Une des premières décisions de Besnik Hasi fut de confier l'entrejeu à Sacha Kljestan et Youri Tielemans. Exit donc le capitaine, Guillaume Gillet. Rapidement, le Kosovar s'est empressé d'éteindre le feu en disant que Gillet faisait toujours bien partie de ses plans mais, pour le Liégeois, cette mise à l'écart a sonné comme un désaveu. Sa saison tourne au cauchemar, lui qui a dû subir les foudres des supporters mauves qui l'ont très vite désigné comme le coupable des mauvaises prestations des champions en titre, a vu la renaissance d'Anthony Vanden Borre au poste de back droit, et que la plupart des pronostiqueurs écartent de la liste des 23 pour le Brésil. L'ancien joueur d'Eupen et de Gand est-il en train de tout perdre, à 30 ans, et a-t-il encore un avenir à Anderlecht ? Sport/Foot Magazine a posé le débat.
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Une des premières décisions de Besnik Hasi fut de confier l'entrejeu à Sacha Kljestan et Youri Tielemans. Exit donc le capitaine, Guillaume Gillet. Rapidement, le Kosovar s'est empressé d'éteindre le feu en disant que Gillet faisait toujours bien partie de ses plans mais, pour le Liégeois, cette mise à l'écart a sonné comme un désaveu. Sa saison tourne au cauchemar, lui qui a dû subir les foudres des supporters mauves qui l'ont très vite désigné comme le coupable des mauvaises prestations des champions en titre, a vu la renaissance d'Anthony Vanden Borre au poste de back droit, et que la plupart des pronostiqueurs écartent de la liste des 23 pour le Brésil. L'ancien joueur d'Eupen et de Gand est-il en train de tout perdre, à 30 ans, et a-t-il encore un avenir à Anderlecht ? Sport/Foot Magazine a posé le débat. " Hasi le voit comme un médian dans un rôle d'infiltreur ", analyse Marc Degryse. " Mais comme il a opté pour le 4-4-2, il n'y a plus que sur la droite qu'il peut évoluer. Dans les autres positions, il est moins légitime. Ce n'est pas un numéro six. A moins qu'Hasi revienne au 4-3-3. Là, il a sa place dans l'entrejeu, comme médian offensif, éventuellement. Mais dans l'entrejeu, même s'il travaille beaucoup et marque assez facilement, il y a meilleur que lui, tant comme médian défensif que médian offensif. " " Pour moi, sa meilleure position demeure dans l'entrejeu ", ajoute Hugo Broos. " C'est là qu'il est le plus utile car c'est un joueur qui possède un gros moteur, qui sait faire des allers-retours incessants, qui sait marquer en s'infiltrant et de la tête sur phases arrêtées et qui sait se présenter dans les 16 mètres. Evidemment, il faut utiliser ses qualités. Il n'a pas assez de technique pour en faire un meneur de jeu ou une plaque tournante mais comme médian offensif, il a des atouts. " Mais la présence de Gillet dans le secteur offensif est loin de faire l'unanimité. Pour d'autres, son avenir se situe bien en défense, là où il s'est développé ces dernières saisons. " Pour moi, s'il s'est retrouvé dans l'entrejeu, c'est pour dépanner John Van Den Brom et parce qu'il fallait lui donner une autre chance suite à l'émergence de Vanden Borre au poste de back droit ", dit Philippe Albert. " Mais sa position désormais naturelle se situe au poste de back droit. Quand tu évolues au fil des années à une position, c'est difficile de retrouver ses sensations à un autre poste, même s'il s'agit de ta position préférée et originelle. De plus, il a des qualités athlétiques et physiques. Il pèse dans le jeu aérien mais techniquement, il n'a pas le même niveau que d'autres. Dans l'entrejeu, il n'a pas tellement le style d'Anderlecht. A cette position-là, il s'épanouirait davantage à Bruges ou au Standard. " Georges Leekens, qui, le premier, a misé sur Gillet en défense appuie cette thèse. " Pour moi, c'est une très bonne solution à ce poste car il est très fort offensivement et il peut apporter le surplus en soutenant l'entrejeu. Mais si ton club veut que tu joues dans l'entrejeu, tu dois accepter, même si cela brouille ton image. Regardez Jan Vertonghen à Tottenham ! " Cela commence à se compliquer. Il y a peut-être une place à prendre au poste de back droit, comme substitut de Toby Alderweireld mais comme il ne joue plus à cette position, il semble s'être fait dépasser dans la hiérarchie par Thomas Meunier et Vanden Borre, voire Laurent Ciman (qui ne joue pas à cette position mais que Wilmots apprécie pour sa polyvalence). " Tout le monde devient nerveux quand tu es mis une ou deux fois sur le banc mais les play-offs peuvent encore modifier la donne ", affirme Leekens. " Et il ne faut pas non plus oublier le passé. Marc (Wilmots) a de la mémoire. Il n'a pas oublié son but contre la Croatie et il apprécie sa polyvalence. " Degryse est plus sceptique. " A court terme, je ne vois pas d'issue : il est sur le banc et quand il joue, ce n'est plus au back droit. " Albert abonde dans son sens. " En quelques mois, il peut tout perdre. Le fait qu'il dépanne dans l'entrejeu et qu'il soit sur le banc quelques matches ne poseraient pas de problème une saison normale, mais quand il s'agit d'une année Coupe du Monde, cela devient embêtant. A l'heure actuelle, je ne le vois pas aller au Brésil. " A 30 ans, il est en droit de se poser cette question. Si Vanden Borre confirme à droite, cela paraît bouché pour Gillet. Et, dans l'entrejeu, les jeunes Massimo Bruno, Dennis Praet et Youri Tielemans vont prendre le dessus. " Est-ce que son temps est révolu ? C'est un peu exagéré ", nuance Degryse. " Il a toujours affiché une bonne mentalité et est toujours revenu dans le coup après une moins bonne période. Mais on ne doit pas se tromper de rôle. Pour moi, ce n'est pas un leader. On lui a confié le brassard parce qu'il avait l'âge et l'expérience mais il ne faut pas lui donner l'importance que son jeu ne lui confère pas. Intrinsèquement, il y a d'autres leaders techniques dans le noyau. Lui doit simplement être content de jouer et être dans le onze de base. " Pourtant, ses qualités de battant ne sont pas à dédaigner. " Il a longtemps été titulaire à Anderlecht, il ne faut pas l'oublier ", dit Broos, " et je ne vois pas pourquoi il n'aurait plus le niveau d'Anderlecht du jour au lendemain. " Néanmoins, plus que jamais, voilà Gillet en ballottage défavorable sur deux postes. Ce qui ne lui était jamais arrivé depuis son arrivée à Anderlecht en 2008. Est-il victime de sa polyvalence comme l'affirmait son agent dans les colonnes de Sud Presse ? " Il est surtout victime du retour de Vanden Borre ", dit Albert. " Je ne crois pas que sa polyvalence ait joué contre lui. Au contraire ! Elle lui a permis de faire carrière ", ajoute Broos. Et encore aujourd'hui, bien que barré par Vanden Borre, il a la possibilité de rebondir dans l'entrejeu, ce qui double ses chances d'évoluer dans le onze de base par rapport à un arrière droit lambda. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Dans l'entrejeu, il y a meilleur que lui. Tant offensivement que défensivement. " Marc Degryse