La pilule n'était pas passée chez Wouter Vandenhaute quand il avait tenté de racheter le Sporting d'Anderlecht avec Paul Gheysens, mais avait perdu le marché face à la puissance financière de Marc Coucke. Qu'importe, ce supporter historique n'avait pas abandonné ses ambitions de s'installer un jour dans le salon d'honneur du stade. Il y a d'abord fait son entrée en tant que conseiller externe du président Coucke. Puis le même Coucke lui a laissé le fauteuil de président et lui a proposé d'investir, ce qu'il a envisagé puis refusé.
...

La pilule n'était pas passée chez Wouter Vandenhaute quand il avait tenté de racheter le Sporting d'Anderlecht avec Paul Gheysens, mais avait perdu le marché face à la puissance financière de Marc Coucke. Qu'importe, ce supporter historique n'avait pas abandonné ses ambitions de s'installer un jour dans le salon d'honneur du stade. Il y a d'abord fait son entrée en tant que conseiller externe du président Coucke. Puis le même Coucke lui a laissé le fauteuil de président et lui a proposé d'investir, ce qu'il a envisagé puis refusé. Aujourd'hui, Wouter Vandenaute passe un cap. Il met bel et bien de l'argent dans un club où le sujet de l'impérative augmentation de capital était devenu très sensible. Cela fait des mois que les actionnaires tentent de s'accorder sur cette augmentation, mais ça finissait toujours par bloquer. Or, dans une société qui perd autant d'argent chaque saison et envisage avec anxiété chaque échéance de la Commission des Licences, il y avait urgence. La situation vient enfin de se débloquer, et le Sporting doit la solution notamment à Vandenhaute. Il ouvre lui-même son portefeuille et a fait appel, pour l'aider, à deux poids lourds de la finance, dont un certain Geert Duyck, considéré comme "le Flamand le plus puissant dans les milieux financiers londoniens". Si le nouveau plan reçoit l'approbation des autorités financières, les deux hommes feront entrer 24 millions dans les caisses et Vandenhaute deviendra alors un actionnaire fort. Mais ce n'est pas tout - parce que cette injection aurait été insuffisante pour assurer la survie financière du club. Le président et son associé ont su convaincre un autre proche, Steven Buyse, de libérer lui aussi cinq millions. Autre joli tour de force: les "petits actionnaires" ( Michael Verschueren, Étienne Davignon, l'entrepreneur Johan Beerlandt, les filles de Roger Vanden Stock), ceux qui n'acceptaient pas les termes des récentes tentatives d'injection de nouveau capital, sont cette fois d'accord et mettent à leur tour deux millions. Ça ne s'arrête pas là - parce qu'à nouveau, ça n'aurait pas suffi pour pérenniser le club: Marc Coucke pose lui aussi un geste fort. Une façon de montrer qu'il n'a pas l'intention de lâcher ce club qui lui a déjà coûté un pont. Il injecte onze millions supplémentaires et annule une bonne cinquantaine de millions de dettes que le club avait envers lui, via une double construction: conversion d'une partie de cette dette en capital et annulation d'une autre partie avec clause de retour à meilleure fortune qui prévoit qu'il pourra récupérer cet argent le jour où le Sporting fera à nouveau des bénéfices. En additionnant toutes ces opérations, le club reçoit une bouée de 93 millions. Coucke et un associé restent actionnaires majoritaires, mais c'est surtout la montée en puissance de Vandenhaute (avec son partenaire) qui frappe puisqu'ils détiendront un quart des actions. La mise à l'écart de Jos Donvil, qui n'aura occupé ses fonctions de CEO que pendant quelques mois, indique aussi la montée de Vandenhaute dans l'organigramme et dans la prise des grandes décisions. Et puis, il y a ce message subliminal envoyé à Vincent Kompany et à son staff. Anderlecht veut redevenir un club tout à fait sain en ne devant plus compter sur des apports d'argent extérieurs. Traduction: il faut maintenant des résultats sur le terrain. En interne, on estime que le coach a aujourd'hui un noyau plus qualitatif que les dernières années et que les play-offs 1, ainsi qu'une qualification pour une "vraie" compétition européenne, sont un must.