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Avec son mètre 92 et ses 85 kilos, Gerard Piqué a une morphologie quasiment parfaite pour un défenseur central. Grâce à ce gabarit et une saine agressivité, il se montre très performant dans le 1 contre 1. Sa force dans les duels fait de lui un bastion presque infranchissable. Il forme avec Carles Puyol une charnière centrale défensive de très haut niveau assortie d'une excellente complémentarité. Et cela aussi bien au Barça qu'en sélection.
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Avec son mètre 92 et ses 85 kilos, Gerard Piqué a une morphologie quasiment parfaite pour un défenseur central. Grâce à ce gabarit et une saine agressivité, il se montre très performant dans le 1 contre 1. Sa force dans les duels fait de lui un bastion presque infranchissable. Il forme avec Carles Puyol une charnière centrale défensive de très haut niveau assortie d'une excellente complémentarité. Et cela aussi bien au Barça qu'en sélection. Actuellement, dans le foot de haut niveau, exception faite des phases arrêtées, les défenseurs centraux participent très peu aux offensives. Lui, il ne se prive pas d'amorcer la construction et de poursuivre son action jusque dans les 16 mètres adverses. Il le fait d'autant plus quand il évolue au Camp Nou contre Copenhague que lors d'un match de Liga contre le Real par exemple. C'est lui, d'ailleurs qui est à la base du premier but mardi dernier contre les Danois. A 23 ans, son palmarès est déjà truffé de titres (le triplé avec le Barça en 2009 et la Coupe du Monde en 2010). Malheureusement pour lui, il est arrivé en équipe d'Espagne après l'Euro 2008. Sa marge de progression est encore importante car un défenseur arrive à pleine maturité entre 25 et 30 ans. Le fait d'évoluer au sein de grandes équipes avec de nombreux matches de haut niveau va encore accélérer son évolution. Tactiquement, il est très intelligent. Avec Puyol, ils se couvrent mutuellement et communiquent beaucoup. Il se lance rarement dans l'anticipation quand il a peu de chance d'intercepter le ballon. Il préfère prendre un mètre de recul pour assurer ses arrières plutôt que de se faire surprendre dans son dos. Il couvre très bien les montées de Dani Alves, le défenseur latéral jouant de son côté. En fin de match, quand le score est serré, il reste derrière sur phases arrêtées comme sur le 2-0 contre Copenhague suite à un corner. Pour un défenseur central, il possède une excellente technique. Sa frappe de balle du pied droit est très solide. Elle lui permet d'effectuer des longues relances précises et tendues. Il alterne très bien jeu court/jeu long surtout en sélection car, en club, le leitmotiv est, encore plus, de chercher la petite passe dans l'intervalle. Avec sa taille, son jeu de tête est très performant. Il est rarement battu dans les confrontations aériennes dans ses 25 derniers mètres. En possession du ballon, Barcelone met une telle pression sur l'adversaire que celui-ci est parfois obligé de balancer un long ballon. C'est alors du pain bénit pour le Catalan, qui règne en maître dans ce domaine. Le champion du monde est particulièrement efficace dans les interventions glissées. Son tackling est très performant surtout du côté droit. Il est tellement confiant dans son geste défensif qu'il n'hésite pas à tackler dans son propre rectangle où le risque de penalty est important. Même si, actuellement, il doit composer avec son capitaine, il n'a pas peur de prendre ses responsabilités au niveau du coaching. Il n'hésite pas à donner de la voix et lorsque son compère de la défense centrale aura pris sa retraite, il s'érigera en véritable patron. Sa vitesse de démarrage n'est pas exceptionnelle. Il préfère affronter des attaquants de grande taille plutôt que de se frotter à des petits joueurs très explosifs et techniques. Dans les petits espaces et face à des combinaisons courtes en déviation, il peut éprouver des difficultés à pivoter rapidement. Il parvient à masquer ce petit défaut par un placement judicieux et une fois lancé, sa vitesse de course est de bon niveau. Même s'il a évolué quelques fois avec Manchester United comme arrière latéral droit, son poste de prédilection est celui de défenseur central droit. De ce point de vue, on peut dire qu'il manque clairement de polyvalence. Il serait intéressant dans le futur de le voir un jour occuper le rôle de demi récupérateur. Mais Barcelone est aussi paré dans ce domaine avec Javier Mascherano et Carlos Busquets. Il a parfois tendance à jouer trop à l'aise car il peut faire preuve d'un excès de confiance, conscient de ses énormes qualités. Le fait d'évoluer dans une équipe qui avoisine les 70 % de possession de balle quasiment à chaque match, peut le pousser aussi à relâcher sa concentration et à tomber dans la facilité. Avec des arrières latéraux, du style Dani Alves et Eric Abidal, qui s'engagent continuellement sur leur flanc, il devrait par moments tempérer son envie de participer à l'offensive. Heureusement qu'il peut compter sur Mascherano voire Busquets pour conserver une organisation défensive. Quand ils perdent le ballon, le Barça se retrouve souvent en égalité numérique ou même en infériorité sur la contre-attaque adverse. - Malgré sa taille et l'autorisation de monter sur coups de pied arrêtés, il se montre trop peu dangereux dans le trafic aérien en zone offensive. Sa trentaine de buts inscrits en pros l'ont été principalement du pied même si, avec Manchester, il avait marqué de la tête en Ligue des Champions, sur corner, contre la Roma. Il a, en tout cas, toutes les qualités pour se montrer plus décisif sur les phases arrêtées. Pour l'adversaire, il est possible de s'infiltrer entre les deux défenseurs centraux car ils doivent continuellement couvrir les latéraux qui participent constamment sur leur côté respectif. Les distances entre Puyol et Piqué sont alors beaucoup plus importantes que lorsque le quatre arrière est bien en place. C'est à ce moment-là que l'opposant doit placer des banderilles. Il fait parfois preuve d'un excès d'altruisme offensif : il privilégie le collectif au fait de jouer sa carte personnelle. Cela peut se retourner contre lui comme sur le goal annulé pour hors-jeu de Lionel Messi mardi dernier en Ligue des Champions. Il aurait pourtant pu tenter sa chance lui-même sur cette phase. - Même si c'est le style de jeu de Pep Guardiola de chercher la solution propre plutôt que de dégager n'importe où, le Barcelonais a parfois tendance à prendre trop de risques dans des situations de pressing adverse quand il est en position de dernière homme. né en 1963, étienne delangre joua comme défenseur au standard de 1981 à 1992 (267m en d1 et 6b, champion en 82 et 83). ex-chargé de cours à l'école du heysel, il coacha de la P1 à la d1 (charleroi). par étienne delangre