DIFFICULTÉ À SORTIR DU PRESSING HAUT

La construction à partir de l'arrière de Genk suit un mouvement classique : Dewaest et Kabasele s'orientent vers les angles du rectangle, les latéraux s'écartent plus haut contre les lignes et Ndidi décroche entre ses centraux pour former un triangle.
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La construction à partir de l'arrière de Genk suit un mouvement classique : Dewaest et Kabasele s'orientent vers les angles du rectangle, les latéraux s'écartent plus haut contre les lignes et Ndidi décroche entre ses centraux pour former un triangle. Mais aucun des trois n'est suffisamment à l'aise techniquement pour jouer dans " l'inconfort " et assurer une transition fluide au sol. Ils sont donc contraints de jouer en retrait vers Bizot, voire d'envoyer un long ballon imprécis vers Kebano (ou Malinovsky), Buffel, Bailey ou Karelis qui sont peu à l'aise dans ce type de " combat " sur les balles aériennes. Chaque long ballon est donc quasiment synonyme de perte de balle et contraint le bloc de Genk à rester sous pression dans sa propre moitié de terrain. Avec ses qualités techniques, Pozuelo pourrait être la solution à ce problème en décrochant à la place de Ndidi.Les reconversions défensives de Bailey n'étant pas toujours un modèle du genre, Ndidi est souvent contraint à quitter l'axe trop vite en étant attiré par le ballon. Comme Pozuelo est généralement trop haut, il ne compense pas ces exils du Nigérian assez rapidement pour conserver intact le fameux " triangle de sécurité ". Contre Bruges, les courses intérieures de Meunier (2) ont semé la pagaille dans l'organisation de Maes. Le latéral a fixé Ndidi et libéré Vanaken (10) dans l'intervalle " ouvert " pour alerter Coopman (7). L'ailier brugeois n'avait plus qu'à adresser un ballon en retrait en direction de Meunier, qui ne s'est pas fait prier pour conclure l'action. Trop facile ! Cette phase démontre l'importance de former en permanence un triangle de sécurité défensif avec ses deux arrières centraux afin de sécuriser l'espace entre les lignes, souvent occupé par l'homme de l'avant-dernière ou de la dernière passe.Au vu de l'organisation défensive exigée par l'entraîneur, il est important de compter sur ces artistes, capables de faire la différence avec peu d'actions et peu de soutien offensif. Sans procès d'intention, pas besoin de construire une animation offensive élaborée quand on peut compter sur les dribbles de Bailey, la percussion de Kebano, le sens de la passe de Malinovsky et Pozuelo ou la vitesse et l'adresse de Karelis. Ces joueurs combinent aisément de façon instinctive. Les débordements de Bailey dans le dos du latéral sont favorisés par la tendance de Kebano à migrer régulièrement de son côté, ce qui crée une supériorité numérique et sème l'incertitude entre le 3 et le 2 adverses. Dès que ce genre de joueur est mis sur orbite dans le bon timing, son côté imprévisible le rend difficile à lire et à bloquer. Maes a d'ailleurs tenté d'aligner tous ses artistes ensemble à la reprise, mais a rapidement dû sacrifier Malinovsky au nom du fameux " équilibre de l'équipe ", cher à chaque entraîneur.Maes a atteint l'objectif fixé par le club en qualifiant Genk pour les play-offs. Son arrivée collait avec les souhaits du club, car il est connu pour son organisation défensive et sa poigne face à un groupe trop indiscipliné par le passé. Pour rétablir la hiérarchie, des professionnels rigoureux comme De Camargo et Buyens ont rejoint le Limbourg l'été dernier. Pour compenser le départ de Kara et l'absence de joueur d'action tant réclamé par le coach, De Condé est ensuite allé chercher Dewaest et Kebano. La fragilité de l'équipe en perte de balle, paradoxale pour l'une des meilleures défenses du pays, a causé des difficultés au premier tour : Kabasele et Dewaest ont dû trouver leurs automatismes dans la couverture mutuelle, et Buyens et Gorius ont souvent été alignés à contre-emploi devant la défense. Maes a longtemps cherché la bonne formule, lui qui s'est toujours appuyé sur deux éléments rigoureux à la base de ses triangles médians : Geudens et Persoons à Malines, puis Persoons - Overmeire à Lokeren. Finalement, c'est avec Ndidi en unique n°6 devant la défense que Maes a trouvé son équilibre. Avec le mercato hivernal réalisé par Genk, certaines carences offensives ont été compensées : le prêt de l'excellent Malinovsky, l'arrivée du redoutable Karelis et l'achat du très convoité Samatta ont permis de rectifier les erreurs estivales, démontrées par l'absurde avec le temps de jeu très maigre de Buyens et De Camargo. L'objectif initial atteint, Genk doit continuer son développement avec un entraîneur confronté pour la première fois au défi de devoir trouver l'harmonie collective parmi tant de talents offensifs, là où ses équipes précédentes l'amenaient à aligner plus de joueurs " de devoir ". PAR ALEX TEKLAKC'est avec Ndidi en unique n°6 devant la défense que Peter Maes a trouvé l'équilibre de l'équipe.