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L'intelligence de Ciro Blazevic
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L'intelligence de Ciro Blazevic Je suis partagé entre deux sentiments : de l'admiration pour Ciro Blazevic et une peine profonde en songeant aux Diables. A Genk, l'équipe nationale a été ridicule contre la Bosnie. René Vandereycken peut raconter ce que bon lui semble : nous avons été nuls et nous sommes dans le fond du trou. L'échec est total, du coach à la fédération en passant par les joueurs. A 1-4, c'était hallucinant, je n'avais jamais vu cela : pas de système de jeu, pas d'inspiration, pas de défense. Je me demande encore à quoi est utile Timmy Simons qui a pris un coup de vieux. Il n'est pas à sa place au centre de la défense. Ce secteur a explosé. Je n'ai jamais assisté à un tel naufrage. Il fallait prendre les trois points avant d'aller à Zenica ce mercredi. L'objectif était de récolter quatre points sur six contre la Bosnie : c'est fichu. Je sais que VDE a connu des problèmes de sélection qui ont compliqué sa tâche. Je peux me tromper mais j'ai l'impression que l'encéphalogramme est presque plat. L'énergie n'était pas de notre côté à Genk. La Belgique était paralysée par la Bosnie : c'est une bonne équipe nationale mais pas le Brésil quand même. Je connais Blazevic car je l'ai affronté avec Lille quand il coachait Nantes. C'est un homme de métier qui tente toujours de séduire les assemblées. Il vante les autres, joue au grand charmeur avant de tout faire pour gagner. Il a eu des pépins de santé (cancer de la prostate) mais était éclatant de jeunesse à Genk. Cet homme est un spectacle à lui tout seul. Et ça ne se limite pas à ce côté show-man. Il ne s'est pas forgé un tel palmarès par hasard. A Zenica, il saura trouver les mots qu'il faut pour que son équipe ne cède pas à la frénésie. Si elle termine deuxième de son groupe, la Bosnie prendra part aux barrages et se qualifiera peut-être pour sa première phase finale d'une Coupe du Monde. Sacré Blazevic... La politique du Club Bruges La décision était attendue depuis quelques semaines : Jacky Mathijssen ne sera plus le coach du Club Bruges la saison prochaine. La sauce a finalement tourné avec des transferts ratés et des défaites cinglantes lors de certains matches au sommet. Un fusible a sauté : le coach comme c'est souvent le cas. Je me demande s'il n'y a pas des similitudes entre Mathijssen et René Vandereycken. Tous les deux voient un match à leur façon, c'est-à-dire comme personne. Au début, c'est original, la preuve d'un caractère bien trempé. A Genk, VDE a prétendu que la Belgique méritait le nul. Risible. Mathijssen avait eu le même genre de raisonnement après une débâcle contre le Standard. Il affirma que son équipe avait prouvé qu'elle serait championne. Je comprends que des coaches cherchent à protéger leur effectif mais le groupe ne croit pas à de tels propos. C'était le cas à Bruges et je crois qu'il en va désormais de même en équipe nationale. Mathijssen a maintenant un gros problème car il ne quittera pas Bruges par la grande porte et ce fut la même chose à Saint-Trond et à Charleroi. Cela dit, je trouve que la direction de Bruges a trouvé son bouc émissaire. Si elle explique ses problèmes uniquement par Mathijssen, le Club n'est pas sorti de l'ornière. Ce club est à la peine depuis quelques saisons et a égaré beaucoup d'argent et même son identité. Si la situation ne s'améliore pas rapidement, Bruges vivra pas mal d'années difficiles et ce serait une catastrophe pour le football belge. Avant Mathijssen, Bruges a exécuté quelques coaches dont le monument de la maison, Jan Ceulemans. Ce club passe d'une situation crispante à l'autre. Bruges a fait un choix mais il faudra en faire d'autres : choisir un coach, renforcer le groupe, construire un stade, entamer l'après- MichelD'Hooghe qui quitte la présidence. né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing). propos recueillis par pierre bilic