Sprinter dans l'âme comme en attestent ses performances en F3, F3000 et actuellement ETCC (championnat d'Europe des voitures de tourisme), Kurt Mollekens va quelque peu réfréner ses ardeurs pour tenir sa place au sein de l'équipe BMW-Schnitzer présentée comme l'une des favorites des 24 Heures de Spa.
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Sprinter dans l'âme comme en attestent ses performances en F3, F3000 et actuellement ETCC (championnat d'Europe des voitures de tourisme), Kurt Mollekens va quelque peu réfréner ses ardeurs pour tenir sa place au sein de l'équipe BMW-Schnitzer présentée comme l'une des favorites des 24 Heures de Spa. Kurt Mollekens : Ce n'est pas tout à fait vrai dans la mesure où les épreuves d'endurance s'apparentent désormais à de longs sprints. Plus question de rouler le coude à la portière durant deux tours d'horloge, et j'en suis ravi. Le but du jeu est quand même d'aller plus vite que les autres ! Je ne connais rien d'aussi frustrant que la course d'attente. J'ai vécu cela aux 24 Heures 2000 en compagnie de Frédéric Bouvy et Didier Defourny : leaders d'entrée de jeu, nous avons dû gérer notre avance, surveiller la mécanique, guetter le moindre bruit suspect, s'interdire le moindre risque. Un an plus tôt, j'avais connu le scénario inverse aux côtés des deux Thierry, Tassin et Van Dalen : ayant perdu deux tours au premier tiers de la distance, nous avons cravaché jusqu'à l'arrivée, c'était chouette. Tout l'art est de parfaitement séparer les deux disciplines. L'ETCC, c'est chacun pour soi, deux sprints de 30 minutes à fond et guère de place pour la tactique. Ensuite, on passe d'un coup à tout autre chose : il faut privilégier les intérêts de l'équipe, garder une petite réserve, assurer des relais de 75 minutes dans un trafic très dense, se frayer un chemin parmi des concurrents aux réactions parfois surprenantes. Je ne serai pas seul dans ce cas, plusieurs autres pilotes BMW - Dirk et Jörg Müller, Andy Priaulx, Antonio Garcia - étant logés à la même enseigne. Elle effraie la concurrence mais je crois que c'est surtout le palmarès de l'équipe Schnitzer qui impressionne. Charly Lamm et ses gars connaissent toutes les ficelles de l'endurance. Rayon stratégie et assistance, j'ai toute confiance en eux. Le niveau n'était pas comparable, que ce soit aux 24 Heures disputées sur le tracé allemand ou lors de la manche Belcar qui y a eu lieu. A Francorchamps, les M3 seront opposées aux reines du grand tourisme, les Ferrari, Saleen, Lister, et elles ne pourront rivaliser en performances pures. L'écart sera de cinq secondes au tour durant les essais et il restera de deux à trois secondes en course quand les GT de pointe adopteront une cadence plus sage tandis que les BMW resteront à fond. Ce n'est pas trop mon truc mais bon, je me lance : je pointe Ferrari. Sur les huit au départ, il y en aura bien une qui tiendra le coup. Pour BMW, une place sur le podium constitue un objectif raisonnable. Attention cependant, les cartes seront redistribuées en cas de pluie ; là, tout pourra arriver, on l'a vu en 2003 quand une Porsche a gagné. J'ai suivi mon programme habituel, course à pied et musculation. Quand on a piloté une F3000 durant 90 minutes dans les rues de Monaco, on ne peut être effrayé par un relais à Spa sur une BMW. Par contre, la tension nerveuse sera très forte en raison du trafic et du niveau très inégal des concurrents en piste. Non dans la mesure où je prends mon pied en ETCC. Cette discipline correspond à ce que j'attends du sport auto. Aux qualifs, la moindre petite faute se paie par deux dixièmes envolés... et au moins quatre places perdues sur la grille. Et en course, on affronte de grands garçons qui font peu de cadeaux. Dans le groupe de tête, avec des gars comme les deux Müller, Gabriele Tarquini, Fabrizio Giovanardi, il n'y a pas de problèmes ; il faut juste se méfier du Brésilien Augusto Farfus qui est un peu à la masse. Dans le peloton par contre, certains jouent trop au stock-car. J'ai entamé les hostilités lors du troisième meeting et je dispose d'une BMW version 2003, équipée de certaines évolutions 2004. En tenant compte de ces paramètres, je prouve que je suis dans le coup. Il serait dommage de ne pas profiter de l'expérience que j'ai emmagasinée, mais le lancement d'un championnat mondial de la discipline ne fera pas diminuer les budgets. Or, quand je vois les difficultés éprouvées par BMW-Belgique pour m'aligner à cinq reprises cette année, j'éprouve quelques craintes. Cependant, je suis prêt à me battre car je pourrais réaliser un chouette truc. Oui mais les Belges y ont leur place, que ce soit moi, Marc Goossens ou Vincent Radermecker. Tout est question d'argent ! Aucun Belge n'a trouvé le budget nécessaire pour disputer une saison à ce niveau. Et je dois songer à faire vivre les huit personnes qui composent KTR. Exact, j'ai lancé l'Ecurie Endurance GT avec Frédéric Bouvy et Vincent Vosse. Cette année, nous n'avons pas atteint notre but qui était de disputer un championnat international sur une auto de pointe mais mes deux équipiers font cause commune en Belcar au volant d'une Porsche, et je les rejoindrai aux 24 Heures de Zolder. L'idée n'est pas abandonnée, loin de là, nous travaillons pour 2005. Je ne crois pas. Mes gars sont vaccinés monoplace : pour eux, une auto de course n'a pas d'essuie-glace. Eric Faure" Une auto de course n'a PAS D'ESSUIE-GLACE "