20 ans seulement et pourtant, Christian Benteke a déjà vu du (plat) pays. Liège-Genk-Courtrai-Malines, quatre cités dont le colosse a porté les couleurs. Pas toujours par choix, il est vrai. Sa formation en foot business, Bentek' l'a reçue en accéléré. Dès ses 16 ans, il se retrouve bien malgré lui au centre des prolongements de la guéguerre Standard-Genk qui se termine par un séjour de deux ans et demi dans le Limbourg. De retour à Sclessin en janvier 2009, il inscrit quelques mois plus tard un titre de champion à son CV sans toutefois contribuer grandement au deuxième sacre de rang du club principautaire.
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20 ans seulement et pourtant, Christian Benteke a déjà vu du (plat) pays. Liège-Genk-Courtrai-Malines, quatre cités dont le colosse a porté les couleurs. Pas toujours par choix, il est vrai. Sa formation en foot business, Bentek' l'a reçue en accéléré. Dès ses 16 ans, il se retrouve bien malgré lui au centre des prolongements de la guéguerre Standard-Genk qui se termine par un séjour de deux ans et demi dans le Limbourg. De retour à Sclessin en janvier 2009, il inscrit quelques mois plus tard un titre de champion à son CV sans toutefois contribuer grandement au deuxième sacre de rang du club principautaire. Pire, son manque d'entrain aux entraînements irrite un Laszlo Bolöni qui ne manque pas de lui faire savoir. En juillet, il part faire ses dents à Courtai. Là-bas, sous l'égide de Georges Leekens, Benteke réalise un deuxième tour de feu prolongé par des premières minutes chez les Diables face à la Bulgarie. S'ensuit un nouveau come-back du côté de Sclessin avec cette fois le statut de titulaire en puissance. Seulement voilà, l'expérience tourne vite en eau de boudin : cinq matches en championnat et zéro pion pour finalement servir de monnaie d'échange avec Aloys Nong dans les dernières heures du mercato estival... Aujourd'hui, le retour est moins médiatique, ses seuls six buts en 2010-2011 avec Malines n'ont pas frappé les esprits. Mais l'homme dit avoir pris de la bouteille suite au marchandage qui l'a amené à Malines. Christian Benteke : Je savais que s'il n'y avait rien d'officiel concernant un transfert, j'allais revenir au Standard où je suis contractuellement lié jusqu'en 2014. Après, différents événements sont intervenus... Mais il y a quelques mois, je ne me doutais pas que Lucien D'Onofrio allait partir. Dans ma tête j'étais lié à sa décision. Personnellement, non. Je suis revenu avec un autre état d'esprit. Le fait qu'on me reprenne une nouvelle fois, ça veut dire d'une certaine façon qu'on me fait confiance. J'avais surtout de la ranc£ur par rapport à la manière dont les événements se sont déroulés. J'étais avec l'équipe nationale, c'était le dernier jour du mercato, je n'ai pas pu donner mon avis ; on m'a forcé à accepter. C'est la manière et le timing qui ne m'ont pas plu. Si cela s'était passé deux semaines, voire une semaine avant, j'aurais pu mentalement me préparer à ce départ. J'aurais accepté les choses différemment. Par rapport aux déclarations que j'ai pu tenir, elles ont eu lieu dans la foulée de mon départ pour Malines, j'étais donc encore sous le coup, énervé. Je n'allais pas afficher un grand sourire. Quelques semaines après, je digérais déjà mieux ces événements. Oui. Maintenant je connais les règles du jeu. On doit faire ce que le club nous dit de faire, c'est notre employeur, il nous paye et ce sont les dirigeants qui décident. Les sentiments dans le foot, j'ai bien compris que ça n'existait pas. J'étais encore naïf sur ce point il y a un an. J'ai aussi une part de responsabilité dans cet échec. J'ai commencé les cinq premiers matches et je n'ai pas marqué. Même si ce n'est pas une excuse, je n'étais pas le seul à ne pas être prêt en début de saison passée. Que ce soit les joueurs où le staff, on voyait bien que le Standard était en train de se reconstruire. Malheureusement, j'ai été la cible numéro un, c'est aussi mon statut d'attaquant qui veut ça. Non. Dans ma tête, j'étais encore un jeune qui était là pour apprendre. Mais c'est vrai aussi qu'être titulaire dans le club de la ville où tu as grandi, ça implique une certaine pression ; même si je ne la ressentais pas spécialement sur le terrain. C'est une ville où j'avais beaucoup trop d'amis ( il rit). Surtout lors de mon retour au club l'an dernier. Trop de fréquentations, trop de mauvaises tentations. Je ne dis pas que je côtoyais de mauvaises personnes, mais elles étaient trop nombreuses. Quand j'étais à Courtrai, l'une des raisons de ma réussite c'était justement le calme, le fait de ne connaître personne. Aujourd'hui, j'ai fait le tri. Ce n'est plus que ma famille et mes amis très proches, que je connais depuis des années : Mehdi Carcela, Réginald Goreux, et Eliaquim Mangala. Eux, je sais que je peux leur faire confiance. Oui. J'ai un nouveau défi. Qui comprend un nouveau staff, de nouveaux dirigeants. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui tout le monde repart à zéro. Et j'espère donc recevoir ma chance. Liège, c'est ma ville, j'ai envie d'y réussir. Pour moi ce serait une énorme fierté de continuer ici. De plus, c'est un grand club, une belle vitrine pour la carrière. J'ai conscience de mes qualités, je sais que je peux arriver haut un jour. Oui, j'ai discuté avec lui. Il est conscient de mes qualités et de mes défauts. Son discours est intéressant, on sent qu'il est derrière les jeunes et c'est évidemment un plus. Après, les discours c'est très beau mais l'important c'est que je saisisse ma chance. C'est trop tôt pour les différencier. Mais on voit très vite que Riga est un coach rigoureux, à l'écoute et prêt à donner beaucoup à ses joueurs. Et il sait communiquer, c'est indéniable. Dès son arrivée, il nous a dit que sa porte était toujours ouverte. Enfin, il a clairement avancé que chacun démarrait sur le même pied. Pour moi, c'est important, ça veut dire que si tu n'es pas directement titulaire, tu sais que si tu bosses tu vas recevoir ta chance. Tout le monde est concerné. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il sait ce qu'il veut. Dans sa manière de travailler, il n'est jamais hésitant, on sent qu'il a une ligne directrice précise. Et puis, par moments, il sait aussi être sévère. Il nous a bien dit qu'il fallait faire la part des choses entre les moments de détente et l'aspect sérieux du métier. Non. Et ça doit permettre aux autres de s'illustrer. Comme quand Pape Camara a saisi sa chance lors de la blessure de Steven Defour l'an dernier. Le groupe a beaucoup de talent. Peut-être pas tout de suite, mais dans un futur proche oui. La différence avec l'an dernier, c'est qu'on était nombreux à ne jamais avoir joué ensemble. Ici, c'est différent : il existe quand même une grosse base qui se connaît, qui a pu développer des automatismes. Très bien. L'important, pour moi, c'est d'être bien mentalement, et actuellement, je le suis. Les événements qui m'ont amenés à Malines m'ont fait mûrir et comprendre pas mal de choses. Les premiers mois de la saison dernière n'ont pas été évidents. Heureusement, j'ai pu compter sur le soutien de Joachim Mununga qui m'a beaucoup parlé, qui m'a accueilli chez lui. Il m'a permis de me relancer petit à petit. J'ai été blessé, ce qui n'a pas aidé. Mais je ne vais pas te mentir, j'ai connu des moments difficiles. Au Standard, du temps de Bölöni, on a critiqué mon manque d'envie aux entraînements. Eh bien, je peux affirmer qu'à Malines j'ai compris l'importance du travail. Tu peux avoir de grosses qualités, si tu ne mets pas les mains dans le cambouis, t'arrives à rien. Les mecs à Malines, ils ont beau ne pas être les meilleurs footballeurs, ils ont l'envie, ils triment aux entraînements. Quand je suis arrivé dans le club, je n'avais pas cette envie. Je suis perçu comme quelqu'un de cool... Mais à force de me faire gueuler dessus, j'ai changé, j'ai attrapé cette mentalité un peu flamande. Et je compte bien la garder. J'ai toujours été un passionné de foot, un acharné même. Mais beaucoup gardent de moi l'image d'un gars nonchalant, désinvolte sur un terrain. Je sais que je dois changer cette image, mettre davantage le pied, être agressif. Axel, aussi, a un peu un jeu décontracté mais n'a jamais eu la même image que moi parce qu'il était plus présent sur un terrain. A moi maintenant de développer mon jeu et surtout de mettre des buts. Car quand j'étais à Courtrai, on ne parlait pas de nonchalance. Non, je ne vais pas flipper à 20 ans. J'ai eu un coup d'arrêt mais j'ai la chance de me retrouver dans un beau club qui peut me relancer. Et puis, je connais mes qualités, j'ai confiance en moi. Je sais qu'un jour, je pourrai arriver haut. Le dire c'est une chose. Maintenant, il faut que je le prouve. Peu de gens doutent de mes qualités pures, les critiques concernent davantage mon mental. Ce qui m'impressionne chez quelqu'un comme Lukaku, c'est son envie, sa détermination, son côté tueur devant le but. C'est cet aspect que je dois améliorer. J'ai toujours aimé jouer au ballon, combiner. Je n'ai jamais été obnubilé par le but. Je sais que ça doit changer. On joue avec des hommes, on joue pour de l'argent, c'est ça la réalité. S'il me le répète, c'est qu'il y a un fonds de vérité puisque lui se trouve hors du terrain, qu'il a une meilleure perception des événements. Peut-être aussi que je recherche mon second souffle, que j'attends le bon moment. On m'a toujours répété qu'un attaquant devait être patient. Je dois être plus présent sur le terrain. Et avoir la mentalité d'un gagneur, d'un vainqueur. Montrer à mes coéquipiers qu'ils peuvent me faire confiance. Non je ne pense pas. C'est peut-être moi qui étais trop gentil. Aujourd'hui, j'ai compris que j'évoluais pour un grand club, avec la concurrence que cela engendre. C'est un sport d'hommes et il faut se montrer le plus fort. Ça a beau être un sport collectif, il faut individuellement arriver à se faire une place au soleil. A mes débuts dans le foot pro, je ne comprenais pas très bien ce qui se passait en dehors du terrain et même sur le terrain. Aujourd'hui j'ai compris que c'était un business où l'on ne retient que les trophées, les résultats, ce qui est chiffrable. C'était évidemment une critique mais on peut aussi estimer que son but était de me faire réagir. Un entraîneur qui ne te calcule pas, il s'en fout de toi. Avec Bölöni, c'était pas le cas. J'étais à l'écoute de tout ce qu'il me disait même si il ne partait pas dans de longs discours. Il a été très clair, très bref. Il a su aussi tirer profit au mieux d'une équipe d' expulsés, de joueurs revanchards, comme moi, Laurent Ciman, David Vandenbroeck. On jouait un peu avec la haine. Pour le moment, je suis très loin de penser aux Diables, faut d'abord que je me concentre sur le Standard. Mon actualité, c'est ça. Après si ça fonctionne bien ici, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas rappelé chez les Diables. L'idéal, c'est deux attaquants. Actuellement, on évolue de cette manière avec un deuxième attaquant ou un soutien d'attaque et deux flancs. Ça me convient parfaitement. C'est offensif mais quand tu joues au Standard, tu sais que tu dois être dominant. THOMAS BRICMONT - PHOTOS: REPORTERS/ DUBRULE" Maintenant, je connais les règles du jeu. On doit faire ce que le club nous dit de faire, c'est notre employeur, il nous paye. "" Les sentiments dans le foot, j'ai bien compris que ça n'existait pas. "