Quoi qu'il dise, où qu'il aille, Georges Leekens suscite toujours l'émoi. Deux jours après son renvoi de Lokeren, il est monté dans l'avion à destination d'Alger et le lendemain, il posait avec un grand sourire en compagnie du président de la fédération algérienne de football. Il avait déjà un contrat de trois ans en poche. La question de la date de ses contacts soulève l'impression qu'on le soupçonnait d'avoir eu lui-même l'intention de démissionner de Lokeren. Ces spéculations et insinuations font partie de sa personnalité. Mais il doit être pénible pour un homme de 67 ans d'être hué par les supporters comme il l'a été. Leekens donne l'impression que tout glisse sur sa carapace mais ceux qui le connaissent savent que c'est faux.
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Quoi qu'il dise, où qu'il aille, Georges Leekens suscite toujours l'émoi. Deux jours après son renvoi de Lokeren, il est monté dans l'avion à destination d'Alger et le lendemain, il posait avec un grand sourire en compagnie du président de la fédération algérienne de football. Il avait déjà un contrat de trois ans en poche. La question de la date de ses contacts soulève l'impression qu'on le soupçonnait d'avoir eu lui-même l'intention de démissionner de Lokeren. Ces spéculations et insinuations font partie de sa personnalité. Mais il doit être pénible pour un homme de 67 ans d'être hué par les supporters comme il l'a été. Leekens donne l'impression que tout glisse sur sa carapace mais ceux qui le connaissent savent que c'est faux. Georges Leekens est arrivé à Lokeren il y a un an. Tout le monde n'a pas applaudi son embauche, d'autant qu'il avait littéralement posé sa candidature dans le programme télé flamand De Zevende Dag. Les choix parfois bizarres qu'il opère l'ont habitué à parer les attaques sur sa personne. Il l'a fait à Lokeren aussi. Il allait rétablir la confiance et stabiliser le club. Affûter les joueurs, réanimer le club à court terme est un art qu'il maîtrise. Mais pas à Daknam. Les rumeurs sur le manque de discipline dans le vestiaire sont en contradiction avec l'image de Leekens. Pour les entraîneurs aussi, l'époque est aux allées et venues. Mais la prochaine destination de Georges Leekens a été rapidement établie. Il faut lui reconnaître ça : dans sa longue carrière, les offres ne lui ont jamais fait défaut. Le départ de Georges Leekens pour l'Algérie est étonnant. Il y a déjà séjourné en 2003, non sans vagues. A l'époque, dans une interview à notre magazine, il avait donné libre cours à ses états d'âme : le manque total d'organisation le frustrait terriblement et il avait avoué perdre parfois la raison, sans avoir l'intention de donner une image négative au football de ce pays. Mais Leekens s'était trompé sur la (fière) culture algérienne. L'entretien lui a valu une volée de bois vert. Il a été rappelé à l'ordre par le président de la fédération. En se retranchant derrière la traduction de l'interview, Leekens n'avait pas vraiment fait preuve de courage. Le temps guérit toutes les plaies et tout a changé en treize ans. Si Georges Leekens honore effectivement son mandat jusqu'en été 2019, il aura 70 ans. Il y a de fortes chances pour qu'il se retire avant. La seule constante de sa carrière, c'est d'avoir rarement été jusqu'au bout d'un mandat. Sa prévisibilité réside dans son imprévisibilité, dans son discours sur la continuité, immanquablement suivi par le chant de nouvelles opportunités. Ce manque de stabilité n'est-il pas la marque de tout le football ? Quatre des seize clubs de l'élite ont déjà changé d'entraîneur, Stijn Vreven venant d'être renvoyé de Waasland Beveren, au grand dam des joueurs. Le Limbourgeois est passionné et a accompli du bon travail la saison passée, dans des conditions difficiles. Comme l'a dit le président Dirk Huyck, on ne pouvait rien lui reprocher. Il est plus important d'analyser la gestion du club waeslandien : 15 transferts entrants et 9 sortants cette saison, 22 nouveaux et 18 partants sur l'ensemble de l'exercice précédent, soit 64 mouvements en un peu plus d'un an. Vreven a constamment dû repartir de zéro. Et que dire de la vision en division 1B ? Quatre entraîneurs sur huit ont déjà été renvoyés. Plus que jamais, les entraîneurs sont des passants. Solitaires, souvent en proie aux pires doutes, même s'ils ne peuvent rien en laisser transparaître. La scène qui s'est produite la semaine dernière après le match de Coupe entre le Borussia Dortmund et l'Union Berlin, pensionnaire de deuxième Bundesliga, est édifiante à ce propos. Le Borussia s'est imposé aux tirs au but, l'Union n'en ayant pas converti un seul. L'entraîneur, Jens Keller, a assumé la responsabilité de l'élimination. Il n'avait pas fait entraîner les penalties. Il s'en est excusé auprès des joueurs. PAR JACQUES SYSLa prévisibilité de Georges Leekens réside dans son imprévisibilité.