La chance. C'est ainsi qu'Olivier Renard a décrit sa vie, dans une interview accordée avant la finale de la Coupe de Belgique 2009. " Elle m'accompagne partout, d'une partie de Monopoly aux amis qui m'entourent. " Six mois plus tard, il est entré en collision avec un joueur de Charleroi et a été gravement blessé. Après des problèmes de dos et d'épaule, c'était sa troisième blessure en l'espace d'un an.
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La chance. C'est ainsi qu'Olivier Renard a décrit sa vie, dans une interview accordée avant la finale de la Coupe de Belgique 2009. " Elle m'accompagne partout, d'une partie de Monopoly aux amis qui m'entourent. " Six mois plus tard, il est entré en collision avec un joueur de Charleroi et a été gravement blessé. Après des problèmes de dos et d'épaule, c'était sa troisième blessure en l'espace d'un an. Olivier Renard : Non, je vois toujours les choses sous un angle positif. Cette blessure constituait un nouveau contrecoup mais j'ai eu beaucoup de chance. La plaie s'étendait sur dix centimètres et a attiré l'attention. Mais le pire, c'est ce que ma tête avait encaissé et le bruit que le choc avait produit ! Quand le médecin est monté sur le terrain, je lui ai dit de ne pas se laisser distraire par tout ce sang : c'était mon cou, le problème. Je ne pouvais pratiquement plus bouger la tête. Le médecin a recousu la plaie dans le vestiaire et à l'hôpital, un spécialiste a décelé une fissure à la seconde vertèbre cérébrale mais pas de fracture. Cela fait une énorme différence. Cette vertèbre n'était pas sortie de l'alignement. Sinon, j'aurais peut-être été paralysé. Pourtant toutes les deux heures, des médecins venaient contrôler si j'éprouvais encore des sensations dans les jambes... J'ai dû porter une attelle pendant huit semaines. Ce n'était pas une catastrophe. D'autres subissent des choses bien pires. Moi, j'ai traversé une année noire, ce qui est peu sur l'ensemble d'une carrière. Heureusement, je suis fort de ce point de vue car le sport est un besoin. En vacances, je me lève à sept heures pour aller courir et je m'adonne souvent au jogging quand je reviens de l'entraînement aussi. A Marbella, où l'équipe effectuait un stage deux semaines après mon accident, je ne m'entraînais pas encore avec le groupe mais j'ai décidé de faire du tapis roulant avec mon attelle. Peter Maes s'est fâché en me voyant : - Arrête ! Tu es fou ! Je ne courais que depuis six minutes pourtant. Je continue à y penser mais j'ai surtout eu peur quand j'étais couché sur le sol, sans savoir ce que j'avais. Elle voulait que dorénavant, je joue avec un casque, comme Peter Ceh. J'en ai commandé un et je l'ai essayé à l'entraînement mais j'avais l'impression que je ne serais pas à 100 % si je jouais avec. J'aurais toujours eu le sentiment de devoir me protéger alors qu'un gardien doit réagir en une fraction de seconde. Ceci dit, ces casques sont très bien conçus. Peut-être mais je n'ai pas voulu commencer. Avec un casque, je ne suis plus moi-même et pas à cause d'arguments esthétiques. Si je devais me coller un sac-poubelle sur la tête pour jouer, je le ferais. Je préfère bien commencer. Dans le cas contraire, on peut certes prétendre qu'on est sûr que tout va s'arranger mais ce sont des foutaises car on ne peut pas en être certain. Et on ne peut nous reprendre les points engrangés. Cela, c'est une certitude. L'avance sur les deux derniers est vite énorme, la confiance grande et la pression peu élevée. Marc Brys a opté pour une préparation très dure alors que Maes préférait l'approche diesel mais on n'a jamais tout en mains. Nous avons bien débuté la saison passée alors que la préparation avait été identique à la précédente, suivie d'un mauvais départ. Je ne l'ai pas remarqué car il ne me mêlait pas souvent au groupe. Avec Brys, je m'entraîne à 90 % avec l'équipe mais sous Maes, c'était 20 %. Je passais le reste du temps avec l'entraîneur des gardiens. Le système actuel. Je peux réagir à des situations qu'on ne peut simuler avec l'entraîneur des gardiens. Luc Deville fait bien son boulot et il a une superbe technique de frappe mais quand je ne suis confronté qu'à lui, je ne reçois qu'un type de tirs. En outre, maintenant, j'ai plus de contacts avec les joueurs devant moi. La plupart des coaches que j'ai connus m'ont fait jouer le plus possible avec le reste de l'équipe. C'est étrange que Maes ait procédé autrement, d'autant qu'il a lui-même été gardien de but. Mais sa méthode donnait des résultats. Si j'étais entraîneur et que mon approche fonctionnait, je n'en changerais pas non plus. Maes décidait que Malines jouerait de telle manière, point à la ligne, que nous affrontions St-Trond ou Anderlecht. Brys connaît aussi les qualités du groupe mais il précise une faiblesse de l'adversaire que nous devons tenter d'exploiter. Nous avons moins recours à l'improvisation. Brys accorde beaucoup d'attention à l'adversaire, il travaille comme en Italie : des séances longues, beaucoup de tactique. Nous étudions soigneusement l'adversaire : les buts, les phases arrêtées... Maes s'y intéressait aussi mais en match, notre système de jeu ne changeait pas. Contre Lokeren, j'ai eu l'impression d'affronter le Malines de la saison passée. Maes aime multiplier les passes, conserver l'organisation et lancer le contre. Malines avait les joueurs qu'il fallait : Aloys Nong et Joachim Mununga. Lokeren fait de même, avec Benjamin De Ceulaer, Benjamin Mokulu et Nill De Pauw, tous trois très rapides. Son président voulait embaucher beaucoup de footballeurs et Maes a pu former un groupe en fonction du système qu'il avait choisi. Si je me reconvertis entraîneur, je n'aurai pas de préférence. Je trouve qu'il faut en décider en fonction des qualités du groupe, de ce qui lui convient le mieux. Maes est explosif. Quand il veut quelque chose, il le crie. Brys est beaucoup plus calme mais n'hésite pas à dire ce qu'il veut. Le message est le même mais Brys le fait passer autrement. Maes pouvait choquer puis, un quart d'heure plus tard, offrir une bière, sachant qu'il était allé trop loin. Peter a un bon c£ur. Brys a réintroduit un règlement avec des amendes alors que Maes était plus cool de ce point de vue. Il laissait les choses suivre leur cours et c'était la force de Malines, un club familial. On y était cool et relax. La sévérité de Brys fonctionne aussi. Ce sont deux approches différentes mais seuls les résultats comptent. A chacun sa méthode. Ma femme cuisine ses lasagnes autrement que la vôtre mais les deux sont délicieuses. Je pense que oui. Il me connaît. Quand je commets une faute, j'en suis le premier conscient. Je sais. Mais il était plus prudent avec Wouter Vrancken, par exemple, qui avait disputé plus de 300 matches en D1. Un entraîneur a toujours besoin de quelques pions pour l'aider à former un bloc. S'il se fâche sur tout le monde, il risque d'être confronté à une rébellion. Maes n'était pas mon meilleur ami mais nous nous respections. Sa théorie est parfois longue et beaucoup de footballeurs n'aiment pas la tactique mais quand ils touchent leur prime de match, ils sont contents d'avoir suivi deux heures de théorie. Deux buts, un ballon et -Celui qui perd paie les pizzas ? On n'arrive à rien comme ça. Je préfère un entraîneur qui parle beaucoup et montre de nombreuses images. Je visionne des vidéos de mon côté, de moi et des autres. Je veux tout savoir. Naturellement, deux matches ne se ressemblent pas mais le style de jeu d'une équipe ne change pas si vite. Prenez les coups de coin : toutes les équipes les répètent. Il faut donc s'attacher aux détails : un joueur lève-t-il le bras, ou deux ? Touche-t-il ses chaussettes ? Quand on sait ce que cela signifie, on se place bien. C'est Michel Preud'homme qui m'a appris ça. Il était toujours très bien préparé. A Genk, Logan Bailly était bon sur les centres, ce qui n'est pas mon point fort. Avant, lors d'un contre via le flanc, je me plaçais à hauteur du premier poteau mais si le ballon arrivait dans les parages du point de penalty, j'avais du mal à reculer. Les vidéos de Logan m'ont appris qu'il était presque à hauteur du deuxième poteau, afin de pouvoir se déplacer vers l'avant. J'ai fait pareil. Je me plais dans ce club. Mon contrat prend fin en 2014 et je suis certain à 97 % d'honorer mon bail, voire de rester plus longtemps. Etre le dernier mousquetaire ne me dérange pas. Le président de Malines m'a demandé si je voulais rester. J'aurais pu partir si je l'avais souhaité mais je lui ai répondu : -Je me sens bien ici. Il a répondu : -Fais-nous une proposition, nous verrons si c'est faisable. J'ai d'abord travaillé d'arrache-pied pour revenir et j'ai déjà évolué six ans à l'étranger, ce n'est donc plus une obsession. Si Malines reçoit une offre alléchante et souhaite me vendre, nous en discuterons mais je n'ai pas l'intention de quitter Malines. Evidemment, si je recevais une bonne offre d'un grand club, j'aurais aussi la tête qui tourne mais si je pars un jour, ma première condition sera que Malines reçoive ce qu'il veut. Je faisais aussi banquette à Modène ! Cela ne change rien. Quand Brys est arrivé, il me semblait logique qu'il dise : -Oli, tu n'as plus joué depuis six mois, il n'y aura pas de numéro un et deux. Si le numéro deux est meilleur, il doit jouer, c'est simple. Je ne réagis que si j'ai l'impression qu'on me manque de respect, comme au Standard à l'époque. Je ne foutrai jamais la merde dans le vestiaire si je dois faire un pas de côté parce que mon rival est meilleur et mérite sa place. Non, mais le club me trouverait sans doute trop cher pour rester sur le banc...par kristof de ryck"Brys s'intéresse beaucoup plus à l'adversaire que Maes.""Je ne réagis que si on me manque de respect, comme au Standard à l'époque."