Les " Splash Brothers ", LE surnom à la mode pour désigner les deux gâchettes Stephen Curry et Klay Thompson pour leur propension à dégainer à longue distance, à faire pleuvoir les shoots et... à les rentrer ! Le duo facture en moyenne 45 points par match avec une adresse insolente (près de 50 % aux shoots, plus de 40 % à 3pts)*. Des statistiques leur permettant de mener le classement NBA avec un bilan à 85 % de victoires, alors que personne ne les attendait si haut.
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Les " Splash Brothers ", LE surnom à la mode pour désigner les deux gâchettes Stephen Curry et Klay Thompson pour leur propension à dégainer à longue distance, à faire pleuvoir les shoots et... à les rentrer ! Le duo facture en moyenne 45 points par match avec une adresse insolente (près de 50 % aux shoots, plus de 40 % à 3pts)*. Des statistiques leur permettant de mener le classement NBA avec un bilan à 85 % de victoires, alors que personne ne les attendait si haut. Les deux jeunes fers de lance de la franchise californienne replacent ainsi leur équipe sur la carte NBA après une longue période de vaches maigres et une seule participation aux playoffs entre 1995 et 2012. Un exploit en 2007 les avait vus éliminer au premier tour les Dallas Mavericks de Dirk Nowitzki, favoris pour le titre cette année-là. Avant cela, 12 saisons dans les tréfonds du classement marquées par la suspension de 68 matchs de Latrell Sprewell pour avoir littéralement tenté d'étrangler PJ Carlesimo, son propre coach ! Aujourd'hui, les Warriors font la une pour leur jeu léché, offensif, agréable et surtout gagnant. Un jeu rapide où le ballon circule et où les 3pts rentrent. Les records de la franchise tombent d'ailleurs à la pelle : 16 victoires consécutives entre novembre et décembre, une série d'invincibilité à domicile toujours en cours (17 victoires*) et surtout un bilan final, s'il reste dans la même moyenne de 85 %, qui pourrait s'immiscer dans le top 5 de l'histoire de la NBA. Stephen Curry bat lui aussi des records en étant devenu le plus jeune et le plus rapide joueur à passer le cap des 1000 " 3pts " inscrits. A cette allure, et s'il est épargné par les blessures, le natif d'Akron dans l'Ohio (comme un certain Lebron James) finira sur les podiums des différents records à 3pts. D'où tire-t-il cette force ? Les spécialistes interrogés par le Wall Street Journal ne s'accordent pas sur les raisons de son adresse. Son coach explique que Steph' a " la meilleure coordination au monde entre ses yeux et sa main " tandis que pour Reggie Miller, autre légende du tir, " C'est la vitesse à laquelle il libère son shoot ! Ce qui le rend indéfendable ". Son père Dell, également réputé pour son tir longue distance durant sa carrière, estime que c'est " la répétition du geste, l'entraînement et la confiance en soi ". C'est probablement la somme de tous ces paramètres réunis. Mieux encore, le meneur de jeu est loin d'être unidimensionnel en étant autant un meneur de jeu créateur pour lui que pour les autres, comme en témoigne ses 8 passes décisives par match. Et il n'est pas seul : c'est avec son coéquipier Klay Thompson qu'ils sont encore plus redoutables. Le natif de Los Angeles aligne des statistiques dans la lignée de son meneur de jeu, de quoi rendre fou les défenses adverses. Un duo qui ne fait plus qu'un d'après ce dernier : " Nos adversaires nous voient comme une entité maintenant, plus qu'un duo. Si vous vous préoccupez de l'un, l'autre aura des shoots ouverts, et vice-versa ", comme il l'a annoncé à CNN avant le début de la saison. Une complicité qu'ils ont encore développée lors de la Coupe du Monde de basket, remportée en Espagne début septembre. Consultant à la télévision américaine, Mark Jackson est engagé en 2011 malgré son inexpérience dans le coaching. L'ancien meneur de jeu promet de faire des Warriors une équipe plus efficace en défense et un prétendant au titre. La première saison est difficile, mais les Californiens retrouvent enfin les phases finales en 2013 et 2014. Apprécié des joueurs, Mark Jackson est pourtant licencié par le management malgré un bilan de victoires à 60 % sur les deux dernières saisons. Le manager général Bob Myers expliquera que même si Jackson a permis d'améliorer le niveau des joueurs et de l'équipe, il fallait faire quelque chose pour devenir un réel prétendant au titre. Les Warriors jetteront leur dévolu sur Steve Kerr, ancien arrière cinq fois champion avec les Bulls et les Spurs, qui a également la particularité de n'avoir aucune expérience de coaching et... d'être consultant à la télévision américaine ! Pourtant, le nouveau coach transcende son équipe et ses joueurs et fait d'une équipe de moitié de tableau un prétendant au titre en une intersaison. Là où Jackson se révélait plus traditionnel, Kerr n'hésite pas à bouger son cinq de base et à titulariser les jeunes et rapides Harrison Barnes et Draymond Green : bouger le ballon pour faire bouger les défenseurs. Et cela fonctionne, les Warriors ont la meilleure attaque de la ligue et gagnent leurs matchs avec une moyenne de 11 points d'avance. Les Hawks, 2e à ce classement particulier, n'ont un différentiel " que " de +6 ! Pareil de l'autre côté du terrain où Thompson, Barnes et Green offrent le même gabarit, ce qui facilite la permutation en défense et donc la prise de risque. Stephen Curry n'est pas en reste, son coach l'ayant également responsabilisé en défense afin d'augmenter son implication et son niveau de jeu. Sous Mark Jackson, Curry laissait Thompson s'occuper du meilleur arrière. Le résultat ? Le meneur de jeu a développé son arsenal défensif et est depuis devenu le meilleur intercepteur de la ligue. Là où l'on attendait les Thunder et les Spurs en tête de la conférence Ouest, ce sont les Warriors qui leur brûlent la politesse. Pour aller au bout, les Californiens auront surtout besoin de leur secteur intérieur composé d'Andrew Bogut et David Lee, pas épargnés par les blessures cette saison. Mais avec dans leurs rangs le probable meilleur joueur de la saison, Stephen Curry, et le meilleur coach Steve Kerr, les Warriors semblent parés pour aller chercher un 4e titre de champion après ceux de 1948, 1962 et 1975. Mais à viser les finales, il ne faudra pas brûler les étapes trop rapidement. D'autant qu'à l'heure actuelle, ils pourraient affronter les San Antonio Spurs de Tony Parker et Tim Duncan ou les Oklahoma City Thunder de Russel Westbrook et Kevin Durant. De gros morceaux à passer, avant de rêver de décrocher la bague de champions. *Statistiques au 22 janvier 2015 PAR GEORGES XOURAS - PHOTOS: BELGAIMAGELes Warriors gagnent leurs matchs avec une moyenne de 11 points d'avance !