E nzo Scifo : " Anderlecht qui subit régulièrement les événements en Belgique, c'est presque du jamais vu dans l'histoire récente de notre football. Qu'on ne vienne pas me dire qu'il est impossible de faire de meilleurs résultats avec ce noyau. Attention, je n'accuse pas seulement Hugo Broos. Il y a certainement d'autres responsables à ce malaise. Les joueurs, notamment. En tout cas, il est incompréhensible que la sauce n'ait toujours pas pris à ce stade de la saison. Anderlecht régresse au lieu de progresser : c'est peut-être ça, le plus inquiétant. Le Sporting n'a certainement pas le groupe le plus doué de son histoire mais il devrait quand même être capable de survoler le championnat.
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E nzo Scifo : " Anderlecht qui subit régulièrement les événements en Belgique, c'est presque du jamais vu dans l'histoire récente de notre football. Qu'on ne vienne pas me dire qu'il est impossible de faire de meilleurs résultats avec ce noyau. Attention, je n'accuse pas seulement Hugo Broos. Il y a certainement d'autres responsables à ce malaise. Les joueurs, notamment. En tout cas, il est incompréhensible que la sauce n'ait toujours pas pris à ce stade de la saison. Anderlecht régresse au lieu de progresser : c'est peut-être ça, le plus inquiétant. Le Sporting n'a certainement pas le groupe le plus doué de son histoire mais il devrait quand même être capable de survoler le championnat. Depuis le mois d'août, je vois des joueurs qui sont chaque semaine à côté de leurs pompes. Des gars qui cassaient la baraque au cours des dernières années, à Anderlecht ou ailleurs, et ils ne sont plus aujourd'hui que l'ombre d'eux-mêmes. Mbo Mpenza est évidemment le cas le plus marquant. Le fait-on jouer à sa meilleure place ? A-t-on la bonne approche avec lui et les autres qui sont à côté de la plaque ? Il y a des questions qu'il faudrait se poser d'urgence. Je suis surtout frappé par la gestion humaine déficiente du noyau. La gestion des gardiens, notamment. Il fallait être clair dès le départ en désignant un numéro 1 intouchable, et son substitut. Au lieu de cela, Broos a timidement désigné un titulaire qui savait qu'on le renverrait sur le banc à la première erreur. Et ce petit jeu continue : -Tu restes dans l'équipe si tu es bon, mais tu sautes si tu rates ton match. C'est comme ça qu'on se retrouve avec deux gars fébriles qui ne savent plus où ils en sont. La problématique Walter Baseggio- Pär Zetterberg est aussi révélatrice. Dès le début de saison, Broos a dit qu'ils ne pouvaient pas jouer ensemble. Il s'est ainsi mis dans un étau, médiatique notamment. Aujourd'hui, ils jouent tous les deux, mais comment Broos peut-il encore se justifier valablement, aux yeux du public, de la presse, mais aussi de ses propres joueurs ? Je ne le condamne pas pour avoir raisonné comme cela durant l'été, mais il devait alors garder ses explications pour lui et voir comment l'équipe progressait. Pour cela, il aurait dû s'inspirer de Trond Sollied. Lui, au moins, il sait communiquer... en ne disant rien. Alin Stoica et Jonathan Blondel ne jouent plus ? Et alors ? Tout le monde a le droit de s'interroger, mais ce n'est pas Sollied qu'il faut aller trouver pour avoir l'explication. Il dresse un mur entre lui et la presse, estimant qu'il n'a pas à justifier ses choix. Et c'est beaucoup mieux comme cela. Il se réserve ainsi le droit de remettre demain dans l'équipe les bannis d'aujourd'hui, sans se contredire ". " Comment le Sporting a-t-il pu retenir Aruna Dindane contre son gré alors qu'on lui proposait 8 millions d'euros ? C'est incompréhensible. Le joueur avait été on ne peut plus clair en vidant son armoire du vestiaire : il n'avait plus la tête à Anderlecht et ne l'aurait plus jamais. Tout était allé trop loin, ce n'était pas un simple coup de tête. Au lieu de cela, la direction a choisi l'épreuve de force. On a vu le résultat depuis le mois d'août. Dindane n'est plus Dindane. Si les carottes sont cuites en Ligue des Champions, je reste toutefois optimiste pour le championnat. Il est probable que Bruges connaîtra son traditionnel passage à vide. Il faudra seulement que le Sporting soit prêt à ce moment-là. Qu'il ait un vrai système de jeu, surtout. Il y en a un au Club mais on cherche toujours celui d'Anderlecht. Là-bas, on cherche tout, d'ailleurs : Broos se cherche, il cherche son équipe, il cherche son système,... Ce n'est qu'en trouvant les solutions dans les plus brefs délais qu'on pourra encore espérer un vrai duel pour le titre. De toute façon, les deux premiers sont connus. Des clubs comme le Standard, La Louvière et Charleroi n'ont aucune chance de menacer un Sporting même malade : arrêtons de rire ". Pierre Danvoye