Dimanche, si Philippe Gilbert veut honorer son statut de favori à Geelong, au Mondial australien, il devra se défaire des sprinters en route. C'est plus facile à dire qu'à faire car le parcours est un des plus légers de ces douze dernières années, si on calcule les mètres en côte. La différence n'était inférieure qu'à Zolder (succès de Mario Cipollini) et à Salzbourg ( Paolo Bettini).
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Dimanche, si Philippe Gilbert veut honorer son statut de favori à Geelong, au Mondial australien, il devra se défaire des sprinters en route. C'est plus facile à dire qu'à faire car le parcours est un des plus légers de ces douze dernières années, si on calcule les mètres en côte. La différence n'était inférieure qu'à Zolder (succès de Mario Cipollini) et à Salzbourg ( Paolo Bettini). La plupart des participants ont découvert le circuit de Geelong la semaine dernière. " Certains l'ont jugé plus dur qu'ils ne s'y attendaient ", commente le sélectionneur belge, Carlo Bomans. Mais est-il suffisamment ardu pour rebuter André Greipel et Mark Cavendish, les meilleurs sprinters de cette saison ? " Je n'oserais apporter de réponse tranchée dans le cas de Cavendish ", répond Bomans depuis le Crowne Plaza Hôtel de Torquay. " Greipel a moins de chances. Il n'a pas roulé la Vuelta, qui demeure la meilleure préparation. " Dimanche, le peloton devra grimper un total de 2.908 mètres. Geelong ressemble assez fort au parcours de Salzbourg, en 2006, qui comptait environ 2.800 mètres de grimpe. Il s'en était fallu de peu pour qu'un sprinter, Robbie McEwen, ne s'impose. " 3.000 mètres constituent ma limite ", a déclaré l'Australien quand il ne comptait pas encore sur une sélection pour le Mondial à venir. Sa déclaration rend du courage à maints sprinters. " Il sera de toute façon très difficile de lâcher Thor Hushovd ", prédit Bomans. " Je me souviens qu' Oscar Freire a aussi opposé une farouche résistance dans les montagnes de la Vuelta. Il est en forme. " Tyler Farrar et Edvald Boasson Hagen, qui ont déjà prouvé qu'ils étaient davantage que des sprinters, ont aussi la cote. " Heureusement, la Belgique n'est pas la seule qui a intérêt à faire la course ", remarque Bomans. " Je pense que les Italiens n'ont pas très envie que leur leader, Filippo Pozzato, soit confronté à Hushovd ou à Cavendish dans la finale. " Même si on en arrive à un sprint massif, Gilbert conserve un atout, selon le sélectionneur. Dans la Vuelta, à deux reprises, l'Ardennais a lâché tout le peloton dans une arrivée en côte. Or, Moorabool Street, la rue qui accueille la fin du Mondial, est en pente. Bomans ne redoute qu'un scénario-catastrophe : que la formation d'un éventail en début de course ne réduise à néant les chances de Philippe. En l'absence de Tom Boonen et de Stijn Devolder, la Belgique n'a pas d'autre leader potentiel. Bomans : " En cas de besoin, nous jouerons la carte de Bjorn Leukemans et de Greg Van Avermaet mais ils n'ont pratiquement rien gagné ces derniers mois. J'espère qu'ils pourront seconder Philippe le plus longtemps possible dans la finale. " PAR BENEDICT VANCLOOSTER