J'AI AIMÉ Le magnifique coup franc de Milan Rapaic

Le gaucher du Standard a dégainé au bon moment. A 25 bons mètres, sa balle a contourné le mur de Westerlo et s'est engouffrée dans le grenier de Ronny Gaspercic sans jamais perdre de sa puissance. C'était vraiment du grand art. Westerlo était quand même de plus en plus pressant et aurait pu égaliser sur l'une ou l'autre phase confuse. Milan Rapaic, dont on ne souligne pas assez le travail défensif, a signé le break, ce que Bart Goor n'a pas fait en touchant du bois chez les Zèbres. Le Standard avait la grinta et l'équipe me semble plus cool sans Sergio Conceiçao, un grand joueur évidemment, qui attirait toutes les foudres comme un paratonnerre. Or, à ce stade, il faut être très ser...

Le gaucher du Standard a dégainé au bon moment. A 25 bons mètres, sa balle a contourné le mur de Westerlo et s'est engouffrée dans le grenier de Ronny Gaspercic sans jamais perdre de sa puissance. C'était vraiment du grand art. Westerlo était quand même de plus en plus pressant et aurait pu égaliser sur l'une ou l'autre phase confuse. Milan Rapaic, dont on ne souligne pas assez le travail défensif, a signé le break, ce que Bart Goor n'a pas fait en touchant du bois chez les Zèbres. Le Standard avait la grinta et l'équipe me semble plus cool sans Sergio Conceiçao, un grand joueur évidemment, qui attirait toutes les foudres comme un paratonnerre. Or, à ce stade, il faut être très serein. Les Buffalos ne lâchent pas la foulée de Bruges et ont l'équipe la plus régulière du deuxième tour. On reconnaît la griffe de Georges Leekens. En plus de cet homme de métier, Gand peut compter sur un phénomène : Mbark Boussoufa. Je suis sous le charme de ce superbe technicien. C'est lui qui, pour le moment, me procure le plus de bonheur. Quand on le descend, il garde la maîtrise de ses nerfs et sanctionne ses adversaires par une passe décisive ou un but. A la place d'Herman Van Holsbeek, je n'attendrais pas le Marché annuel d'Anderlecht avant de l'acheter. Son public veut des artistes de cette trempe-là. Les Carolos n'ont pas réalisé un match de légende contre Anderlecht. Mais les élèves de Jacky Mathijssen ont quand même bien récité leur leçon. Après le repos, ils se sont installés dans le camp des Bruxellois. L'égalisation était méritée et a été entièrement réalisée par deux joueurs venant de monter sur le terrain. C'est assurément du très bon coaching, une utilisation intelligente de toutes les cartes que le patron sportif des Zèbres avait sous la main. Le gardien de Westerlo a encaissé le but le plus stupide de sa carrière après 12 secondes de jeu. On n'a jamais marqué aussi vite cette saison. Cette balle, il devait la catapulter dans la tribune avant que Christian Negouai ne soit dans ses pieds. L'obus de Milan Rapaic était imparable mais j'ai noté un détail : Gaspercic ne portait pas de casquette alors qu'il avait le soleil dans les yeux. Après un bon premier tour, il rame sérieusement. J'ai été choqué par la brutalité avec laquelle Bruges s'est séparé de sa plus grande figure emblématique : Jan Ceulemans. C'est une façon de désigner un coupable et de cacher les autres : Marc Degryse, Michel D'Hooghe. Jusqu'à preuve du contraire, ils ont composé le groupe et choisi Jan Ceulemans en connaissant ses qualités et ses défauts. Par contre, je suis heureux pour Emilio Ferrera. C'est un fin tacticien qui peut relever, ici, le plus grand défi de sa carrière. Il passe de La Louvière, où Dieu sait ce qui se passa dans son dos avant son renvoi, au top belge : à lui de prouver qu'il n'est pas aussi froid et distant qu'on le dit. Même sans Nicolas Frutos, Christian Wilhelmsson et Mbo Mpenza, Anderlecht aurait dû jouer pour gagner à Charleroi. En première mi-temps, l'entrejeu bruxellois a dominé celui des Zèbres. Alors, pourquoi fallait-il reculer à ce point-là ? Anderlecht a obtenu le salaire de la peur : un point seulement. Le Brussels devra sérieusement se renforcer. Cette équipe ne marque plus. Normal, son président a cédé Igor De Camargo au Standard. C'est comme si on avait vendu Manneken-Pis mais que les marchands de souvenirs et autres bollewinkels de la rue de l'Etuve, à Bruxelles, espéraient voir encore autant de touristes japonais chez eux : faut pas zieverer. PROPOS Recueillis par pierre bilic