Les quotidiens suisses ne peuvent faire l'impasse sur Roger Federer. Ses compatriotes veulent connaître ses moindres faits et gestes. En 1999, il est devenu le plus jeune joueur du top 100, à 18 ans et quatre mois. En 2001, il émargeait au top 10. Pourtant, avant sa première victoire, au tournoi de Milan, on le comparait à Anna Kournikova : pas plus que la jolie Russe, le Suisse n'avait encore gagné le moindre tournoi. La comparaison ne le ravissait pas vraiment... Depuis, il s'est adjugé 37 tournois et sept grands Chelems, dont trois à Wimbledon, son épreuve favorite : " Wimbledon est mon second foyer. J'aime l'odeur du gazon. Peut-être parce que j'ai joué au football... "
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Les quotidiens suisses ne peuvent faire l'impasse sur Roger Federer. Ses compatriotes veulent connaître ses moindres faits et gestes. En 1999, il est devenu le plus jeune joueur du top 100, à 18 ans et quatre mois. En 2001, il émargeait au top 10. Pourtant, avant sa première victoire, au tournoi de Milan, on le comparait à Anna Kournikova : pas plus que la jolie Russe, le Suisse n'avait encore gagné le moindre tournoi. La comparaison ne le ravissait pas vraiment... Depuis, il s'est adjugé 37 tournois et sept grands Chelems, dont trois à Wimbledon, son épreuve favorite : " Wimbledon est mon second foyer. J'aime l'odeur du gazon. Peut-être parce que j'ai joué au football... " Sa technique raffinée s'y exprime parfaitement. Il y exploite son service, plonge plus vite au filet, ses volées sont plus efficaces que sur terre battue, sans oublier son aptitude à distiller des balles si basses qu'elles sont impossibles à rattraper. Le Suisse domine le tennis masculin depuis trois ans, il ravit les spectateurs par son élégance et sa précision. L'Helvète est confronté, comme ses concurrents, à la surcharge du calendrier, qui multiplie les risques de blessures. Pourtant, cette bête d'entraînement reste positive. Adulé, harcelé, il continue à éprouver du plaisir à jouer. Il s'entraîne inlassablement, pour entretenir sa condition. " Je tente aussi de me protéger en faisant l'impasse sur certains tournois, au profit de mes préférés mais l'ATP nous offre beaucoup. Je dois penser aux organisateurs, aux sponsors, aux supporters. C'est grâce à eux que je peux réaliser mon rêve. Même quand on est fatigué, on a parfois l'obligation de jouer. Et puis c'est dans la tête. Les voyages sont longs et pénibles mais ils nous permettent de découvrir d'autres pays, d'autres cultures, ce que j'adore, comme l'ambiance sur les courts, la combinaison de l'art et du physique en tennis ". Federer est surtout un compétiteur, un battant. Gamin, il rêvait d'égaler les exploits de ses idoles, BorisBecker et Stefan Edberg, qui ont chacun remporté six tournois du Grand Chelem. Il en est déjà à sept, comme Mats Wilander et John McEnroe. Le numéro un mondial est dépourvu d'allures de star. Aux Jeux Olympiques de Sydney et d'Athènes, il n'a pas souhaité s'isoler dans un hôtel luxueux. Il a partagé la vie du village olympique et ses nuits parfois bruyantes. Il ne le regrette vraiment pas car c'est en Australie qu'il s'est lié à Mirka Vavrinec, qui faisait partie de l'équipe helvétique de tennis... En revanche, la médaille d'or olympique se refuse toujours à lui : " Ce sera pour Pékin. Cette médaille me fait fantasmer. J'ai été terriblement déçu d'être éliminé par Tomas Berdych au deuxième tour à Athènes ". Federer amasse les victoires et empoche des sommes colossales. Il est déjà à la tête d'un bel empire financier. Le seul tennis lui a déjà rapporté quelque 15,4 millions d'euros. Son succès lui vaut l'intérêt de prestigieuses sociétés. Federer a des contrats avec Nike, Swiss International Airlines, le fabricant de raquettes Wilson et l'horloger suisse Maurice Lacroix. Le joueur ne s'isole pas dans sa tour d'ivoire. Il reste accessible, aime partager les petites joies du quotidien avec sa famille et ses proches. Il mesure aussi son impact auprès des jeunes. En 2003, il a fondé une association caritative en Afrique du Sud, le pays natal de sa mère, la Roger Federer Foundation. Celle-ci soutient des enfants qui n'ont pas la possibilité matérielle de s'adonner au sport mais aussi de jeunes talents tennistiques. Lorsqu'on l'interroge à ce propos, la vedette suisse hausse les épaules, un brin ennuyée, et murmure : " C'est bien la moindre des choses, avec tout l'argent que je gagne. Considérez ça comme ma modeste contribution à un monde meilleur. Et puis, je suis si heureux d'aider des gosses ". WIM VAN ECK, ESM