Les drapeaux ont disparu des façades, le calme revient lentement. L'été russe a été beau et il s'en est fallu de peu qu'il se termine comme un conte de fées. La Belgique est le vainqueur moral de cette Coupe du monde, l'équipe qui a produit le meilleur football, le plus frais aussi. Malheureusement, elle s'est cassé les dents sur une équipe de France cynique, clinique. Nous pouvons continuer à construire sur ces bases et à faire appel à une formation meilleure, axée sur l'uniformité et qui laisse davantage d'espace à la créativité, une base fondamentale. Il est également fort probable que cette Coupe du monde va permettre à un certain nombre de Diables de repousser encore leurs limites en signant dans de plus grands clubs européens.
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Les drapeaux ont disparu des façades, le calme revient lentement. L'été russe a été beau et il s'en est fallu de peu qu'il se termine comme un conte de fées. La Belgique est le vainqueur moral de cette Coupe du monde, l'équipe qui a produit le meilleur football, le plus frais aussi. Malheureusement, elle s'est cassé les dents sur une équipe de France cynique, clinique. Nous pouvons continuer à construire sur ces bases et à faire appel à une formation meilleure, axée sur l'uniformité et qui laisse davantage d'espace à la créativité, une base fondamentale. Il est également fort probable que cette Coupe du monde va permettre à un certain nombre de Diables de repousser encore leurs limites en signant dans de plus grands clubs européens. Jamais encore ce pays n'avait vécu des matches de football avec autant d'engouement que ces dernières semaines. Jamais le sentiment d'identification n'avait été aussi fort. La joyeuse entrée des Diables Rouges dimanche à Bruxelles - on aurait dit des gladiateurs - a mis le pays en extase. Dans l'euphorie, de grandes choses ont été annoncées concernant l'avenir. Y compris par les joueurs. C'est dire s'ils ont confiance en eux. Avant cette Coupe du monde, de nombreuses personnes étaient persuadées qu'il s'agissait, pour cette génération dorée, de la dernière occasion de décrocher un trophée mais cette impression est désormais dépassée. On parle désormais d'avenir brillant. Même Roberto Martinez peut revendiquer le mérite d'avoir fait de ce groupe un bloc homogène grâce à ses talents de people-manager. L'Union belge a bien fait de démontrer, en lui proposant un nouveau contrat avant le Mondial, qu'elle avait confiance en lui. La tâche la plus importante d'un entraîneur reste de bannir la culture des égos et de faire en sorte que tout le monde tire sur la même corde. Didier Deschamps, pourtant tellement critiqué dans son pays avant le tournoi, y est parvenu également. La France n'a pas pratiqué un beau football mais si l'objectif consiste à ne pas laisser d'espaces à l'adversaire, elle y est parfaitement arrivée. Les Français ne manquent jamais de rappeler qu'ils le doivent avant tout à un bloc solide, très mûr tactiquement. Avec de jeunes joueurs qui vont encore permettre à cette équipe d'élever son niveau de jeu et un groupe très complémentaire. L'équipe croate aussi était très harmonieuse. Le fait qu'un pays de 4,2 millions d'habitants parvienne à aller si loin, à l'époque de la globalisation, dans un sport qui génère des milliards est remarquable. C'est dû à la culture sportive que pratique ce pays. Après l'implosion de la Yougoslavie, le sport y est plus important que jamais pour l'identité nationale, il unit le peuple. Plus qu'ailleurs, depuis la guerre civile, les joueurs sont considérés comme les représentants du pays. Cette solidarité s'est remarquée sur le terrain pendant la Coupe du monde. A plusieurs reprises, en finale, les Croates ont déstabilisé la France, ce que les Diables Rouges ne sont pas parvenus à faire pour véritablement créer l'exploit. Sur le plan sportif, cette Coupe du monde ne sera pas inoubliable. Le football pratiqué était trop stérile, la décision est trop souvent tombée sur des phases arrêtées. De plus, les stars mondiales n'ont pas joué à leur niveau, probablement parce qu'elles étaient trop fatiguées à l'issue de la saison, même si le Croate Luka Modric, qui évolue au Real Madrid, a fait figure d'exception. Le président russe Vladimir Poutine peut néanmoins être satisfait. On n'a plus parlé des scandales touchant le sport russe, du dopage, du hooliganisme... Grâce à des mesures de sécurité énormes, l'organisation n'a pratiquement connu aucune faille. Maintenant, ce pays va devoir replonger dans la réalité tandis que la FIFA va déjà préparer la prochaine fête du football, en 2022, au Qatar, juste avant Noël.