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Cher Magazine,En venant du centre de Milan, distant de 6 kilomètres de Giuseppe Meazza, un grand nombre de flèches San Siro (bien que ce nom soit celui du quartier et non plus celui du stade) vous indique la route à suivre pour vous rendre sur la via Piccolomini. Le problème, c'est que cet abondant fléchage est irrégulier. Tout à coup, dieu sait pourquoi, certains carrefours en sont dépourvus. Vous voilà donc obligé de naviguer au pifomètre, chose dont on se passerait volontiers tant se faufiler sur les gros pavés sautillants, au milieu des trams oranges et d'une nuée d'automobilistes peu fair-play, est désagréable. On a beau se préparer à découvrir une construction énorme, elle est encore plus grande qu'on ne se l'imagine! Une impression de gigantisme accentuée par le petit bar-restaurant se trouvant au pied du géant. A l'origine, San Siro fut construit pour le seul Milan (c'est comme ça que l'on appelle l'AC dans la Péninsule étant donné qu'en italien il ne peut y avoir de confusion avec la ville: Milano). L'Inter jouait dans le centre de la cité lombarde dans une Arena Napoleonica datant de 1806. Sous la tribune sud, se trouve la boutique des Interistes (celle de leurs rivaux se trouve en ville), ainsi que le musée retraçant la grande histoire des deux clubs. Une visite de celui-ci vous coûtera sept euros, comprenant également un tour du stade accompagné d'un guide quadrilingue. S'il est bien une enceinte qu'il est quasi impossible de ne pas reconnaître extérieurement, même sans y avoir jamais mis les pieds, c'est bien celle des deux ogres milanais. Déjà dans l'ancienne configuration, les rampes d'accès, superposées en pente douce et recouvrant la totalité de la surface extérieure, donnaient une image unique dans la galerie des architectures footballistiques. Depuis les travaux effectués pour la Coupe du Monde 1990, 11 tours, aux airs de cylindres géants filetés, sont venues s'ajouter pour donner accès au troisième niveau. Seule une des tribunes latérales à dû faire son deuil d'un agrandissement en raison du voisinage direct de l'hippodrome de la ville. Enfin, comment ne pas évoquer l'immense toiture translucide et parfaitement plane, qui repose exclusivement sur les quatre tours d'angles. Elle donne un peu la sensation de ne pas vraiment faire partie de l'ensemble, comme si un vaisseau spatial venu de la planète football avait décidé de se poser délicatement au-dessus du temple milanais pour le protéger. René Katusic