Denier : " Disons qu'il y en a quelques-uns qu'on ne va pas garder. " Peter Maes, le coach vaincu, tenta même de dérider son collègue après le match : " C'est ta victoire, tu dois en profiter Pierre... " La classe d'un homme et d'un club dans son ensemble. Autre exemple de leçon de savoir vivre : les fans malinois chantèrent You'll Never Walk Alone après que les Limbourgeois aient hurlé en français Les Malinois c'est du caca.... La leçon de foot, c'était autre chose. Malines a eu quelques possibilités mais n'a pas pu les arracher comme d'habitude. Genk c'était plus construit, avec des triangles, des une-deux au ras du sol. Une victoire mille fois méritée que Maes eu du mal à contester : " Je suis quand même déçu de la carte rouge de Jeroen Mellemans. Elle n'était pas nécessaire et ça lui était déjà arrivé. A dix, c'était difficile d'autant qu'on jouait bien et qu'on avait eu les premières chances de but. Finalement, on s'est écroulé parce qu'on n'a pas laissé trop d'espaces. Mais bon, on doit être satisfait de notre saison, avec nos petits moyens. Maintenant, j'aimerais continuer à travailler avec les mêmes et le même groupe... dans un championnat rénové dont j'attends beaucoup de bonnes choses et où je veux qu'on joue un rôle. Toutefois, je sais que ce sera très difficile de convaincre tout le monde de rester... " Les deux joueurs malinois les plus bankables (Bjorn Vleminckx et Asare) sont passés relativement inaperçus en finale mais cela ne devrait rien changer. Il y a peu de chances que Vleminckx reste alors qu'Asare a déjà signé à Utrecht. Dans le virage malinois du Heysel, un drap blanc pendait avec ses deux grands mots en flamand et en noir : BJORN BLIJF ! (Bjorn reste !). Un appel désespéré puisqu'il a dit avoir plusieurs offres et vouloir choisir très bientôt son avenir. Signe qui ne trompe pas : Marc Wilmots (avec qui on le compare : même place, même énergie, même coups de gueule, même puissance... et même trajectoire de Malines au Standard ?) lui a proposé ses conseils. par john baete