Les Montois sont passés par la petite porte avant de prendre la mesure d'un Westerlo bien organisé malgré de nombreuses absences. En première mi-temps, ils ne purent poser leur jeu malgré le gros travail accompli par le vieux Marc Schaessens au c£ur de la ligne médiane.
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Les Montois sont passés par la petite porte avant de prendre la mesure d'un Westerlo bien organisé malgré de nombreuses absences. En première mi-temps, ils ne purent poser leur jeu malgré le gros travail accompli par le vieux Marc Schaessens au c£ur de la ligne médiane. Au repos, la colère présidentielle fit tinter les oreilles. Dans les cordes après le deuxième but de Peter Utaka, les Dragons trouvèrent les ressources mentales afin d'égaliser rapidement par Alain Behi avant que Mohammed Aliyu Datti ne fasse la différence. Privé de banc en raison de sa suspension, Jos Daerden avait pris du recul pour coacher son équipe. Il fit monter Philippe Billy, Jean-Pierre La Placa et Martin Miguel Cortès à l'heure de jeu. L'ex-entraîneur de l'Albert s'était penché plus d'une fois sur son épure avant de recevoir Westerlo. Nicolas Goussé et Ivan Milans étaient suspendus, Roberto Mirri ne s'était pas encore remis de sa blessure, Ivan Dudic souffrait de la cuisse, etc. " J'ai notamment misé sur une nouvelle défense ", affirmait Jos Daerden. " Il faut être réaliste : Westerlo méritait un point. Je ne veux pas céder à l'euphorie. Mons a une victoire de plus qu'Ostende et occupe la 16e place. Pour la suite, on verra. Notre programme est difficile mais c'est aussi le cas de nos adversaires directs. Mons devra rencontrer Bruges et Anderlecht lors de ses quatre derniers matches mais Ostende se mesurera au Standard et à Genk, qui se battent pour une place en Coupe de l'UEFA ". Ce sera sans lui. Aux côtés d'un bon Alain Behi, Dennis Souza (24 ans) livra une partie intéressante dans l'axe de la défense montoise. Le grand arrière brésilien (1m90) respire le calme et la sérénité alors que la fièvre du samedi soir ne cesse de monter à Mons. C'est utile alors que les Dragons ont encore autant de grain à moudre. Dennis Souza Guedès : Nous étions imprégnés par l'importance de cette rencontre. Mons n'avait pas le choix et devait gagner. Ce ne fut pas facile car cette équipe peut compter sur d'excellents attaquants. La configuration de notre défense était différente par rapport à notre déplacement au Standard. A Sclessin, j'ai occupé le poste de back gauche. En raison de la suspension d'Ivan Milas, j'ai été placé dans l'axe avec Alain Behi, qui a doublé Daré Nibombe. J'ai tout de suite trouvé mes marques auprès d'Alain Behi comme ce fut le cas avec Ivan Milas. A mon avis, Mons peut aligner plusieurs défenses différentes sans que cela pose de problèmes insurmontables. Je me sens aussi bien sur la gauche que dans l'axe. J'ai eu beaucoup de travail dans le trafic aérien avec un David Paas qui joue pas mal des coudes. Notre première mi-temps fut hésitante et des choses ont été mises au point dans le vestiaire. Le président s'est adressé à nous durant le repos. Il a frappé une armoire du poing. Ses mots furent directs et je crois que cela nous a positivement secoués. Notre deuxième mi-temps fut bien meilleure que la première. Ce ne fut pas facile mais à 1-2, nous avons su réagir, égaliser, faire la différence, garder les trois points. J'y vois une preuve de notre volonté, des atouts de notre noyau. Je ne garde que de bonnes impressions de mon séjour là-bas. Mais, à mon âge, j'ai une priorité : le temps de jeu. Or, je ne faisais pas partie des plans immédiats au Standard. Durant les matches amicaux, j'ai été testé au back gauche et à l'arrière central. Je progressais quand je me suis blessé à la cheville lors de l'échauffement d'une rencontre avec les Réserves. Les choses s'étaient mises en place sans moi. J'ai demandé moi-même de pouvoir trouver un autre club. Je ne voulais pas qu'on m'oublie. Il était impératif que je continue sur ma lancée après avoir débuté en D1 à Mons et confirmé la saison passée à Heusden-Zolder. Les dirigeants du Standard ont bien compris mon souci. Ils m'ont d'ailleurs expliqué que la porte serait toujours ouverte pour moi : j'ai apprécié ce compliment. Je ne considère pas ce trop court séjour à Liège comme un échec. Même si je n'y ai pas joué, je sais que je peux atteindre un niveau élevé. Je n'avais pas le temps de le prouver au Standard. Je ne voulais pas attendre. Dominique D'Onofrio a été correct et chaleureux avec moi. Je n'ai pas manqué d'ambition ou de patience. J'estimais avoir atteint une certaine régularité à Heusden-Zolder. Cette présence en D1 était rompue. Or, la continuité est importante. Avant de partir, j'ai été exclu lors du match des Réserves à Ostende. Là, j'ai été secoué par des adversaires inutilement agressifs. J'en ai repoussé un qui était menaçant à mon égard. Il a crié et l'arbitre m'a collé une deuxième carte jaune. J'ai pesté en portugais contre moi-même et l'arbitre a cru, à tort, que je l'insultais. Mons était au courant de cet incident avant que je ne revienne. La sanction du comité sportif est tombée après mon retour ici : deux mois et demi sans football, c'est terrible. Je ne méritais pas une telle sanction. Non, on devine vite que ce club a grandi. Les installations ne sont plus les mêmes avec cette nouvelle tribune et on travaille beaucoup pour que Mons ait un stade digne de la D1. Il n'est évidemment pas facile de s'installer confortablement en première division. C'est toute une culture, presque un art de vivre. Mais Mons a les potentialités pour le faire. Je suis dans la même situation que le club, finalement. J'ai retenu l'attention de l'Albert en D2 alors que je jouais au Racing Zuid-West. Marc Grosjean me voulait et m'a permis de relancer ma carrière. Pour son entrée en D1, Mons avait une bonne équipe qui a tout de suite signé de bons matches. L'esprit était positif et j'ai retrouvé la même ambiance qu'en 2002-2003. Le groupe a changé mais j'ai revu avec plaisir des joueurs comme Olivier Suray, Jean-Pierre La Placa, Alessandro Cordaro, Dieudonné Londo, etc. La philosophie de jeu n'est plus la même car chaque entraîneur a ses principes, ses habitudes, et les forces du noyau fluctuent. Il y a deux ans, Mons misait à fond sur la carte Cédric Roussel. Il convenait de le ravitailler en bons ballons dans le grand rectangle. Il faisait la différence, a marqué 22 buts, et tout était plus facile pour nous. Mons s'est vite retrouvé sur le velours. Quand c'est le cas, une équipe peut alors fignoler son jeu. Avec un peu de chance, Aliyu Datti imitera Cédric Roussel et sera aussi sacré meilleur buteur de D1. Cela prouve que Mons a du talent. Sur le plan offensif, le danger peut venir de partout. Mais c'est mentalement éprouvant de se battre dans le bas du tableau. Mons a cependant assez d'atouts pour rester en D1. Je ne suis plus lié au Standard. Nous avons rompu le contrat de commun accord avant que je me lie à Mons pour six mois avec option pour un championnat supplémentaire. Je suis originaire de Sao Paulo où le football est évidemment le roi des sports. J'ai des origines très diverses comme la plupart des Brésiliens. Du côté de mon père, il y a des influences allemandes et portugaises. Ils étaient tous blancs et très grands, racontent les anciens de la famille. Ces gens sont venus au Brésil après l'un ou l'autre conflit en Europe. Je n'ai jamais mené de recherches généalogiques afin de savoir d'où venaient exactement mes ancêtres européens. Les grands-parents de ma mère sont des Indiens d'Iguapé. Quand j'étais jeune, je me rendais souvent dans leur région. Mon père s'y adonnait à la pêche en mer. Moi, je me contentais des plaisirs de la plage bordée de superbes cocotiers. C'est un coin intéressant avec beaucoup de monuments historiques. J'adore retourner au Brésil. Même si je me sens très bien en Belgique, ce sont mes racines. Je m'y suis déjà rendu avec Melissa. Je crois qu'elle a apprécié Rio de Janeiro et Salvador. Le football a toujours peuplé mes rêves. Je voulais trouver ma voie dans la vie grâce au football. Quand on s'envole vers l'Europe, il n'y a qu'une solution au bout du voyage : la réussite. Pour celui qui n'y arrive pas, c'est un drame. L'existence est synonyme d'échec et un retour est quasiment exclu. Il y a beaucoup d'appelés brésiliens et peu d'élus au top niveau. J'ai 24 ans et je sais que cela passe par le travail, le temps de jeu. Le président de Matsubara avait des contacts en Europe et spécialement en Hollande où Roda m'a proposé un contrat de cinq ans. L'Europe est le rêve de tous les footballeurs brésiliens. J'étais jeune et le fait de vivre loin de chez moi ne m'a pas impressionné. Au Brésil, j'étais souvent éloigné de ma famille aussi. Par contre, j'ai dû m'adapter au climat et à la nourriture. Roda m'a loué à Harelbeke, en 2000, afin que je m'adapte au rythme de la D1. En Hollande, je ne pouvais pas jouer car j'avais un problème de passeport. Roda m'a demandé d'opter pour la nationalité hollandaise. Pour obtenir la naturalisation, je devais prouver ma descendance européenne. Au Brésil, il est difficile d'obtenir de tels documents. Dès lors, Roda m'a prêté à Harelbeke où j'ai été entraîné par Herman Helleputte, puis je me suis retrouvé en D2. Ce ne fut pas évident car Zuid-West a été emporté par une faillite à la fin de la saison. J'ai cependant eu la chance d'y résider dans une famille d'accueil. Un joueur brésilien m'a parlé de Martha et de Neto, un couple de Brésiliens. J'ai rapidement quitté l'hôtel quand ils m'ont demandé de vivre chez eux. C'est grâce à eux que je me suis bien adapté en Belgique. Je suis finalement resté ici. Quand je suis arrivé à Mons, mon seul problème fut d'apprendre le français au plus vite. J'ai fait la connaissance de Melissa. J'ai résidé un an à Hasselt quand je jouais à Heusden-Zolder. Maintenant, je vis à Flénu, un petit village du Borinage. C'est différent de Sao Paulo, tellement tranquille... Pierre Bilic" Durant le repos, LE PRÉSIDENT A FRAPPÉ UNE ARMOIRE DU POING "