Avec son sourire et ses cheveux bouclés, il a le look sauvage et romantique de ces pianistes d'autrefois qui se produisaient devant les grandes cours de l'Empire austro-hongrois, des Balkans ou de la Sainte Russie. Mario Carevic a la présence de ceux qui connaissent la musique. Pourtant, Lokeren n'a plus rien d'un conservatoire de la D1. L'orchestre y a perdu de sa superbe et même si Jacky Mathijssen a pris la baguette d 'Alexander Jankovic en plein concert, cela n'a pas changé grand-chose au Daknam.
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Avec son sourire et ses cheveux bouclés, il a le look sauvage et romantique de ces pianistes d'autrefois qui se produisaient devant les grandes cours de l'Empire austro-hongrois, des Balkans ou de la Sainte Russie. Mario Carevic a la présence de ceux qui connaissent la musique. Pourtant, Lokeren n'a plus rien d'un conservatoire de la D1. L'orchestre y a perdu de sa superbe et même si Jacky Mathijssen a pris la baguette d 'Alexander Jankovic en plein concert, cela n'a pas changé grand-chose au Daknam. Carevic est désolé car il n'est pas venu en Belgique pour jouer les derniers rôles : " Cela me rend malade car cet effectif mérite infiniment mieux. Lokeren a de quoi se situer dans la colonne de gauche. La poisse peut ébranler tous les groupes. Un zeste de chance est toujours le bienvenu. De notre côté, la malchance a vraiment pourri notre début de saison et les doutes suivent quand on perd tant de points en fin de match. Cela génère finalement des frustrations... "Toujours est-il que les chiffres de la défense (30b encaissés) et de l'attaque (23b marqués) sont tout simplement mauvais. " Je suis vraiment marqué par ce mauvais film ", affirme le gaucher de Lokeren. " Notre président, Roger Lambrecht, vit cela avec tout son c£ur. Il souffre et j'espère, d'abord pour lui, que l'équipe passera ce cap. Je comprends en tout cas son désappointement quand il évoque les suites désastreuses pour nous de la fin de Mouscron. Lokeren l'a payée au prix fort. En nous privant de six points gagnés sur le terrain, on nous a enfoncés la tête dans l'eau. Cette énorme injustice s'ajoute à tous nos pépins. Je ne dis pas que le fruit de ces deux succès aurait nettement ensoleillé notre rang actuel mais quand même... " Avec quatre buts à son actif, Carevic est le deuxième réalisateur de sa formation, derrière Dawid Janczyk (ce dernier ne devrait pas rentrer au CSKA Moscou qui l'a loué au Daknam) et ses neuf essais transformés. A deux, Janczyk et Carevic cachent le désert et Ouwo Moussa Maâzou n'a jamais été remplacé. On rappellera qu'en mars 2009, le CSKA Moscou avait déboursé 5 millions d'euros pour s'offrir le talent de l'ancien buteur nigérien, récemment loué à Braga, au Portugal. Leçon à retenir : on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, vendre sa star à prix d'or et ne pas avoir de soucis. Les problèmes actuels constituent aussi le revers de la pièce, les intérêts négatifs de la politique générale de Lokeren qui ne tient finalement la route en D1 que par la générosité de son président. Ce n'est pas pour rien que le club du Pays de Waes s'est intéressé dès le début janvier à Jérémy Perbet (Tubize) et au Tunisien Ben Dhifallah de l'Etoile du Sahel. Même si le succès acquis contre le Germinal Beerschot (1-0) a fait du bien, Lokeren devra, entre autres, marquer plus, pour sortir de la crise, même si Carevic ajoute : " Pourtant les potentialités existent en pointe avec Janczyk, bien sûr, mais aussi Sokota, Smajic, Golan, Malki, etc. Tout cela finira quand même bien par se mettre en place et être rentable. " Carevic (deux exclusions et sept cartes jaunes) est-il, pour reprendre les propos de Philippe Hereng ( Belgacom TV), un " excellent technicien hélas doublé d'un joueur vicieux qui mouline des coudes " ? Le principal intéressé ne veut pas porter le costume qu'on lui taille : " Moi, je ne suis pas d'accord avec cette image négative qu'on donne de moi. Je ne suis pas du tout un joueur brutal. Je n'ai jamais blessé volontairement un adversaire. Je crois que mes fautes s'expliquent avant tout par une grande frustration. Dans notre situation, on ne peut pas tergiverser. Il faut se battre bec et ongles pour chaque ballon. Je ne suis pas du tout habitué à devoir lutter comme un damné : j'ai toujours évolué dans des formations qui assumaient le jeu. Ici, j'apprends autre chose et j'abats ma part du travail de récupération. J'y mets tout ce que je peux et c'est parfois assez maladroit, je le reconnais. Mais je ne suis pas un sale joueur... "Prudent, Carevic évite le débat tactique alors que sa position sur l'échiquier peut expliquer partiellement sa nervosité dans le boulot défensif. Le Croate est un homme d'axe mais Lokeren n'a pas sous la main de couloir gauche et il est obligé de flirter avec la ligne, alors qu'il adore être en contact direct avec les attaquants. La vitesse, indispensable sur les flancs, n'est pas le principal atout de cet architecte. A l'extrême gauche, il est donc plus éloigné du pouvoir offensif où sa conduite du jeu et ses frappes à distance peuvent être déterminantes. Cette saison a aussi été marquée par la défenestration de Jankovic. " Les résultats sont plus importants que tout et je peux le comprendre ", admet Carevic. " Nous connaissons tous la règle du métier. Il y a toujours des mécontents dans un effectif mais 90 % des joueurs appréciaient de travailler avec Jankovic. Il était l'ami des joueurs et son football passait par un jeu bien lié. Techniquement, c'était intéressant mais notre classement a inquiété la direction. Elle a changé son fusil d'épaule même si ce fut douloureux pour tout le monde. "Petit à petit, malgré des débuts assez hésitants dans son nouveau job, Mathijssen fait parler son métier et sa parfaite connaissance de tous les arcanes de l'élite belge. Sa science sera probablement décisive et Lokeren espère revivre les années Georges Leekens, qui avaient replacé Lokeren dans les hautes sphères de la D1. Mais tout à coup, il fila en cours de saison 2007-2008, vers les pétrodollars de l'Arabie Saoudite. Encore un exemple qui souligne le manque de fil rouge dans la vie sportive de Lokeren. Si Mac the Knife était resté, Lokeren n'en serait probablement pas là. Mathijssen devine ce qui lui reste à faire. " Je suis confiant ", souligne Carevic. " Nous ne resterons pas toute la saison dans les caves de la D1. " Mais encore faut-il savoir si ce médian sera toujours au Daknam à la fin du mercato. Rien n'était moins sûr en fin de semaine passée. Carevic achève son contrat et sera libre en fin de saison. Deux clubs belges parmi d'autres s'intéressaient à lui : Gand et le Standard. Les Buffalos de Michel Preud'homme sont concrets et ils ont assez de réserves financières pour négocier avec Lokeren. De plus, Gand n'a pas oublié que Lokeren lui vola Leekens un jour. Carevic a déployé ses antennes mais, rusé, attend ce que l'avenir décidera de lui apporter. Le Standard aurait décidé de suivre cette piste de loin. Laszlo Bölöni ne serait pas indifférent au caractère de battant et de gagnant de Carevic. Mais Lucien D'Onofrio le sait : c'est à la fin du marché que les prix baissent, pas avant. Et le choix de Lokeren est d'autant plus délicat que Carevic est important à Lokeren. Lui ne veut pas quitter la Belgique : il adore Anvers, Gand, Bruges et Bruxelles. Le calme et les richesses culturelles l'attirent. Comme sa compagne, Iva. Elle a terminé ses études de médecine à Zagreb et envisage de demander l'équivalence de son diplôme pour pouvoir pratiquer ici. "Je n'ai jamais blessé volontairement un adversaire. "