J'AI AIMÉ Mouscron-Standard : belle bataille

Sans Sergio Conceiçao, le Standard abuse des longs ballons et cette dépendance est inquiétante. Je relève une nouvelle erreur défensive d'Oguchi Onyewu. Mouscron mérite ses trois points arrachés avec les dents : quel pressing défensif. Est-ce le déclic pour les Hurlus ?
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Sans Sergio Conceiçao, le Standard abuse des longs ballons et cette dépendance est inquiétante. Je relève une nouvelle erreur défensive d'Oguchi Onyewu. Mouscron mérite ses trois points arrachés avec les dents : quel pressing défensif. Est-ce le déclic pour les Hurlus ? Igor De Camargo a frappé face à son ancien employeur. Le Brésilien assume un rôle immense dans son club. Mais il n'y a pas que cela. Quand Chris Bruno (pas mal, ce joueur) a été exclu, le groupe a su faire bloc afin de gérer ce contretemps. Deux succès en deux semaines, c'est bien. Je vais enfoncer une porte ouverte : Albert Cartier taille bien son bijou. Gilbert Bodart est-il un magicien ? Non, bien sûr. Très intelligent, il rend au groupe ce qui appartient au groupe. Il a inoculé sa fièvre du foot à son équipe. Filippo Gaone a bien cerné le renouveau de son club au micro de Thierry Luthers ( Radio Vivacité)après le succès à Saint-Trond : " La Louvière est un club familial. Tout le monde a sa part de mérites dans ce renouveau. " Le big president n'a pas critiqué Emilio Ferrera, qui n'a pas remis un outil rouillé à son successeur. Gilbert Bodart est plus paternaliste. Il est proche de ses gars, sait poivrer ses exigences mais est aussi le premier à leur taper sur l'épaule. Guy Thys et Raymond Goethals demandaient beaucoup à leurs joueurs mais, après le boulot, ils jouaient aux cartes avec eux. Je crois que Gil est un peu comme cela aussi. Charleroi a retrouvé les joies de la victoire. Ce n'était pas évident car Westerlo n'est pas un client facile. Le brio de François Sterchele prouve que les autres divisions sont des greniers à talents. J'espère qu'il gardera la tête sur les épaules. Un vieux navire tangue et est sur le point de couler : le Lierse. Il y a déjà quelques années qu'on y tire le diable par la queue. Les finances sont dans le rouge, on tente de colmater les brèches avec des sparadraps. Cela ne tient plus. Ce club avait toujours basé son recrutement sur le talent régional, ce qui avait permis l'éclosion de joueurs comme Erwin Vandenbergh, Jan Ceulemans, etc. Le Lierse s'est écarté de cette authenticité régionale. Or, ce qui passe bien à Lokeren, à La Louvière ou à Beveren, est plus compliqué à Lierre. Là, c'est différent, on préfère le régional de l'étape. Genk rame. Il y a un paquet de blessés dans ce noyau. Les Limbourgeois doivent se poser des questions : est-ce normal ? Ces handicaps permettent aux jeunes de prendre du galon. Il y a de l'avenir dans les godasses de tous ces gamins mais le président comprendra-t-il cela ou passera-t-il tout le monde à la moulinette ? La patience est souvent la meilleure conseillère. J'ai rarement vu Pär Zetterberg aussi fâché qu'à Lokeren où Slavo Muslin signe du très bon travail, ce qui ne m'étonne pas du tout. Je peux comprendre Mister Z. Anderlecht s'amuse à lâcher des succès quasiment acquis par manque de rigueur défensive. A l'heure des comptes, cela pourrait peser lourd. Cela permet à Bruges, qui se trouve petit à petit, de revenir à quatre points. Si les Bruxellois ont la meilleure attaque avec Mbo Mpenza, Serhat Akin et Nenad Jestrovic, leur défense ne rassure pas. Pär Zetterberg a été récemment critiqué par une partie de la presse. Si tous les Anderlechtois étaient animés par le même esprit, la donne serait différente. Lui, pour sa dernière saison, et même si cela ne rigole pas tout le temps, il a envie d'être champion à la fin de la course. Le petit Suédois mérite un grand coup de chapeau. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC