1 La fédé africaine met sur son site : " Leekens fait l'unanimité. Le coach belge de la Tunisie a réussi son opération charme à coup de victoires contre le Botswana et en Egypte. Il est en rupture avec les sélectionneurs qui cadenassaient à l'extérieur. Il joue franchement le jeu, cherchant carrément la victoire. " Le Georges nouveau est arrivé ?

Oh la la, ils écrivent ça ? (Il éclate de rire). Non, c'est toujours le même Leekens. J'ai toujours fait avec les moyens mis à ma disposition, et quand ils étaient bons, on a joué un foot offensif. Quand ils étaient moins bons, je misais d'abord sur l'organisation. La Tunisie est un peu dans le trou et veut retrouver un bon niveau. Elle jouait depuis longtemps avec cinq défenseurs. J'ai dit : -Stop, maximum quatre hommes derrière. On a gagné nos deux premiers matches qualificatifs pour la CAN 2015, alors il y a un enthousiasme fou. Mais je ne suis pas aveugle, je sais que ça peut passer ...

Oh la la, ils écrivent ça ? (Il éclate de rire). Non, c'est toujours le même Leekens. J'ai toujours fait avec les moyens mis à ma disposition, et quand ils étaient bons, on a joué un foot offensif. Quand ils étaient moins bons, je misais d'abord sur l'organisation. La Tunisie est un peu dans le trou et veut retrouver un bon niveau. Elle jouait depuis longtemps avec cinq défenseurs. J'ai dit : -Stop, maximum quatre hommes derrière. On a gagné nos deux premiers matches qualificatifs pour la CAN 2015, alors il y a un enthousiasme fou. Mais je ne suis pas aveugle, je sais que ça peut passer du blanc au noir après une seule défaite. Ici, un mois après le début du championnat, six coaches étaient dehors. La pression du résultat immédiat est terrible. Donc, je ne m'emballe pas. Pour que la Tunisie redevienne un grand pays, il faudra des résultats. Depuis une dizaine d'années, il n'y en a plus. Le travail est énorme. On va affronter deux fois le Sénégal en octobre : leurs joueurs sont dans les meilleurs championnats en Europe alors que 70 % de mon noyau joue en Tunisie. On cherche les raisons. On m'a dit que je m'attaquais à une mission impossible, j'ai répondu qu'elle était réalisable. J'avais rencontré Broos peu de temps avant que son attaquant camerounais soit tué par une pierre lancée des tribunes. Il m'avait dit que c'était son meilleur joueur. Il a hésité et il est finalement retourné en Algérie. C'est le bon choix. J'ai côtoyé les supporters algériens quand j'étais coach de leur équipe nationale, ils sont très chauds. Il y a eu un mort mais la vie continue. On n'a pas arrêté de jouer au foot en Belgique après le drame du Heysel ! Il en faut plus pour m'effrayer. J'ai vécu un tremblement de terre en Algérie, je me suis retrouvé à Oman dans un cyclone comme ils n'avaient plus eu depuis un siècle : ça, ça fait peur. Je ne revendique rien du tout. (Il rigole). Et les deux situations ne sont pas comparables. De mon temps, Mouscron était le club d'une ville et de son bourgmestre. Aujourd'hui, c'est Lille, l'indispensable ballon d'oxygène. Je ne sais pas jusqu'où le RMP peut aller, mais si j'étais resté lors de la première saison du club en D1, on aurait pu être champions ! Pas une seule fois. J'étais en Tunisie pendant le Mondial. J'ai vécu des matches à l'ambassade de Belgique, celui contre les USA à l'ambassade américaine. J'étais un vrai supporter et ça ne m'a jamais fait mal de voir les Diables. J'ai fait un choix, j'ai quitté l'équipe nationale pour retourner à Bruges dans le club de mon coeur. Ce n'était pas la meilleure idée, mais bon... Georges Leekens (65 ans) entraîne la Tunisie depuis mars. En 30 ans de coaching, il a notamment travaillé à Anderlecht, Bruges, Charleroi, Mouscron, Gand, Lokeren, Courtrai,... Il a aussi dirigé les sélections algérienne et belge.PAR PIERRE DANVOYE Georges Leekens " Un joueur tué en Algérie ? La vie continue. On n'a pas arrêté de jouer au foot en Belgique après le drame du Heysel. "