Tout le monde attend avec impatience les prochains matches de Justine Henin-Hardenne et de Kim Clijsters mais on oublie trop aisément les doués Olivier Rochus, Xavier Malisse et Kristof Vliegen.
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Tout le monde attend avec impatience les prochains matches de Justine Henin-Hardenne et de Kim Clijsters mais on oublie trop aisément les doués Olivier Rochus, Xavier Malisse et Kristof Vliegen. Ils font ce qu'ils peuvent pour se distinguer, mais en Australie, Olivier semble toujours éprouver des difficultés au démarrage... Olivier Rochus : C'est relatif. Je trouve qu'en janvier dernier, je me suis bien débrouillé. Au premier tour de Sydney, je suis tombé sur Marat Safin et à l'Open d'Australie, je me suis incliné face à Jiri Novak en cinq sets, au deuxième tour. Mon jeu était au point, j'ai simplement manqué de chance. En effet. Je n'ai pratiquement pas de points à défendre. La surface me convient, à condition qu'il n'y ait pas trop de vent. J'aime reprendre la balle très vite, ce qui n'est pas évident par vent violent. Ce tournoi a été supprimé, depuis, ce que je regrette beaucoup. J'étais un peu devenu l'enfant du coin. Le public m'appréciait et c'était réciproque. J'aime la ville et en plus, la salle avait un revêtement rapide, idéal pour mon style de jeu. Je pense avoir payé ma mauvaise préparation. Après Key Biscane, en mars, je ne me suis entraîné que quelques jours sur terre battue, avant de m'envoler pour Casablanca. Ce fut une catastrophe. J'en tire les leçons. Je dois consacrer plus de temps à ma préparation entre les tournois aux revêtements différents. Il m'a été difficile de redresser la situation en cours de saison. Pas vraiment. Je n'ai pas toujours pu me livrer à fond. Je n'étais pas à 100 % et ça s'est payé cash. Je le savais. J'ai super bien joué. J'ai balayé Frederico Browne dans les deux premiers sets puis j'ai été pris de crampes et ce fut terminé. Non. La nuit précédant le match, je n'ai presque pas dormi, tant j'étais nerveux. J'ai passé tous les tests possibles et imaginables mais je suis en bonne santé. Il semble que ces crampes soient dues au stress. J'ai consulté plusieurs médecins, qui m'ont donné des médications, pour trouver le sommeil et faire baisser mon taux d'adrénaline. Si mais il m'a plutôt aidé à exprimer ce que je ressentais. Il ne m'a pas vraiment apporté quelque chose en tennis. Il est difficile de contrôler ses nerfs pendant un match. Parfois, on est bien et on ne réfléchit pas trop. Je récupérerai mieux si je trouve le sommeil, c'est clair. La préparation a été médiocre, même si je suis resté une semaine à Nottingham, où je me suis bien entraîné. Je n'ai pas pensé aux points que je devais défendre à Wimbledon. C'était une des premières fois où j'avais vraiment envie d'y aller. J'avais hâte que ça commence. Je me sentais très bien et je m'amusais sur le court. C'est la quatrième année de suite que j'y signe de bonnes prestations. J'apprécie la surface, l'ambiance et le public. C'est le gazon qui convient le mieux à mon style. Je peux faire des slices, jouer à contre-pied, à ras du sol, en exploitant ma technique. C'est vraiment mon truc. Oui. Wimbledon m'avait fatigué davantage que je ne le pensais. Le stress, la presse, je n'avais jamais atteint le quatrième tour. J'étais vidé mais je ne voulais pas supprimer des tournois de mon agenda. Une erreur. J'aurais dû refaire le plein d'énergie. Pas vraiment. Je préférerais être dans le top dix et être le cinquième Belge, par exemple. Mais ce n'est pas rien. Notre pays compte des joueurs de qualité, donc je suis content d'être le premier. Terriblement. Xavier et moi nous connaissons depuis longtemps. Nous sommes de vrais amis et on n'a pas la même soif de victoire que contre un adversaire qu'on connaît moins. On n'ose pas serrer le poing quand on réussit un point. C'est délicat. Il était bien dans le match alors que j'ai considéré cette joute comme un entraînement amélioré. J'ai été trop gentil et je n'ai pas pu faire la guerre. Non, même si ce cap a été difficile. Nous nous voyions tout le temps : nous nous entraînions ensemble, nous partagions la même chambre. Puis d'un jour à l'autre, nous ne nous sommes presque plus vus. C'est étrange. Beaucoup. Il aime les entraînements durs, il m'a aidé à dépasser mes limites. Il était plus qu'un entraîneur. Quand quelque chose n'allait pas en moi, il le remarquait immédiatement. Nous avons beaucoup discuté et il m'a aidé en dehors du court aussi. Thierry était très fort techniquement, mais je suis arrivé à un stade où cet aspect fonctionne assez bien. Julien est capable de vous faire passer à travers un mur. Pendant un match, il ne cesse de vous encourager. J'avais besoin d'un homme comme lui. Non, Julien était mon premier choix. Il m'a connu alors que j'étais très jeune et est également en contact étroit avec Thierry. Si j'avais choisi un étranger, nous aurions dû faire connaissance tandis qu'avec Julien, je ne pars pas à zéro. Quand même. Nous nous sentions bien, c'était une rencontre importante pour notre jeune équipe. Personnellement, je voulais me réhabiliter après mon mauvais été, en plus. Tout a raté, en fait. Les Autrichiens étaient bien. Xavier a déclaré forfait à la dernière minute, à cause d'une blessure au dos, j'ai eu un passage à vide contre Jurgen Melzer et j'ai concédé le deuxième set... Tout s'est mis de travers. Un drame. Jamais je n'ai été aussi déçu. Maintenant, nous devons gagner deux matches pour participer aux barrages. Ça coûte de l'énergie, au détriment de notre carrière personnelle. J'ai franchi un cap l'année dernière. Pour la première fois, j'ai atteint le top-50, ce qui est une formidable prestation, compte tenu de ma constitution. Ceci dit, le second semestre a été médiocre. Si j'avais été plus régulier, j'aurais un classement supérieur. J'ai donc l'intention de prendre mon temps entre les tournois pour m'adapter aux différents revêtements, au lieu de passer d'une compétition à l'autre. Nous avons beaucoup travaillé le service. Les statistiques le montrent : je gagne 80 % de mes premiers coups. Le premier service est capital dans mon jeu. Nous avons encore insisté là-dessus. Je rêve d'émarger un jour aux 30 meilleurs du monde. Quand j'ai commencé à jouer au tennis, je trouvais le top-50 impressionnant. Maintenant que je l'ai atteint, je veux placer la barre plus haut et faire mieux que l'année dernière. Filip Dewulf" Pas de guerre avec Xavier. Nous sommes de VRAIS AMIS "