Si, fin août, il n'avait lui-même claqué la porte de l'équipe nationale, Frédéric Herpoel aurait été du déplacement des Diables Rouges en Lituanie. Il aurait certainement assisté à ce dernier rendez-vous inutile depuis le banc car le gardien de Gand n'a plus reçu sa chance depuis belle lurette. Il dresse le bilan du début de saison des Gantois et explique pourquoi il n'est plus Diable Rouge car bon nombre de malentendus continuent à planer à ce sujet.
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Si, fin août, il n'avait lui-même claqué la porte de l'équipe nationale, Frédéric Herpoel aurait été du déplacement des Diables Rouges en Lituanie. Il aurait certainement assisté à ce dernier rendez-vous inutile depuis le banc car le gardien de Gand n'a plus reçu sa chance depuis belle lurette. Il dresse le bilan du début de saison des Gantois et explique pourquoi il n'est plus Diable Rouge car bon nombre de malentendus continuent à planer à ce sujet. Mais d'abord Gand : " Je ne pense pas que nous ayons de quoi être satisfaits. Si la campagne Intertoto a été bonne, ensuite, ce le fut moins. Avons-nous pensé que plus rien ne pouvait nous arriver, après notre bonne prestation contre les Espagnols de Valence ? Peut-être. Notre engagement s'est amélioré après le match contre Zulte Waregem sans qu'on puisse vraiment parler de progrès significatif. Tous les matches se sont joués sur peu de choses. Après Genk, la chance a tourné en notre faveur. Nous nous sommes ressaisis en signant un 11 sur 15 ". Gand marque difficilement avec ses douze buts en neuf matches malgré l'embauche de plusieurs attaquants : " J'avance des circonstances atténuantes. ZéphirinZoko s'est blessé pendant la préparation, NenadMladenovic souffre du genou, AliyuDatti a eu des problèmes et DominicFoley s'est blessé après ses débuts contre Genk. Il manque de rythme ". Gand ne dépend-il pas trop de Mbark Boussoufa ? " Il est techniquement supérieur mais il a besoin qu'on l'approvisionne. Aucun joueur ne fait la différence seul ". Après moult hésitations, Herpoel a prolongé son contrat à Gand jusqu'en 2007 : " Je voulais des garanties sportives. Le club aurait pu être au niveau de Genk s'il avait profité de l'élan insufflé en 2000 par Trond Sollied. La présence de Georges Leekens est positive en ce sens. J'aurais pu signer pour quatre ans mais je ne l'ai pas fait ". Et puis, il y a aussi son auto-analyse cynique :" Suis-je assez bon ? Je suis sobre et j'atteins toujours mon niveau. Les gardiens savent à quel point c'est difficile. Le fait que je n'effectue pas quatre pirouettes avant de prendre un ballon pose-t-il problème ? Est-ce un handicap dans ma carrière ? Je suis ainsi fait. Je veux qu'on parle de mes performances sportives, pas du reste. Je ne me mettrai pas non plus à genoux pour être transféré dans un club de plus grande envergure. Je ne reviendrai jamais à Anderlecht où on ne me juge pas assez bon. Le Club Bruges ne m'a pas enrôlé non plus quand j'étais libre. Et le Standard m'a proposé le tiers de ce que je gagnais ailleurs... L'étranger ? Pas n'importe où ". Il s'amuse toujours sur le terrain mais n'apprécie pas le sensationnalisme : " Je suis heureux d'expliquer mon métier. Par exemple, pourquoi un ballon qui a l'air difficile est en fait plus aisé à capter qu'un envoi direct ? J'entends beaucoup de bêtises dans les analyses. Ainsi, celui qui arrête un penalty a d'office fait un bon match alors qu'en fait, à mes yeux, il y réussit parce que le penalty a été mal botté. Un gardien est seul, à 11 mètres du ballon, dans une cage de 2,44 m sur 7,32 m. Le ballon doit rentrer à tous les coups. C'est comme s'imposer sur des phases arrêtées. Cela devient très difficile de sortir. Les ballons arrivent plus vite et les joueurs forment parfois un bloc. Imaginez que cinq joueurs attaquent le but, chacun dans sa zone, au signal, les yeux fermés. On s'attend à ce que le gardien lise la trajectoire du ballon et le boxe avant même l'arrivée de l'avant ? Dur, dur. Il faut être gardien pour saisir la difficulté de cette tâche ". Leekens lui demande pourtant d'être plus présent dans le rectangle : " Depuis son arrivée, nous encaissons moins de buts, ce qui faisait partie de nos objectifs. J'ai adapté mon style, j'essaie d'être plus présent sur certaines phases, peut-être aussi en réaction à certaines déclarations, comme celles de MichelPiersoul, l'ex-entraîneur de Proto à La Louvière, un homme que je ne connais même pas et qui s'est attaqué à JanMoons et à moi-même. Un Philippe Vande Walle ne ferait jamais ça. Mieux, il viendrait m'en parler ". En décembre 2004, il déclarait : " J'ai des difficultés chez les Diables mais je reste fier de défendre nos couleurs ". Quelques mois plus tard, il changeait d'avis : " C'est une longue histoire. Après le match de Cologne en mars 2004, j'ai été écarté comme une merde. Le duo GeertDe Vlieger- TristanPeersman a été sélectionné en amical toujours contre la Turquie en avril. Peersman avait disputé quelques rencontres avec Anderlecht. Geert a joué puis a été écarté pour le match suivant, contre les Pays-Bas en mai, au profit du duo Peersman- ErwinLemmens. Tristan a défendu le but. En août, on a retrouvé Peersman et Lemmens en Norvège, Tristan étant encore le numéro un. Rebelote contre la Lituanie en novembre pour le premier match de la qualification en Coupe du Monde, mais Lemmens s'est blessé et on m'a appelé. Idem pour le match en Espagne en octobre. Les deux fois, j'ai fait banquette. Je n'ai pas été repris contre la Serbie & Monténégro en novembre mais Proto a obtenu sa première sélection. Quand Peersman s'est blessé, j'ai accepté de le remplacer, sans faire de problème. Je n'ai jamais rien dit. De toute façon, le staff ne me parlait pas. Après la Serbie & Monténégro, il y a eu un match amical en février 2005 en Egypte. Pour Proto ! J'étais blessé au moment des joutes contre la Bosnie et St-Marin fin mars. Je suis revenu à Belgrade, en juin, où Silvio a fait un bon match. J'ai alors lu dans le journal les propos du coach : -J'aurais un fameux problème si la situation de Proto s'éternisait. C'était quand il était entre les Loups et Anderlecht. Je ne sais comment vous interprétez ça, mais en tant que deuxième gardien, j'ai tout capté... Cela m'a rebuté mais j'ai conservé mon calme. J'avais été correct assez longtemps. J'ai téléphoné à Aimé Anthuenis pour lui dire que c'était terminé. Quand j'ai un problème avec quelqu'un, je lui en fais part. Sa réponse a été : - Je te sélectionne quand même. J'avais mûri ma décision. Que serait-il arrivé si Geert ne s'était pas blessé, si Lemmens n'avait pas passé une saison sur le banc en Espagne ou si Peersman n'avait pas eu de problèmes psychologiques ? Silvio aurait été convoqué sur base de ses performances. Aurait-on pensé à Herpoel ? Une chose doit être claire : c'est la situation actuelle qui ne me plaît pas. Anthuenis parti, je me replacerai à la disposition du prochain sélectionneur : " Robert Waseige, le premier à m'avoir sélectionné m'avait accueilli en ces termes, le premier jour : - Tu as le même statut que les autres. Tu fais partie d'un groupe. C'est comme cela que ça doit marcher. L'entraîneur sélectionne les meilleurs à ses yeux et fait confiance à chacun ". Jacky Munaron est assis entre deux chaises : il travaille avec Proto à Anderlecht et est entraîneur des gardiens chez les Diables. Herpoel : " Je préfère ne pas répondre, parce que je respecte tout le monde ". Les Anderlechtois deviennent rapidement internationaux, non ? Comme Peersman ou AnthonyVanden Borre après quelques matches... " Je crains pour le football si jamais l'aspect commercial prend le pas sur le sportif. Je parle du football en général et pas d'un cas spécifique ". Le statut d'international accroît la valeur d'un joueur sur le marché évidemment et on veut en parler mais il nous interrompt en riant et en insistant : " Nous aurons un fameux problème si l'aspect commercial prenait le pas sur le sportif ". Est-il soulagé que le problème ait été résolu comme ça ? Herpoel : " Ce n'était pas facile à gérer. Je ne pouvais plus tolérer ça, par respect envers moi-même. Je ne pouvais admettre ce que le sélectionneur avait fait. Je réfléchis et je reste moi-même. Avec une certaine fierté ". PETER T'KINT ET FRéDéRIC VANHEULE " JE NE POUVAIS TOLÉRER CE QUE LE SÉLECTIONNEUR A fait "