J'AI AIMÉ La qualification de Bruges pour la Coupe de l'UEFA

Au moins la Belgique aura-t-elle encore un représentant sur la scène européenne au début 2006. Ce n'est pas un hasard si celui-ci sera Bruges. Le club flandrien a vu juste en confiant la direction de son équipe à d'anciens bons serviteurs. La griffe de Marc Degryse et de Jan Ceulemans est indéniable. Le directeur technique a parfaitement défini la politique sportive à suivre. L'entraîneur, malgré des apparences parfois trompeuses, sait où il veut en venir. La tradition brugeoise se perpétue sous leurs ordres. Ils transmettent aux jeunes la mentalité qui a toujours régné au stade Jan Breydel.
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Au moins la Belgique aura-t-elle encore un représentant sur la scène européenne au début 2006. Ce n'est pas un hasard si celui-ci sera Bruges. Le club flandrien a vu juste en confiant la direction de son équipe à d'anciens bons serviteurs. La griffe de Marc Degryse et de Jan Ceulemans est indéniable. Le directeur technique a parfaitement défini la politique sportive à suivre. L'entraîneur, malgré des apparences parfois trompeuses, sait où il veut en venir. La tradition brugeoise se perpétue sous leurs ordres. Ils transmettent aux jeunes la mentalité qui a toujours régné au stade Jan Breydel. Le président anderlechtois a mis sur le doigt sur le n£ud du problème en déclarant qu'il n'y avait plus de " salopards " dans son équipe. Le terme doit évidemment être pris dans un sens positif, à savoir qu'un joueur doit pouvoir mettre le pied et se faire respecter. Le nombre très limité de fautes commises par les Mauves est éloquent : cela démontre un manque d'agressivité. Or, pour gagner des matches, il faut remporter des duels. J'espère que le boss réussira à faire passer le message. Maintenant que le club waeslandien est plus ou moins stabilisé sur le plan financier, ses dirigeants ont compris qu'ils devaient revenir aux valeurs d'autrefois et redonner à l'équipe des accents plus belges. C'est tout à leur honneur. Puissent-ils passer des paroles aux actes et réussir dans leur entreprise. D'autres clubs pourraient en tirer la leçon. Est-il utopique d'imaginer qu'un jour, on oblige les clubs à inscrire sur la feuille de match 15 professionnels et trois jeunes belges ?Face à Chelsea, j'ai eu bien du mal à déceler un peu de hargne et de détermination. La qualité du jeu produit était indigne d'un club de ce standing. J'ai lu, dans le quotidien néerlandophone HetLaatsteNieuws, que des soupçons pesaient sur 30 à 40 matches. C'est un chiffre effrayant. On sait que, de tous temps, on a essayé d'arranger le résultat de certaines rencontres, mais là où, jadis, le phénomène concernait essentiellement des matches de fin de saison et des équipes qui avaient un urgent besoin de points, des approches sont aujourd'hui orchestrées bien plus tôt dans la saison et touchent aux paris en ligne. Le développement d'internet a eu des conséquences insoupçonnées. Ce sont souvent des clubs en difficultés financières qui sont visés. Il faut tout mettre en £uvre pour éradiquer le phénomène, sans quoi le football risque d'être gangrené d'une manière dramatique. La décision prise par la direction de l'Excelsior Mouscron m'a déçu au plus haut point. Alors que le club veut davantage miser sur l'éclosion des jeunes talents, il s'est privé d'un homme qui avait fait de la formation son cheval de bataille. Comprendra-t-on un jour que les jeunes représentent l'avenir, à fortiori lorsqu'on a un budget limité, ou continuera-t-on à engager des étrangers de troisième zone ? A 59 ans, l'un des plus grands joueurs de tous les temps a tiré sa révérence. J'espère que sa mort servira au moins à quelque chose, en faisant comprendre aux jeunes que l'alcool, la cigarette ou la drogue n'ont pas leur place dans le milieu sportif. Ni ailleurs, d'ailleurs. PROPOS Recueilli par daniel devos